[Marronnier] Qu'est-ce que l'indé?

Il y a des gens en ville qui aiment les jeux de rôles. Venez les retrouver pour en discuter.

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Messagepar Jorune » Mer Mai 11, 2011 3:18 pm

Sans doute. Mais en France, à part la traduction des "blockbusters" Ricains, je crois que tout éditeur qui choisit de mettre du fric sur une création française, prend un gros risque.

Un risque qui ne peut se justifier par la seule perspective de retombées financières, vu que le marché du jeu de rôle, on le sait bien, n'est pas très lucratif . Forcément, dans ses critères de choix, même l'éditeur va prendre ne compte une donnée "affective", un avis de passionné.
Quel éditeur français peut raisonnablement dire: je sors "Portes et Draconides" ce mois-ci. C'est nul à chier mais ça va déchirer! A moi les BAhamas!!"?

Après, bien sûr qu'entre traduire un supplément pour AdC ou pour un jeu scandinave permettant d'incarner, avec force mécaniques narrativistes, des viticulteurs béarnais maudits et en exil sur la banquise, sous l'étrange regard glauque de phoques perdues dans leurs vapeurs éthyliques...A un moment, l'argument "nombre de ventes espérés" va entrer en jeu, c'est certain.

Mais j'ai plutôt l'impression qu'en France (j'insiste, évidemment qu'aux US c 'est différent), ça reste marginal. Auteurs, éditeurs, illustrateurs: tous ces gens me paraissent motivés davantage par la passion que le goût du lucre.
Car après si on veut faire de la tune, il a des moyens plus efficaces que notre hobby préféré (le macramé, la course en sac, l'épluchage de patates de compétition etc...)!
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Messagepar Odillon » Mer Mai 11, 2011 3:29 pm

Rom1 a écrit:
Demain, personne ne pourrait publier un supplément pour Qin sans l'accord de Rom1


Euh si, complètement en fait : "l'auteur" de Qin est le 7ème Cercle et non moi en personne. J'y ai occupé (officiellement) une place de pigiste.
Par contre, ce serait vrai pour Devâstra - dont les auteurs sont Laurent et moi.
Je ne comprend pas.
Le 7ième Cecrcle est une personne morale, elle ne peut donc pas être un auteur.
Le 7ième cercle peut bénéficier des droits patrimoniaux de l'oeuvre, mais les droits moraux appartiennent aux auteurs, c'est-à-dire les personnes physiques, qui ont effectivement rédigé l'oeuvre.
Donc, en tant qu'auteur de Qin, tu disposes du droit de respect de l'oeuvre (art. 121-1 et 121-5 du Code de la propriété intellectuelle) ce qui signifie que tu as ton mot à dire sur toute réédition.
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
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J'ai pas été consulté sur la version italienne de Qin

Messagepar Rom1 » Mer Mai 11, 2011 3:37 pm

Ah ben tu m'apprends qque chose.
Maintenant, je dirai que ce n'est pas forcément à moi qu'il faut préciser ces droits...
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Messagepar Heuhh » Mer Mai 11, 2011 4:09 pm

Rom1 a écrit:Hum mais que je sache, la Boîte à Heuh va bien traduire et éditer de tels jeux non ? (My Life with Master, Breaking the Ice...)
Sont-ils toujours indies après mon édition... ? :)

En tout cas, je me demande si on peut toujours me qualifier d'éditeur vu les quantités imprimées et vendues. Micro éditeur peut être. ^^
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Messagepar Brand » Mer Mai 11, 2011 4:10 pm

Maintenant que tu te la pètes avec une tablette tactile, oui :D
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Messagepar Heuhh » Mer Mai 11, 2011 4:28 pm

Brand a écrit:Maintenant que tu te la pètes avec une tablette tactile, oui :D
C'est Môssieur Grog d'Or qui me dit ça... jaloux va! ;)

Bon je retiens que finalement l'indie en France ça veut rien dire. Ca ne me dis pas trop quoi dire, mais bon, je vais aller relire l'article sur Wiki sur la théorie LNS... mais j'y comprend rien j'avoue.
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Messagepar Coraline » Mer Mai 11, 2011 8:49 pm

Fichtre, je viens de lire 3 pages de post pour ne pas apprendre grand chose ;)

Par contre, il y a une problématique sous-jacente qui s'est dégagée, et sur laquelle j'aimerais revenir, en espérant ne pas mettre le feu à la poudrière (sinon je m'excuse d'avance).

Quelqu'un a dit, sur ce topic (je ne sais plus qui et, honnêtement, je n'ai pas envie de relire les 3 pages un peu fastidieuses) que modifier son œuvre pour l'adapter aux exigences de l'éditeur, c'était la travestir.

Mais n'est-ce pas plutôt profiter d'un regard extérieur, permettant d'améliorer une œuvre pour la faire grandir ? Rien n'est parfait, tout est perfectible, surtout en écriture. L'éditeur n'est-il pas là pour, en quelque sorte, faire "gagner un niveau" à l’oeuvre ?

Ou bien ai-je une vision idyllique des choses et, en vérité, les éditeurs et les auteurs sont toujours en guerre pour la moindre virgule que l'un demande de déplacer ?
Modifié en dernier par Coraline le Jeu Mai 12, 2011 6:00 am, modifié 1 fois.
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Messagepar Rom1 » Mer Mai 11, 2011 9:46 pm

Je pense que tu as raison : c'est le travail d'un éditeur (que ce soit en JdR ou littérature, d'ailleurs) d'avoir le recul, le regard extérieur que l'auteur ne peut pas avoir. Ça ne veut pas dire qu'il a tjs raison, mais en général il a l'expérience suffisante pour que sa parole soit considérée.
Ce qui est valable pour des écrivains chevronnés me semble largement applicable pour des auteurs de JdR en tout cas.
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Messagepar Nelyhann » Mer Mai 11, 2011 11:17 pm

Le 7ième Cecrcle est une personne morale, elle ne peut donc pas être un auteur.
Le 7ième cercle peut bénéficier des droits patrimoniaux de l'oeuvre, mais les droits moraux appartiennent aux auteurs, c'est-à-dire les personnes physiques, qui ont effectivement rédigé l'oeuvre.
Donc, en tant qu'auteur de Qin, tu disposes du droit de respect de l'oeuvre (art. 121-1 et 121-5 du Code de la propriété intellectuelle) ce qui signifie que tu as ton mot à dire sur toute réédition.


Mot à dire si la réédition bafoue la propriété morale. Genre une réédition en mode "Qin chez les bisounours". Rom1 pourrait attaquer en disant que l'adaptation de Qin aux bisounours porte atteinte à son travail d'origine. Mais dans tout autre cas de figure, si le contrat permet les rééditions, alors pas de soucis.

Quand on parle de "pigiste", on parle d'un certain type de contrat de cession de droit patrimoniaux, généralement payé à la tâche. En gros, tous les droits d'exploitation sont cédés (pour une durée toujours définie dans le temps cependant ; sinon le contrat est invalide), sauf les fameux droits inaliénables.

En France, de part le système de droit d'auteur, opposé au système de copyright, les auteurs sont très protégés. Le seul soucis, c'est de 1/ ne pas signer n'importe quoi et 2/ se faire correctement représenter.
Tout le monde n'a pas le temps ni l'argent pour faire valoir ses droits.

Entre ce système de droits d'auteur et la réalité du marché du JDR en France, je pense également qu'une très grande majorité de la prod est indé. C'est sans doute ce qui explique ce bouillonnement de créativité : certes on ne gagne pas grand chose au niveau pécunier mais cette liberté de création n'a pas de prix.
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Messagepar Videopunk » Sam Mai 14, 2011 2:14 pm

Je pense que la notion de définition est superficielle. Ce qui est un Jdr "indé" est sera toujours très personnel, et même sa vision collective (si tant est qu'il y en ait une) évoluera avec le temps.
Je pense qu'il faut distinguer deux notions pour autant, si l'on cherche à le définir (c'est assez drôle donc j'vais me prêter au jeu mais j'ai peu d'espoir) :
- La notion de contre culture; une culture en réaction à la culture dominante.
- La notion d'indé; production ou création évoluant en dehors des circuit de cette même culture dominante.

Si les deux coéxistent le plus souvent, ce ne sont pour autant pas la même chose. Ainsi, Warhammer a une bonne part de contre-culture dans son univers, et pourtant il rapporte autant d'argent qu'un D&D plus consensuel.
A l'inverse, un jeu sur des super-héros produit gratuitement pour un petit cercle de potes sera très "indé", mais sa culture ne sera pas celle de la contre culture...
Certains me rétorqueront que la culture comics est une contre-culture de par sa forme underground... Oui et non. Tout d'abord, si elle est confidentiel, elle adopte tout les codes de la culture de masse; ce n'est pas une réaction répulsive à cette dernier. De plus, dans ce cas, D&D est "indé" car relativement à la culture de masse, sa production est une goutte d'eau dans l'océan capitaliste.
Ainsi, je pense que les notion d'indé et dans une moindre mesure de contre-culture seront toujours relatives à leurs milieux extérieurs mais aussi intérieurs. Elle découle d'une notion implicite (car tout groupe social crée des règles implicites et automatique sans règles extérieurs) d'acceptation collective.

Voilà, c'était mes deux cents.
Je suis punk, anarcho-communiste, existentialiste, panthéiste. J'aime pas la salade ni le jambon, sauf dans un sandwitch. Je suis très propre. Aucune allergie.
Comment ça rien à foutre ?
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Messagepar Footbridge » Lun Mai 16, 2011 3:30 pm

Ou bien ai-je une vision idyllique des choses et, en vérité, les éditeurs et les auteurs sont toujours en guerre pour la moindre virgule que l'un demande de déplacer ?


J'ai pas cette perception là, que ce soit en tant qu'éditeur ou en tant qu'auteur.

Pour avoir bossé en "indé" (autrement auto-publier des jeux) et en édition plus classique (éditer un autre auteur) ça dépend vraiment des personnes avec qui on travaille.

En fait cela dépend du degré de maturité de l'auteur vis à vis de son texte. En général s'il est trop près du texte et à la virgule près, je fais le choix de ne pas aller plus loin. C'est le rôle de l'éditeur que de "modifier" et travailler avec l'auteur pour peaufiner le texte, dans le respect de l'idée de départ bien sûr.
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Messagepar Julien H » Lun Mai 16, 2011 3:47 pm

On pourrait évoquer la question de la maturité ou du professionnalisme dans l'autre sens aussi remarque.
Un éditeur totalement absent ou au contraire omniprésent et qui modifie tout à sa guise.
Après, ça ne m'est jamais arrivé, je précise.
Respecter l'idée de départ, comme tu le précise fort justement, est indispensable.
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