Parties d'Hiver

Il y a des gens en ville qui aiment les jeux de rôles. Venez les retrouver pour en discuter.

Modérateur: Modérateurs

Messagepar Sevoth » Lun Fév 23, 2015 12:14 pm

Le week end du 14, j'ai fais une partie de Cthulhu pour la Saint Valentin.

J'ai choisi un "scénario" du recueil, les maîtres de l'indicible, qui n'en finit pas de m'interpeller par ses qualités. Un gros Must have pour quiconque se lance dans l'horreur contemporaine.

Bon le scénario était difficile à plusieurs niveaux, mais le rendu m'a grandement satisfait.
Pourquoi c'est difficile ?
1. Parce que le scénario que j'ai joué est une trame sous jacente de longue haleine à jouer en campagne, que j'ai réduite à un scénario. Je n'ai donc pas joué un, mais DEUX scénarios en même temps.
2. Parce que j'ai fais des pré-tirés me permettant d'avoir une équipe soudée et polyvalente.
3. Parce que j'avais 3 joueurs, ça signifie que la partie est soutenue à de nombreux niveaux (à 6, c'est relou parce que les gens partent dans tous les sens, quand ils s’intéressent à la partie; à 3, c'est un huit-clos bcp plus immersif).

Je venais de me faire un marathon Hannibal - Constantine (les séries téloches), autrement dit, j'avais pas mal de références graphiques en tête ainsi que quelques trucs ésotériques à repomper.

Mon scénario de base était très simple. Vraiment.
Un serial killer qui prend l'apparence des gens qu'il assassine et dont la signature est le fait qu'il doit brûler le corps dont il prend les traits.
Les joueurs suivent la trace et les fausses pistes du salopard.
Ils ont cru jusqu'au bout que le scénario principal, c'était ça. Mais c'était faux ! AH AH AH AH !!

Le vrai scénario commence lors d'une scène d'introduction où les PJs se débarrasse d'une sorcière russe douée d'Ubiquité qu'ils ont enfin réussi à cerner, dans un hangar à New York. Ils récupèrent à cette occasion, un livre maudit : "Ye Naked Truths".
Un PJ se plonge, comme prévu et sans qu'on le lui demande, dans la lecture du bouquin.
Je lui demande un jet dont je me fous du résultat, je me contente de faire une grimace et de lui annoncer qu'à l'approche de la fin de l'étude du tome, après un mois et demi de recherche intensive, les fatigues nerveuse et physique ont raison de lui, il s'effondre. Quand il se réveille, le livre est grandement détérioré. En fait, toutes les pages ont été arrachées.
Il s'est évanoui pendant 3 jours. Lorsque ses potes, inquiets, le trouvent dans sa salle d'étude, ils constatent le soucis, mais un peu plus. Ils découvrent que la langue du Pj est noirâtre. Et il découvre un reste de page au coin de sa bouche. C'est exactement ce que vous pensez. Il a bouffé le livre.
Les joueurs concluent que le jet raté signifiait la perte du savoir du livre (le PJ n'en retire rien) et que le fait de manger de livre est un truc cosmétique pour enrôber l'échec du dé. Faux : le vrai scénario vient de commencer.
Le PJ a dévoré la conscience prisonnière du livre. C'est un peu comme à Diskworld avec Rincevent et le 8ième sortilège. La magie est vivante en lui. Il est devenu le héraut d'un Dieu cosmique. Son but est désormais de lever le voile de la réalité pour le reste de l'humanité et de leur faire contempler la splendeur de la Vérité.
Sauf que c'est un chouïa plus compliqué que ça. Le sort est "'malin", il se sert des souvenirs du PJ (genre Kaiser sauze) pour créer un paradigme acceptable pour lui, car le sort ne le soumet pas directement et totalement.
Ainsi, la "Vérité" se lève pour le Pj de manière progressive tout au long du scénario. Il voit ce que les autres ne voient pas, ils voient des gens étranges, puis des créatures dans la foule. Il entend les appels parasites puis les gens qui surveillent ses actions, jusqu'à que son "ami" apparaisse. Une belle femme qui lui annonce qu'un dieu-démon veut fusionner les réalités dimensionnelles de la terre et de Demenssion 6. Qu'il a des lieutenants à sa botte et que la fusion est déjà engagée.

Sauf que l'ami en question, ce n'est rien de plus qu'une image de l'idéal féminin du PJ. Que les lieutenants sont des gens qu'ils détestent dans son passé et que Demenssion 6 est un comics qu'il lisait dans son enfance. Ses détails, il ne s'en souvient pas. Le sort les lui a chiper pour créer le paradigme qui lui permettrait de devenir un héraut volontaire.

Tout ça sur le fond d'une trame classique de serial killer qui s'entremêle à l'histoire.

Mon scénario a fini sur la mort de 27 personnes au milieu de new york, foudroyées par un sort non contrôlé de la part du Pj contaminé. Le Pj, durant ses phases de sommeil a commencé à constituer un culte et durant ses phases de lucidité à simplement considérer que même ses amis de toujours le trahissaient. La fin que j'ai joué n'a rien eu à voir avec la phase finale du scénario tel que prévu à l'origine. Le serial killer s'en est tiré aussi. >:)

J'ai du distribué une quarantaine de post it, qui ont grandement contribué à la paranoïa qui s'est emparée de la table.
Pourtant, tous les persos étaient plutôt balèzes. Je pourrais faire une partie II à ce scénario qui a vraiment bien donné.

Je peux vous filer le BG de groupe et les BG des persos si vous voulez.

En tout cas, une excellente partie et une excellente histoire qui s'empare d'un truc que je ne joue jamais dans cthulhu, la folie rampante des Pjs.
Sevoth
"J’écrisse jusqu’à devenusser criasse, larme et
pleur.
J’écrisse jusqu’à m’arrachalasser la peauterie
du corps.
J’écrisse jusqu’à tomberir dans la poussière et
devenusser poussière.
" L'effrayable.
Avatar de l’utilisateur
Sevoth
Salle de billard +1 (avec jacuzzi)
 
Messages: 944
Enregistré le: Lun Fév 16, 2009 10:09 pm
Localisation: Noisy le Sec (93). Yes, america : come get me.

Messagepar Alias » Mar Fév 24, 2015 11:16 am

Wow, bien barré, comme plan. Congrats.
Stéphane "Alias" Gallay -- https://alias.erdorin.org
Auteur Mégalomane de Tigres Volants http://www.tigres-volants.org
Muhaha!
Avatar de l’utilisateur
Alias
Helvet Underground
 
Messages: 1092
Enregistré le: Mar Déc 18, 2007 10:45 am
Localisation: Saint-Genève-les-oisillons

Messagepar Odillon » Mar Fév 24, 2015 10:24 pm

Je connais le scénar que tu as fait jouer Sevoth et, à la lecture, je l'avais trouvé intéressant mais en me disant que ça devait demander pas mal de boulot pour convaincre le joueur que son personnage est dans le vrai et qu'il n'est pas fou.

Tu as réussi à le convaincre ou bien il avait compris qu'il était en plein délire mais qu'il a joué le jeu ?
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
Odillon
 
Messages: 636
Enregistré le: Lun Mai 25, 2009 12:36 pm
Localisation: Lille

Messagepar Sevoth » Mer Fév 25, 2015 10:34 am

Difficile à dire, en fait.

Je n'ai eu aucun mal à convaincre les autres que le joueur délirait de plus en plus.
Mais j'ai senti, parfois que les uns et les autres se demandaient qui avait raison et si la menace était véritable. Elle avait un côté palpable à certains moments.
Le joueur a totalement joué le jeu (ce qui m'arrange, en fait), mais pensait-il en son for intérieur qu'il avait raison ou non ? Difficile à dire. Surtout que le joueur est un fan de Friedkin. Alors entre Bug, Killer joe et traqué, c'est pas l'inspi qui lui manquait...

L'impression définitive autour de la table, je pense,c'est que l'attitude du PJ relevait plus du délire paranoïaque, et malgré le fait que le PJ contaminé se soit fait arrêter pour acte de terrorisme (27 tués dans une déflagration du sort flétrissement avec un double échec critique sur son utilisation), l'intention de ses partenaires étaient bien de le sortir de sa 'condition' jusqu'au bout. Mais je n'ai pas posé la question de savoir en fin de partie si Demension Six leur semblait une véritable menace ou un délire induit par l'absorption du livre. Cela reste en suspend.

Dans l'univers de Lovecraft, tout est assez possible, ce qui brouille considérablement les cartes. Ça aide à maintenir le doute dans ce type de scénario.
Sevoth
"J’écrisse jusqu’à devenusser criasse, larme et
pleur.
J’écrisse jusqu’à m’arrachalasser la peauterie
du corps.
J’écrisse jusqu’à tomberir dans la poussière et
devenusser poussière.
" L'effrayable.
Avatar de l’utilisateur
Sevoth
Salle de billard +1 (avec jacuzzi)
 
Messages: 944
Enregistré le: Lun Fév 16, 2009 10:09 pm
Localisation: Noisy le Sec (93). Yes, america : come get me.

Messagepar Odillon » Lun Avr 06, 2015 10:56 pm

Hier et cette nuit, partie de 12 heures avec deux joueurs de ma campagne Goule, une partie sans aucun volet surnaturel et où je me suis amusé à prendre des tas de situations et personnes existantes pour construire l’intrigue.

Précisions de contexte : Le scénario se déroule en février 2013.
Les PJ sont les serviteurs de vampires qui ont largement contribué à créer une organisation dissidente de la Camarilla depuis avril 2011. Cela ne les empêche pas de mener leurs propres affaires. Il sont riches grâce à un certain nombre d’actions malhonnêtes (et surtout grâce à un gros coup joué dans ce scénar là)et font fructifier une partie de leur pécule par la propriété (pour mes deux joueurs du soir) d’établissements de nuit à San Francisco et (à des degrés divers mais pour la quasi-totalité du groupe complet habituel) dans un trafic de voitures volées couplé à de l’importation en gros de cannabis en provenance du Maroc. Les PJ ne cessent de s’enrichir et de gagner en influence et cela commence à gêner/inquiéter certains goules à qui ils font de l’ombre.

Depuis la prise de la Californie par l'organisation vampirique scission de la Camarilla, la nouvelle entité a veillé à saper le plus possible les moyens du monde mortel par lesquels ces trois adversaires principaux (Camarilla, Kuei-Juin et Sabbat) pouvaient l’attaquer en s’arrangeant pour que la police californienne vise tout particulièrement les organisations criminelles dont la direction se situe à l’étranger.

Le clan yakuza du Yamaguchi-gumi en a fait les frais, la police californienne, « guidée » par les nouveaux maîtres vampiriques du territoire ciblant ses intérêts et arrêtant massivement les gangs vietnamiens qui lui servaient d’hommes de main dans ce territoire.

Cela a contrarié leurs plans concernant le marché ouvert par la proposition 39 californienne (une augmentation temporaire des impôts des sociétés permettant de financer la rénovation des écoles afin de limiter leur consommation énergétique, un marché de 2,5 milliards de dollars). Le clan yakuza envisageait en effet de faire main basse sur ce colossal marché par le racket et l’influence des cahiers des charges en forçant des entreprises de BTP retenues à acheter le matériel de rénovation à une entreprise que le clan contrôle ou en faisant appel à des sous-traitants qu’il possède pour s’enrichir au détriment de la qualité des travaux.

Une telle affaire étant trop juteuse pour que les yakuzas abandonnent, ils ont changé d’hommes de main et ont fait appel à un autre « gang » avec qui ils ont des contacts pour mettre le plan à exécution : les anciens du Grupo Colina, un escadron de la mort péruvien avec qui les yakuzas travaillent occasionnellement depuis l’époque où Alberto Fujimori et Vladimiro Montesinos régnaient sur le Pérou. Ils sont chargés des basses œuvres et ont utilisé leur violence coutumière pour obliger des entrepreneurs à accepter leur racket.

Dans le même temps, le Yamaguchi-gumi a fait appel à un lobbyiste pour s’attirer les bonnes grâces du Parlement californien et fixer les appels d’offre des entreprises qui seront en charge de la rénovation des écoles selon les termes favorisant le plus les ambitions du clan yakuza. Le lobbyiste(pensant travailler simplement pour une entreprise japonaise de BTP) est un ami proche (fictif) de Jack Abramoff, qui avait trempé dans toutes les affaires douteuses de son allié mais était parvenu à éviter de tomber en même temps que son associé. Le lobbyiste commença à se mettre au travail pour le Yamaguchi gumi et distribua beaucoup d’argent lors de la campagne de novembre 2012 tout en cherchant les points faibles de certains parlementaires et les moyens de chantage.

La belle mécanique s’enraya à la suite de la fermeture du casino tribal La Posta, à côté de San Diego, fin octobre 2012. La tribu des Apaches Yavapai d’Arizona qui avait investit 20 millions dans ce casino et qui avait engagé le lobbyiste pour soutenir des évolutions législatives et fiscales à San Diego qui lui aurait permis d’enrayer sa chute voire de rendre le casino rentable, commença à faire un audit poussé pour découvrir ce qui avait cloché. Cela permit de découvrir que le lobbyiste avait largement menti sur ses activité en faveur du casino et avait empoché des sommes considérables sans essayer d’influencer qui que ce soit. L’avocat de la tribu mis la pression au lobbyiste et il l’avertit que soit il remboursait rapidement 6 millions de dollars soit la tribu l’attaquait au civil et au pénal.

Pris à la gorge, le lobbyiste décida de mener un jeu dangereux et fit chanter le Yamaguchi-gumi : soit les yakuzas lui payaient 6 millions de dollars, soit il faisait complètement capoter leurs projets. Le clan yakuza ne l’entendant pas de cette oreille, ordonna aux hommes du Grupo Colina de supprimer le lobbyiste, de lui voler tout ce dont il disposait pour faire pression sur les parlementaires et de faire disparaître toutes les traces des affaires qu'ils faisaient ensemble. Malheureusement, la mort d’un lobbyiste influent soulève toujours beaucoup de questions et pour éviter que la police ne s’oriente vers eux, les yakuzas exigèrent du Grupo Colina qu’il trouve un pigeon à qui faire porter le chapeau.

Pour trouver ce pigeon, le Grupo Colina fit appel à un de ses contacts en Californie, un truand à qui les PJ avaient fait perdre la totalité de ses possessions dans ce scénario là. Ce dernier y vit une bonne occasion de se venger des responsables de sa chute. Il mena une petite enquête pour savoir comment piéger les PJ et attira l’attention d’adversaires des PJ (non identifiés avec certitude par les joueurs pendant la partie) qui décidèrent de filer un certain nombre de coups de pouce au truand pour se débarrasser de leurs rivaux en orientant la police vers leurs affaires. Toutefois, si les adversaires des PJ sont prêts à les faire tomber, ils croient dans un premier temps que les PJ doivent servir de pigeons pour un meurtre dans le cadre d’un trafic de drogue et ignorent que la cible est une personnalité politique de premier plan.

Il fut décidé de manipuler de petits voleurs de voitures travaillant pour les PJ pour qu’ils aillent voler la voiture du lobbyiste chez lui. Ce soir là, un tueur du Grupo Colina avait assassiné le lobbyiste puis descendit les deux voleurs en maquillant la scène de crime pour faire croire que le lobbyiste avait été attaqué par deux cambrioleurs, qu’il s’était défendu et que tous s’était entretués.

La police s’oriente vers cette version et le truand travaillant pour le Grupo Colina s’arrange pour alimenter les enquêteurs en indices qui devraient leur permettre de remonter aux PJ et à démanteler toute leur organisation.

Les PJ vont bien évidemment réagir en tentant d’abord de limiter les dégâts puis en cherchant à comprendre ce qui se passe et en contre-attaquant.
Sur leur route, ils vont croiser/s’associer avec/combattre :
- Un privé travaillant pour les des Apaches Yavapai d’Arizona qui se demandent si la mort du lobbyiste juste avant qu’il leur paye les six millions de dollars est vraiment un hasard ;
- La police californienne ;
- Un député californien (ex-policier et vieille connaissance d’un PJ) cherchant à récupérer les dossiers que le lobbyiste avait sur lui ;
- Les adversaires des PJ qui ont regretté de s’être mêlés de la vendetta du truand associé au Grupo Colina lorsqu’ils ont appris l’identité de la victime et qui vont faire « le ménage » de façon sanglante pour éviter qu’on remonte jusqu’à eux ;
- Les relations et amis des deux voleurs de voiture qui travaillaient pour eux (et notamment une junkie et son gosse utilisés contre les PJ et se cachant dans le plus sordide des squats) ;
- Le truand leur en voulant ;
- Le Grupo Colina.

Au final, les PJ vont démêler les différents fils de l’intrigue et, avec leurs hommes de main, vont massacrer la majorité du Grupo Colina avant de laisser à la police suffisamment de preuves pour que l’enquête dans leur direction s’arrête et s’oriente vers cette autre piste.

Au final, une partie bien sympa que mes joueurs ont apprécié. L’histoire était complexe mais les joueurs n’ont jamais semblé noyés, parvenant à reconstituer l’intrigue progressivement.
Je suis très content de certaines phases de la partie, un peu moins d’autres mais je pense que j’ai globalement bien mené la partie.

Je suis content.
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
Odillon
 
Messages: 636
Enregistré le: Lun Mai 25, 2009 12:36 pm
Localisation: Lille

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Odillon » Lun Mai 04, 2015 10:16 am

Vendredi soir, partie de Goule d’un peu moins de six heures avec six joueurs.

L’organisation de la partie avait été décidée une petite dizaine de jours avant qu’elle ait lieu et avec un impératif : elle devait faire six-sept heures maximum.

Or, ça devait faire plus de dix ans que je n’avais pas maîtrisé une partie aussi courte et j’en ai clairement perdu l’habitude. Mes joueurs n’ont pas non plus l’habitude qu’on les presse et aiment bien prendre leur temps. Aussi, pour être certain de parvenir à tenir mes délais, il fallait que je m’aide d’un dispositif scénaristique qui m’y et les oblige à faire court : fixer une deadline en jeu, jouer beaucoup de scènes en temps réel et mettre la pression sur les joueurs en mettant de façon apparente une horloge leur fournissant le temps restant jusqu’à la deadline fatidique.
J’ai construit mon intrigue en partant de ce dispositif (qui m’avait été soufflé par mon épouse, également joueuse de la partie) et en trouvant l’inspiration dans la lecture de ce fait divers que j’ai trouvé en faisant une recherche sur les évènements s’étant produits en mars 2013, date à laquelle se déroulait la partie.

Le plus simple est de présenter les évènements antérieurs à l’entrée en scène des PJ et qu’ils ont dû découvrir en cours de partie.

En juin 2004, Alejandro Plancarte, fils alcoolique et brutal d’un propriétaire de boîte de nuit d’Uruapan tue un de ses amis au cours d’une bagarre éthylique déclenchée par des tensions autour de la répartition des bénéfices d’un deal de cocaïne. L’ami en question est le neveu du parrain de la ville, Moises Pachuca, et le père d’Alejandro craint, à juste titre, pour la vie de son fils et de sa famille même si l’affection de Moises pour son neveu était plus que limitée. Il négocie avec le parrain l’exil de son fils et le don de ses boîtes de nuit en échange de l’absence de rétorsion physique contre sa famille, ce que le parrain accepte au grand dam de Tito Pachuca, autre neveu de Moises et frère de la victime.

Alejandro quitte le pays en laissant derrière lui Maribel, sa petite amie. Dans son exil, Alejandro va progressivement réinventer sa relation avec Maribel, se la remémorant comme belle et harmonieuse alors que sa compagne s’était lassée de sa violence et qu’elle avait commencé à se rapprocher d’un autre gars de leur bande, ami de Tito Pachuca.
Neuf mois après le départ d’Alejandro, Maribel donne naissance à un fils et Alejandro se persuade qu’il s’agit de son enfant, ignorant que le bébé est né grand prématuré et qu’il est le fils du nouveau compagnon de son ex-petite amie. Alejandro va progressivement développer une obsession pour cet enfant qu’il imagine être son fils et qu’il veut récupérer.

Exilé en Espagne, Alejandro va devenir un homme de main dans différentes activités criminelles puis le garde du corps d’un individu louche, El Añapero (l’engoulevent), qui s’avère être un sorcier nécromant. Ce dernier, vieillissant et sans successeur désigné, va se prendre d’affection pour son garde du corps et va développer une relation filiale avec lui, lui apprenant tout ce qu’il sait. A la mort du sorcier fin 2012, Alejandro reprend le titre El Añapero et cherche à récupérer son fils sans exposer sa famille restée à Uruapan. Initié au monde occulte pendant des années, ayant découvert l’existence des vampires et connaissant leur poids sur les affaires mortelles, il entre en contact avec le dirigeant vampirique d’Uruapan (un ancien du Sabbat) et lui propose ses services en échange de son aide pour récupérer son fils et de la protection de sa famille. Le vampire accepte et lui donne pour mission d’assassiner discrètement des mortels de Trinidad et Tobago, qui, sans le savoir, ont une place importante dans le dispositif de défense ou les affaires des vampires de cet archipel auquel sont rattachés les maîtres vampiriques des PJ. Il devra ensuite récupérer leurs âmes afin qu’il soit possible de les interroger et qu’ils révèlent les secrets de l’archipel.

El Añapero se met au travail (assisté par un petit gang mexicain qu’il a mis sous sa coupe) pendant que Skull Face, la goule du vieux vampire, met la pression sur Moises Pachuca (toujours parrain de la ville et désormais affilié au très violent cartel des « Chevaliers templiers »), pour qu’il fournisse une assistance discrète à l’enlèvement du fils de Maribel et à la protection de la famille d’Alejandro contre les hommes de son remuant neveu, Tito Pachuca.

Image
Skull Face

El Añapero exécute discrètement ses cibles mais finit par être repéré par les vampires de Trinidad et Tobago et doit prendre la fuite précipitamment alors qu’un de ses acolytes est capturé. Ce dernier (avant d’être tué par un fantôme d’El Añapero qui lui fait avaler sa langue) révèle que le nécromant doit fournir les réceptacles des âmes de ses victimes le 22 mars 2013 au vieux vampire à Uruapan à la tombée de la nuit. Les PJ sont donc envoyés en urgence à Uruapan (où ils arrivent à la mi-journée) et disposent de quelques informations fournies par le captif et d’une grosse après-midi pour retrouver les âmes des victimes d’El Añapero avant la tombée de la nuit et le réveil des vampires de la ville, contre lesquels ils ne font pas le poids.

Plus tôt dans la matinée, les hommes d’El Añapero ont enlevé le fils de Maribel et ceux de Tito Pachuca recherchent activement l’enfant en se posant de plus en plus de questions sur l’inertie de Moises dans cette affaire.
Les PJ vont mêler manipulation et interrogatoires musclés pour comprendre les tenants et aboutissants de l’affaire, vont enlever Moises Pachuca dans son repère pour qu’il les conduise à Skull Face et affronter ce dernier et El Añapero au crépuscule dans une ancienne fabrique de chaises de jardin en plastique qui leur sert de refuge. Après les avoir éliminé et dans une usine désormais en feu, ils vont devoir fuir devant l’ancien vampire qui s’est réveillé sitôt la nuit tombée et vont retarder le monstre devenu frénétique en laissant derrière eux Moises Pachuca qui va être démembré par la créature en fureur pendant que leur voiture démarre en trombe.

En forme d’épilogue, ils apprennent par la presse que le vampire a reporté sa colère et sa frustration sur les hommes de Tito Pachuca qui sont ceux qu’on a retrouvé exécutés sur des sièges en plastique ici quelques jours après leur passage à Uruapan.

La partie a été très sympa, la petite horloge jouant bien son rôle pour mettre la pression aux joueurs. Je suis un peu déçu de mon interprétation des PNJ (que j’aurais pu davantage typer) et du manque de description des lieux où mes PJ se rendaient qui sont passées à la trappe compte tenu du rythme et du peu de temps de préparation dont j’ai disposé pour faire ce scénar mais mes joueurs m’ont dit que ça ne les avait pas gênés.
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
Odillon
 
Messages: 636
Enregistré le: Lun Mai 25, 2009 12:36 pm
Localisation: Lille

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Sevoth » Lun Mai 18, 2015 2:36 pm

Toujours aussi jaloux des parties de tes PJs.

Je ne sais pas où tu leur mijotes leurs prochaines aventures, mais comme tu es parfois en quête de thèmes musicaux, si tu es dans un délire arabisant, je ne peux que te conseiller ces gars là :

https://www.youtube.com/watch?v=-Lf83yeNIv8
Sevoth
"J’écrisse jusqu’à devenusser criasse, larme et
pleur.
J’écrisse jusqu’à m’arrachalasser la peauterie
du corps.
J’écrisse jusqu’à tomberir dans la poussière et
devenusser poussière.
" L'effrayable.
Avatar de l’utilisateur
Sevoth
Salle de billard +1 (avec jacuzzi)
 
Messages: 944
Enregistré le: Lun Fév 16, 2009 10:09 pm
Localisation: Noisy le Sec (93). Yes, america : come get me.

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Odillon » Lun Mai 18, 2015 6:15 pm

Ca pourrait m'être effectivement utile lors de ma prochaine partie. Merci !
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
Odillon
 
Messages: 636
Enregistré le: Lun Mai 25, 2009 12:36 pm
Localisation: Lille

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Sevoth » Lun Mai 18, 2015 8:02 pm

essaies celui-ci aussi alors :

https://www.youtube.com/watch?v=eJwSZIajEvI
Sevoth
"J’écrisse jusqu’à devenusser criasse, larme et
pleur.
J’écrisse jusqu’à m’arrachalasser la peauterie
du corps.
J’écrisse jusqu’à tomberir dans la poussière et
devenusser poussière.
" L'effrayable.
Avatar de l’utilisateur
Sevoth
Salle de billard +1 (avec jacuzzi)
 
Messages: 944
Enregistré le: Lun Fév 16, 2009 10:09 pm
Localisation: Noisy le Sec (93). Yes, america : come get me.

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Odillon » Mer Mai 27, 2015 11:23 pm

Comme cela fait un certain temps que je place les résumés de mes parties de Goule, je viens faire une petite présentation de mes PJ afin peut-être de rendre certains résumés plus parlant.
Les goules sont les serviteurs de vampires qui sont alliés et appartiennent tous à l’élite dirigeante d’une organisation vampirique fruit d’une scission de la Camarilla. A ce titre, ils se sont vus confier différentes missions pour préparer la scission et d’autres depuis. Cela leur a donné l’habitude de travailler ensemble et ils ont monté différents projets en commun pour s’enrichir ou développer leur influence (et notamment un gros coup (joué dans cette partie ) qui a permis aux participants (Marius, Mr. T., Doug, Dwayne et Selim) de devenir millionnaires). La plupart ont fait fructifier cet argent dans d’autres activités illégales.
Comme plusieurs domitors des goules ont vécu ou ont des intérêts à Trinidad et Tobago, beaucoup des PJ y ont vécu ou y sont passés régulièrement (sauf Selim). Comme la Californie est l’épicentre de la nouvelle organisation, la plupart y vivent désormais (sauf Dwayne).


Marius Leone/ Dominic Martins : la plus ancienne des goules de la bande (né en 1936, goule depuis 1968). Fils d’immigrés italiens anarchistes dans le Nord de la France, il a connu la misère et la violence enfant puis adulte et pendant longtemps après sa transformation en goule, il a gardé un complexe d’infériorité, se voyant seulement comme un gros bras incapable de dépasser sa condition. Ce complexe a sauté il y a quelques années (évolution progressive du personnage en jeu) et désormais, il vise toujours plus haut. Il entretient une relation particulière avec sa domitor qui, avant de devenir vampire, était une amie de sa mère. Il l’aime comme toutes les goules aiment leur maître vampirique mais il est convaincu qu’il l’aimerait de la même façon sans le lien du sang. Il considère également, à tort ou à raison, qu’il a une réelle chance de la conquérir. Sa maîtresse vampirique le voit plus comme un fils que comme un amant potentiel et il s’est convaincu que pour la faire changer de point de vue, il doit devenir un mâle dominant et l’éblouir par ses réalisations et ses capacités. En attendant d’y parvenir et parce que les goules ont une libido exacerbée, il multiplie les aventures sans lendemain. Il a eu quelques maîtresses plus régulières mais après cette mésaventure là il a considéré que cela était trop dangereux.
Du fait de son âge, c’est la goule la plus puissante de la bande. Très polyvalent, c’est également le spécialiste de l’équipe en explosif, en informatique en bureaucratie et en finance. Il a un point de discipline en Puissance, Endurance, Nécromancie, Présence et Chimérie.
Il est associé en affaire avec Douglas Bloomberg (ils possèdent une boîte de nuit et un bar de nuit ensemble) et, dans une moindre mesure avec tous les autres (il a été l’organisateur initial d’un trafic de voitures volées et de cannabis auxquels ils sont presque tous mêlés – sauf Dwayne et Gazmir - mais se contente désormais de régler certains détails dans les arrivages et de toucher de petites commissions là-dessus). Il est par ailleurs propriétaire d’entreprises de pompes funèbres à Trinidad et Tobago et en Californie qui lui donnent à la fois une source de revenus assumable, une forme de respectabilité et facilitent la vie de sa maîtresse vampirique qui est nécromancienne.


Mr. T : Italo-américain, de son vrai nom Mario Tortellini, il a pris le pseudonyme de Mr. T. lorsqu’il était boxeur semi-pro à New York dans les années 70 et l’a conservé, refusant de l’abandonner même après qu’un acteur célèbre (et kitsch) ait pris le même (il pense que l’acteur a pris le speudo en voyant son nom sur une affiche). C’est la deuxième goule la plus ancienne de l’équipe (né en 1944, devenu goule en 1981) et, comme Marius, il envisage également sa relation avec sa domitor comme une relation amoureuse qui survivrait à une fin du lien du sang, encouragé en cela par les gratifications sexuelles que lui offre sa maîtresse vampirique de temps à autre en récompense de ses bons services. Contrairement à Marius, il ne désire pas spécialement connaître une promotion sociale pour elle-même et a tendance à vivre par et pour sa domitor. Il est fortuné alors que lui aussi est né pauvre et il s’en contente, il ne vise pas nécessairement plus haut même s’il serait prêt à suivre le mouvement si les autres lui proposaient une affaire intéressante.
Il possède des agences de sécurité à Los Angeles, Paris et New-York et est impliqué dans le volet trafic de cannabis des affaires communes des goules.
C’est le spécialiste de l’équipe en combat à mains nues, bénéficiant d’une capacité (longtemps inexpliquée jusqu’à ce scénar là ) de faire des dégâts aggravés à poings nus. Il est par ailleurs assez polyvalent. Il a un point en discipline en Puissance, en Endurance et en Domination.
Il connait Marius Leone depuis longtemps et ils entretiennent de très bonnes relations. Il entretient par contre une féroce rivalité avec Douglas Bloomberg qui a la même domitor que lui et qu’il voit comme un rival peu fiable pour sa maîtresse avec lequel il est obligé de travailler.


Douglas Bloomberg : C’est une goule assez récente mais, contrairement à Marius Leone et Mr. T., qui étaient juste des gros bras issus des bas fonds, c’était déjà un crack dans son domaine avant de devenir une goule et il s’est très vite et très bien adapté à sa nouvelle condition. (Né en 1957, devenu goule en 2009 mais son physique a été modifié magiquement à l’époque pour qu’il ne puisse pas être reconnu et pour faire dix ans de moins que son âge).
Doug est un ancien pilote de la Defense Mapping Agency (DMA, l’agence gouvernementale chargée de la cartographie militaire, souvent avec des avions furtifs) qui est passé au privé peu de temps après que les cartes militaires soient passées au tout satellitaire. Il a lancé une entreprise d’avions taxis en Turquie, a traité ses obligations fiscales avec une certaine désinvolture et s’est retrouvé en prison pour fraude fiscale et faillite frauduleuse avant que sa future domitor le fasse évader car elle avait besoin de quelqu’un avec ses compétences. En effet, c’est un excellent pilote d’avion (et de voiture aussi) avec une formation poussée pour être capable de s’en sortir s’il se faisait descendre derrière des lignes ennemis. C’est également un coureur de jupon (quatre mariages, quatre divorces). Bien que goule depuis moins longtemps (ou peut-être à cause de cela) Il a une bien meilleure compréhension du lien du sang que Marius et Mr. T. et s’il aime sa domitor, il sait parfaitement que c’est un lien artificiel et il aimerait se débarrasser de cette entrave. Depuis ce scénar là , il a une compagne régulière : une ancienne prostituée philippine de Dubaï qu’il a recueillie et dont il est devenu l’amant.
C’est le pilote de la bande (avion et voiture) et il est également le plus à même de guider l’équipe en milieu naturel hostile. Il a un point de discipline en Puissance, Endurance, Protéisme, Occultation et Domination.
Il est associé en affaire avec Marius Leone (ils possèdent une boîte de nuit et un bar de nuit ensemble) et avec les autres goules dans le trafic associant vol de voitures et trafic de cannabis dont il contrôle la partie automobile mais ne se mêle quasiment pas du trafic de drogue. Il entretient une rivalité avec Mr. T. qu’il voit comme un individu susceptible de balancer tout ce qu’il fait individuellement à sa domitor.


Dwayne Thompson : Il s’agit également d’une goule récente (goule depuis 2008 alors qu’il n’avait qu’environ 25 ans) et lui aussi, avant de devenir une goule, il avait déjà des capacités intéressantes. Toutefois, contrairement à Douglas Bloomberg, il ne s’agit pas du fruit d’un entraînement intensif et d’une expérience professionnelle mais d’une capacité surnaturelle innée qu’il possède depuis l’enfance mais qu’il avait « oubliée » pendant de longues années (les causes de cet « oubli » et ses implications ont été détaillées dans ce scénar là). Il a une vue surnaturellement aiguisée qui lui permet de passer facilement au-delà de beaucoup de sorts d’illusion et de magie affectant les sens. C’est à cause d’elle qu’il a repéré en pleine rue son futur domitor (un ancien Nosferatu) et ce dernier en a fait sa goule.
C’était un garde côté de Trinidad et Tobago et, depuis qu’il est devenu une goule, sa carrière a connu une progression aussi fulgurante que mal définie (il occupe un poste de conseiller avec un titre à rallonge au ministère de l’Intérieur ; tout le monde s’accorde pour dire qu’il ne sait pas exactement ce qu’il fait mais que c’est un poste très important). C’est la goule la plus importante de Trinidad et Tobago depuis le départ de Marius Leone pour la Californie il y a deux ans et il se passerait bien de cet honneur mais souhaite servir son domitor au mieux et ne veut pas le décevoir : donc il fait tout pour rester à cette position qu’il n’aime pas en dépit de la concurrence d’autres goules plus ambitieuses que lui. Contrairement à Marius Leone, Mr. T. et Douglas Bloomberg, il a conservé son identité d’avant sa transformation en goule et des attaches mortelles (sa famille notamment).
C’est la vigie de la bande, capable de repérer les menaces naturelles ou surnaturelles longtemps à l’avance, et le meilleur pilote de bateau de l’équipe. Il a un point de discipline en Puissance et deux en Auspex (niveau qu’il est le seul à pouvoir atteindre car c’est lui qui a le domitor le plus puissant), ce qui démultiplie encore ses capacités de perception.
Il est attaché aux autres goules de son équipe qu’il finit toujours pas suivre mais souvent à reculons et en rechignant presque toujours. Il n’a jamais voulu entrer dans les trafics de ses camarades bien qu’il en ait eu souvent l’occasion mais, sollicités par ces derniers, il leur a quand même passé un certain nombre de coups de main dans leurs affaires.


Selim Aslima : Plus jeune humain et goule de la bande, c’est en quelque sorte l’éternel rookie de l’équipe. Jeune délinquant banlieusard parisien adepte du parkour et du freerun, il est devenu une goule par la volonté de son domitor, un assamite peu regardant sur la psychologie et qui a juste vu en lui un individu avec des capacités physiques très supérieures à la moyenne et habitué à se déplacer discrètement qu’il ne devrait pas être trop difficile de transformer en assassin efficace.
Il y a juste un problème de taille dans ce projet : Selim est un brave type qui, s’il a dû tuer depuis qu’il est devenu une goule, continue de regrette chacun de ses assassinats. Comme Dwayne, il a conservé de nombreuses attaches mortelles (sa famille) et comme Doug il a une petite amie régulière (une jeune fille de la bonne bourgeoisie versaillaise qui veut s’encanailler).
C’est le spécialiste de l’infiltration discrète et des acrobaties de la bande. Il a un point de discipline en Puissance et un Occultation.
Il est encouragé à fréquenter les autres goules par son domitor qui est certain qu’à force de fréquenter de telles barbouzes, il finira par perdre ses encombrants principes moraux (pour l’instant sans succès) et il les suit aussi en partie parce qu’il est persuadé qu’il peut apprendre à s’adapter à sa nouvelle condition auprès d’eux. En outre, d’un point de vue matériel, il n’a pas à se plaindre de les avoir fréquentés, s’enrichissant considérablement. Il est associé à la plupart d’entre eux dans le trafic de cannabis et de voitures volées avec la charge des discussions avec les revendeurs de rue de Los Angeles.


Le dernier arrivé Gazmir Charov : Il est, de façon paradoxale, à la fois le moins violent (à part peut-être Selim) et le moins humain de la bande. C’est un illusionniste professionnel et hypnotiseur de spectacle mais surtout un escroc et un maître chanteur. Pour s’enrichir, il a brisé bien des vies mais il s’en moque complètement. Cela pourrait lui jouer des tours car sa domitor est une malkavienne qui a une obsession pour la justice expéditive contre les criminels mais elle s’intéresse surtout aux vampires et elle n’a jamais soupçonné sa goule d’être un criminel également. Comme il est affligé d’une confiance en lui démesurée, il est persuadé de pouvoir continuer à vivre ainsi aussi longtemps qu’il le faudra et se persuade que l’argent qu’il gagne et sa façon de vivre sont finalement un atout pour sa maîtresse vampirique pour éviter de trop penser aux difficultés inhérentes à sa condition de serviteur d’une justicière avec son mode de vie.
C’est le personnage le plus social de la bande, avec le physique le plus avenant et un don pour le déguisement et pour les langues qui lui permettent d’assumer un grand nombre d’identités. Il est beaucoup plus frêle que les autres mais habitué aux gestes rapides et précis, il faut éviter de le sous-estimer. Il a un point de discipline en Puissance et un en Aliénation.
Il a rencontré les autres goules par hasard lors de ce scénar là où une arnaque qu’il avait montée pour récupérer de l’argent qu’il devait à un prêteur sur gage violent a échoué. Il a continué à fréquenter les autres car les domitors respectifs de la bande ont estimé qu’il était un bon ajout au groupe ou pour trouver l’argent qui lui faisait défaut (finalement remboursé pour lui par Marius, Doug et Dwayne).
Il n’a pas participé au gros coup qui a enrichi tout le monde et n’est pas associé aux trafics des autres mais pourrait peut-être y être intégré d’une façon ou d’une autre tôt ou tard.
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
Odillon
 
Messages: 636
Enregistré le: Lun Mai 25, 2009 12:36 pm
Localisation: Lille

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Odillon » Lun Aoû 17, 2015 10:59 pm

Dans les nuits du samedi 8 au dimanche 9 et du dimanche 9 au lundi 10 août, long scénar d’environ 24 heures (joué en deux séances) de ma campagne de Goules. La première partie a été jouée avec quatre joueurs (ceux de Dominic, Doug, Gazmir et Mr. T.), le cinquième (Dwayne) ne pouvant pas être disponible avant le dimanche. Ce n’était pas très grave, il n’était pas trèc ompliqué d’intégrer un PJ entre les deux séances.

Dans chacune des séances, il y avait un dispositif de narration un peu particulier :
- Dans la première partie, les joueurs alternaient entre les aventures de leurs PJ habituels et celle d’un groupe d’espions tchèques du SOE dans le protectorat de Bohème-Moravie (Tchécoslovaquie occupée) en 1942 ;
- Dans la seconde partie, le scénario était dans le désordre, les joueurs jouant leur perso selon un déroulement non-chronologique en fonction des souvenirs confus d’un des PJ auxquels ce dernier parvenait à se raccrocher pendant qu’une entité essayait de pénétrer son esprit.

Pour bien comprendre l’histoire, je pense qu’il est plus simple de la présenter de façon chronologique en résumant ce qui s’est passé avant que les PJ n’entrent en scène.

Dans la seconde moitié des années 30, un groupe d’occultistes tchécoslovaques peu scrupuleux localise, à partir de documents anciens, un artefact : l’œil de Tchernobog, l’ancienne divinité slave de la nuit, dans une fosse désaffectée et obstruée depuis le XVIIIème siècle d’une mine de Lidice, en Tchécoslovaquie. Ils n’auront cependant jamais le temps de la récupérer, le démantèlement du pays en 1938-1939 par l’Allemagne nazie les empêchant de mener des recherches eux-mêmes et de récupérer l’objet. Ils se rapprochent des autorités nazies pour plaider leur cause mais s’ils parviennent doucement à se rapprocher des cercles ésotériques entourant Himmler en Allemagne, ils ne parviennent pas à séduire Reinhard Heydrich, Reichsprotektor de Bohème-Moravie, nettement moins sensible qu’Himmler aux questions occultes et qui repousse constamment les demandes du cénacle.

Le groupe croit voir sa chance tourner fin mai 1942 quand Heydrich est grièvement blessé par des résistants tchèques formés par les Britanniques dans le cadre de l’opération Anthropoid. Les occultistes assurent pouvoir sauver Heydrich grâce aux pouvoirs de l’artefact et obtiennent des moyens pour le retrouver très rapidement en échange de soins magiques permettant de sauver Heydrich. Le chef du cénacle d’occultiste devient le « médecin personnel » d’Heydrich et commence à le soigner par des biais magiques, à base de potions réalisés avec l’aide de l’artefact et de sacrifices de prisonniers dans les grottes de Lidice.

Les équipes en charge de l’exécution d’Heydrich sont traquées par les nazis et éliminées avant de pouvoir être interrogées, ce qui préserve la couverture d’une équipe de quatre espions tchèques du SOE (deux hommes et deux femmes) bien implantés auprès des responsables nazis. Ceux-ci n’ayant pas été démasqués, Londres leur demande d’en apprendre plus sur l’état de santé réel d’Heydrich et de s’intéresser plus particulièrement à cet étrange médecin personnel que personne ne connait. Ils vont découvrir l’existence de l’artefact de Lidice et le dérober en détruisant ainsi leur couverture. Le jour même, Heydrich meurt et, peu de temps après, les nazis se vengent affreusement sur la population civile de Lidice.

Les quatre espions, tous engagés par idéalisme, et craignant que leurs supérieurs hiérarchiques commettent les mêmes sacrifices de prisonniers que les nazis pour contrôler l’artefact, décident de masquer la dimension surnaturelle de leur découverte et de cacher l’objet dans un lieu connu d’eux-seuls avant de partir pour le Royaume-Uni.

Sur les quatre espions tchèques, l’une des deux femmes meurt dans un bombardement mais les trois autres survivent à la guerre. Deux d’entre eux, Josef et Eva, (en couple et sincèrement socialistes bien que non-staliniens) décident de rentrer en Tchécoslovaquie après la Seconde Guerre mondiale et vont récupérer l’artefact tandis que le dernier, le chef du groupe, Jan Kopecky, reste au Royaume-Uni où il obtient la nationalité britannique, est anobli et conserve des fonctions au MI-6. En 1948, après le coup de Prague, le couple quitte la Tchécoslovaquie pour la Yougoslavie (en froid avec l’URSS), en emmenant l’artefact, avec l’aide de Kopecky qui leur fournit un faux nom, de faux papiers et de l’argent. Ils finissent par atterrir dans une petite ferme collective des environs de Sarajevo mais, malheureusement pour eux, commencent à tomber de façon insidieuse sous la coupe de l’artefact.

En 1968, Kopecky rencontre Josef en Suisse pour s’assurer que tout va bien avec l’artefact. Josef le rassure mais, instinctivement, Kopecky n’est pas pleinement convaincu. Partagé entre son souhait de garder le secret et sa crainte que, par méconnaissance du sujet, des autorités ne fasse un jour n’importe quoi avec lui, il décide donc de rédiger un mémoire contenant la totalité des informations dont il dispose sur l’artefact, la mission de 1942 et ses deux gardiens, Josef et Eva, et de l’enfermer dans un coffre d’une banque suisse. Il donne quelques vagues informations à ce sujet à son fils, lui faisant promettre de ne consulter ou de ne transmettre le document qu’en cas d’absolue nécessité.

Toujours en 1968, les autorités yougoslaves s’intéressent de plus en plus à Josef et Eva (qui a commencé à fusionner avec l’artefact, ce qui lui donne dans un premier temps l’apparence d’une femme enceinte), ces derniers ayant, sous l’influence de l’œil de Tchernobog, transformé la ferme collective en une forme de secte dont ils sont les prêtres. Pour échapper aux autorités, ils quittent clandestinement la Yougoslavie pour l’Australie, pays qui compte une importante communauté yougoslave et qui accorde sans trop de difficultés l’asile politique aux ressortissants de ce pays. Ils s’installent dans une petite ville minière en perte de vitesse et qui ne tardera pas à devenir une ville fantôme à partir de 1982. Le couple, qui n’a désormais plus grand-chose d’humain (Josef est devenu une terrifiante créature fantomatique et Eva est une forme de larve de Tchernobog en formation) séduit des adorateurs en jouant sur les capacités curatives de l’artefact qui avaient été utilisées sur Heydrich et qui fonctionnent effectivement. Grâce à ce noyau dur d’humains fanatisés, ils parviennent à attirer des personnes vers la ville fantôme que l’ex-Eva ingère pour se rapprocher de la forme finale de Tchernobog. Remarquant que les créatures surnaturelles la nourrissaient mieux, Josef et Eva commencent à attirer des goules en faisant diffuser dans certains cercles occultes de faux documents anciens qui attesteraient que grâce à lui, certaines goules sont parvenues à échapper au lien du sang de leurs maîtres vampires. Les différents documents sont intentionnellement abimés ou cryptiques afin qu’il soit possible à la fois d’appâter des candidats mais de réguler leur arrivée en révélant au compte-goutte les éléments « manquants » par différents biais.

Récemment, un groupe de goules camaristes a appris l’existence de cet artefact magique soi-disant capable de les libérer, son lien indirect avec l’opération Anthropoïd de 1942 et ont commencé à le rechercher en marge de leurs activités pour leurs maîtres. Ce groupe de goules avait été en charge d’une mission de la Camarilla pour envoyer hommes et matériel en Californie (dirigée par une organisation dissidente de la Camarilla à laquelle appartiennent les domitors des PJ) depuis Dubaï (opération mis en échec par les PJ dans cette partie là). Depuis l’échec de cette mission, le groupe de goules camaristes est chargé de liquider les entreprises que la Camarilla avait acquises pour mener cette opération, si possible en réalisant un bénéfice. Il s’agit d’une mise au placard mais elle leur laisse suffisamment de temps (et de ressources) pour travailler à la recherche de l’œil de Tchernobog.

Ne souhaitant pas s’exposer trop directement, ils engagent d’abord une mercenaire sud-africaine pour faire parler puis abattre le descendant de Jan Kopecky. Celui-ci lui révèle qu’il ne sait rien de l’objet mais que son père a détaillé ce qu’il savait de sa localisation dans un mémoire gardé dans un coffre d’une banque de Genève. Les goules camaristes recrutent alors à grand frais une équipe de professionnels pour cambrioler la banque et leur ramener le contenu du coffre.

Toutefois, les goules camaristes tombent sur un os. En effet, afin de rester le plus discret possible, elles équipent leur bande de braqueurs de matériel n’ayant jamais servi et comme elles se trouvent à Dubaï, elles se servent dans du matériel militaire et informatique que l’émirat met à disposition de rebelles syriens « modérés » formés sur son territoire et plus précisément dans l’armement serbe que l’émirat achète en grande quantité. Or, cet armement intéresse tout particulièrement un contact régulier des PJ, Zivko Djordjevic (qui, entre autres, a eu un rôle central dans l’opération qui leur a permis de devenir millionnaires)
Ce PNJ cumule à la fois les activités dans le grand banditisme international et les activités politiques puisque « ancien » des services secrets yougoslaves, il conserve l’espoir( avec d’autres officiers serbes… à la moyenne d’âge de plus en plus âgée) de refonder une Yougoslavie autour d’une Serbie forte. Si cette faction est très favorable au fait que la Serbie puisse conserver une industrie de l’armement autonome grâce aux achats émiratis, ils ne pensent pas pouvoir un jour réussir leur grand projet sans le soutien des Russes qui, eux, sont du côté du gouvernement de Bachar El-Assad en Syrie et voient d’un mauvais œil ces livraisons d’armes qui, de surcroit, pourraient terminer dans le Caucase par filière jihadistes interposées. Zivko et ses alliés décident donc de jouer sur les deux tableaux en ne faisant rien pour interrompre les livraisons d’armes mais en plaçant des traceurs discrets dans certaines armes livrées afin d’identifier leurs déplacements, ceux à qui elles sont livrées et – si besoin – de livrer l’information aux Russes pour s’attirer leurs bonnes grâces.

Du fait des prélèvements des goules camaristes dans cet arsenal, Zivko constate que certaines armes partent vers l’Europe et servent selon toutes vraisemblances à l’assassinat d’un citoyen britannique (le fils de Jan Kopecky) et à l’évasion violente d’un légendaire perceur de coffre italien (lors de la constitution de l’équipe pour le cambriolage) avant de converger vers Genève. Il décide d’enquêter lui-même sur place mais est capturé.

Constatant sa disparition, la sœur de Zivko contacte les PJ pour qu’ils le retrouvent, ceux-ci craignant qu’il soit tombé aux mains de services occidentaux et qu’il puisse révéler des informations sur l’opération qui les a collectivement enrichis.

Dans la première séance, les PJ se sont rendus à Genève, ont retrouvé l’équipe de braqueurs grâce aux traceurs contenus dans certaines de leurs armes mais découvrent que Zivko n’est pas avec eux. Comprenant que Zivko est aux mains des commanditaires de l’équipe de cambrioleurs, ils neutralisent l’équipe et décident de réaliser le cambriolage eux-mêmes (en suivant le plan planifié par la première équipe) afin de troquer le contenu du coffre tant désiré contre leur allié serbe. Une fois en possession du contenu du coffre, ils lisent bien évidemment le document qu’il contenait et apprennent l’existence de l’œil de Tchernobog. Ils réalisent un faux des dernières pages du mémoire (laissant penser que Josef et Eva ont quitté la Tchécoslovaquie pour la Roumanie et non pour la Yougoslavie) et échangent leur rapport caviardé contre leur contact, découvrant lors de l’échange que les commanditaires sont des goules camaristes qu’ils ont déjà eu à affronter. Après l’échange et après avoir échappé à leurs adversaires et à la police suisse (avertie par les goules camaristes de la présence d’un criminel serbe sur son sol), ils débriefent Zivko et apprennent qu’il a entendu ses ravisseurs parler d’un « objet pouvant rompre le lien du sang ». Les PJ comprennent alors que les goules camaristes ne travaillent pas pour leur maître mais pour leur compte et, désireux eux-mêmes de retrouver leur liberté, ils se mettent en quête de l’artefact.

Fin de la première partie.

Dans cette première partie, j’ai alterné les moments consacrés à la recherche de Zivko puis au braquage à Genève avec les moments où les PJ jouaient en 1942 les évènements décrits dans le rapport de Jan Kopecky en incarnant des pré-tirés (les quatre espions tchèques).

La seconde partie commence par un PJ en fâcheuse posture qui sent qu’une entité essaye de prendre le contrôle de son esprit. Du fait de cette tentative de manipulation mentale, il est désorienté et ne sait plus où il est ni comment il est arrivé là, je donne alors aux joueurs quelques brèves descriptions d’évènements qu’il va choisir d’explorer afin de retrouver le fil de sa pensée et pourquoi la quête de l’œil de Tchernobog a manifestement dérapé.
Les PJ ont donc joué (dans le désordre) :
- La récupération du cinquième PJ à Paris et la mise au vert de Zivko ;
- Leur départ pour Sarajevo à la recherche de Josef et Eva ;
- La quête de documents sur ce qu’ils sont devenus dans l’ancienne ferme collective yougoslave qu’ils avaient occupé (devenue entre temps une communauté jihadiste cultivant le pavot) ;
- La recherche du couple à Sydney et la découverte d’un de leur adorateur manipulant des goules locales qui rêvent (elles-aussi) de briser le lien du sang ;
- Le départ pour la ville fantôme au milieu du désert australien et l’exploration des anciennes mines où ils vont comprendre que la fin du lien du sang n’est qu’un leurre mais où le proto-Tchernobog/Eva et son acolyte Josef vont tenter de les absorber avant que les PJ ne s’en sortent en détruisant l’artefact.

Au final, j’ai un sentiment un peu mitigé sur cette double partie et, si je devais me noter moi-même, je me mettrais l’appréciation « pas mal, mais peut mieux faire ».

J’ai beaucoup aimé la première partie et si mes joueurs ont peut-être été un peu longs à se mettre en route, cela n’a pas été préjudiciable très longtemps puisque, constatant qu’ils hésitaient pas mal sur la marche à suivre, j’ai rapidement basculé vers la partie en 1942 avec les pré-tirés (la partie en 1942 a été jouée en trois fois, en alternance avec les scènes contemporaines à Genève).
Ce dispositif en alternance a bien fonctionné. Il me servait principalement à deux choses :
- Rendre bien plus dynamique la découverte des informations contenues dans le coffre puisqu’il était beaucoup plus sympa de jouer les scènes que de lire le texte une fois le coffre ouvert ;
- Créer un lien de sympathie avec Josef et Eva que les PJ devaient retrouver sous forme monstrueuse plus tard.
Le premier objectif a été atteint ; le second, nettement moins – j’y reviendrai.
Je suis moins satisfait de la seconde partie dans le désordre. C’était la troisième fois que j’utilisais ce procédé narratif et j’en avais toujours été très content. Tout c’était bien passé les deux premières fois et peut-être que cela m’avait amené à minimiser la part de chance que j’avais eu à ces deux occasions. En effet, lors de ces deux premiers scénarios non-chronologiques, si les parties de l’intrigue avaient été jouées de façon non-chronologique, leur enchainement (choisi aléatoirement par les joueurs) fonctionnait bien ainsi.
Dans cette partie, cela était moins le cas : certaines scènes importantes jouées et beaucoup plus développées par les PJ que je ne l’avais imaginé « vidaient » en quelque sorte de leur intérêt d’autres phases se déroulant chronologiquement en amont pour les PJ mais jouées ultérieurement par les joueurs, occasionnant des baisses de rythmes regrettables. Ce serait à refaire, je donnerai moins de choix de souvenirs au PJ au départ, certains souvenirs joués « ouvrant » l’accès à d’autres de façon à maintenir le caractère non-chronologique tout en m’assurant de la progression de la tension dans l’intrigue en réservant les scènes les plus marquantes pour la fin.

Autre regret : une relative déception des joueurs pour la scène finale dans la grotte. Ils avaient effectivement nourri une certaine affection pour Josef et Eva et je pensais que cela suffirait à rendre leur transformation monstrueuse plus révoltante et que la présentation de ce qu’ils étaient devenus se suffisait à elle-même. C’était une mauvaise appréciation : j’aurais dû m’assurer qu’une communication entre les PJ et les anciens espions tchèques était possible afin de créer un sentiment de malaise plus important et accroître la dimension pathétique de la situation du couple. En les présentant seulement comme monstrueux, j’ai finalement créé une sorte de distance entre l’image que mes joueurs s’était faite des deux tchèques et ce qu’ils étaient devenus et le jeu sur la fibre sensible n’a pas fonctionné.

Enfin, mes joueurs (ou en tout cas certains d’entre eux) auraient souhaité une autre fin. Ils auraient aimé un canevas moins classique que la lutte dans les grottes sombres contre des abominations mais plutôt que je les pose face à un choix moral : oui, la rupture du lien du sang est possible mais elle exige de commettre des actes abominables. Ca aurait été une bonne idée et c’est sans doute le choix que j’aurais dû faire (l’idée ne m’avait pas traversé l’esprit lors de la rédaction du scénario, sans doute parce que j’ai tendance à être réticent à faire reposer mes climax sur des choix moraux que les joueurs doivent prendre rapidement alors qu’ils ont joué 24 heures sur les 36 dernières heures et qu’il est 7 heures du matin et que j’écarte un peu trop rapidement cette option).

Du fait de ces regrets sur la seconde partie, je conserve un sentiment un peu mitigé sur ce double scénario. Je pense qu’il s’agissait d’une bonne partie mais qu’elle avait les moyens de devenir vraiment mémorable et que je suis passé à côté.

Bref, je suis un peu frustré. ::>
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
Odillon
 
Messages: 636
Enregistré le: Lun Mai 25, 2009 12:36 pm
Localisation: Lille

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Sevoth » Lun Oct 12, 2015 4:13 pm

Samedi dernier, j'ai commencé à jouer : "Les Lames du Cardinal".

Pour bien préparer la partie, j'ai lu le premier roman, et la moitié du deuxième (vachement moins bon que le premier, notamment dans la forme);et bien sûr les règles et l'univers (ça c'est pas long, avec les deux livrets de 65 pages qui te font regarder ton porte monnaie en hurlant de rire, façon Joker).

J'en profite pour dire deux choses, le mot qui caractérise le mieux, selon moi, ce jeu, c'est "brouillon".
Quand les XII singes sortent Tenebrae que je trouve terriblement court et incomplet, ils font un boulot plus que correct sur la lisibilité de l'univers et des règles, c'est frustrant d'avoir plus de questions que de réponses à la fin de la lecture et de rester largement sur sa fin en matière de contenu, mais on va dire que niveau prix, j'ai pas l'impression d'avoir dépassé le toucher rectal.
Avec les lames du cardinal, il faut reconnaître qu'on en est à deux lavements et à la limite de la descente d'organe.
Incomplet, mal relu et surtout très mal rédigé sur le plan des règles, ce jeu est d'une galère pas possible pour comprendre les règles qui ne sont pourtant pas si nombreuses.
Un conseil, allez sur le forum officiel (site sans détour), ainsi que c'est recommandé sur le GROG, parce que bordel de bordel, c'est hyper mal expliqué, à quasiment tous les niveaux (tjrs uniquement sur le pan des règles).

Ceci étant dit, j'ai de l'affection pour ce jeu, univers ambitieux, héros dans la démesure, écoles martiales, c'est bien cool.
L'idée, c'était surtout de tester ce fameux tarot qui remplace les dés.

Pour la création de personnage, c'est simple (si on ne se plonge pas dans le détail : bon courage pour comprendre les règles des contacts, et ne pas faire de connerie, dans le choix des arcanes), mais j'ai fais une erreur de débutant.
L'idée c'est de répartir 8 points de carac, choisir deux cartes d'archétype et d'y ajouter 4 pts de comp, puis enfin de proposer des arcanes aux joueurs, ainsi que de faire leurs contacts. Vous la jouez fine, ça vous prend une demie heure maxi. Mais ne faites pas ma bêtise, après 20 ans de jdr, j'ai oublié que les joueurs mâles sont par essence des débiles qui vont discuter le moindre point de règle, hurler de rire à chaque phrase, et quémander du point supplémentaire même quand on s'échine à préciser que le jeu fait d'eux des héros bien supérieur à la moyenne. Et je ne vous parle pas de l'explication de l'univers. Je comptais commencer à 19h00 en ayant tout le monde à 18h00.
22h05 : on commence.

J'ai joué à l'ancienne, c'est à dire sans scénario, je voulais juste faire trois choses :

1. Introduire les personnages dans l'univers, en essayant en fonction des BGs reçus, de travailler sur quelque chose de personnel.
2. Décrire les grosses mécaniques du jeu.
3. Les forcer à interpréter les cartes posées. C'est à mon sens, un des piliers du jeu, on ne se contente pas de poser une carte, on indique systématiquement, car chaque action est réussie par essence (elle peut être contrée ou supportée mais pas foirée, sauf tirage de carte très clairement identifiée), ce qu'on tente de faire comme action, on ne contente pas de dire je "pose un as de sang" , on dit "j'arrête la lame de mon adversaire d'un coup vif du tranchant de ma lame, l'attrape par le col et l'envoie derrière moi, dans le tas de tonneaux", voyez le truc ?

Je suis content de deux intros sur trois, la dernière était plate, à priori, je tâcherai de faire mieux. Les mécaniques rentrent pas mal, une fois le système appréhendé, ça passe à peu près, je pense qu'à la longue, c'est effectivement fluide, mais il faudra une demie douzaine de partie pour être à fond. L'interprétation des mécanismes de combat est le plus difficile, elle n'est pas systématique, mais elle enthousiasme les joueurs, alors là dessus je suis content.
Donc les lames du cardinal c'est un bon univers, mais avec un jeu carrément discutable. Je dirais presque que si vous avez pavillon noir, ça peut faire l'affaire si vous voulez pas vous enquiquiner avec les règles.
Sevoth
"J’écrisse jusqu’à devenusser criasse, larme et
pleur.
J’écrisse jusqu’à m’arrachalasser la peauterie
du corps.
J’écrisse jusqu’à tomberir dans la poussière et
devenusser poussière.
" L'effrayable.
Avatar de l’utilisateur
Sevoth
Salle de billard +1 (avec jacuzzi)
 
Messages: 944
Enregistré le: Lun Fév 16, 2009 10:09 pm
Localisation: Noisy le Sec (93). Yes, america : come get me.

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Odillon » Lun Nov 09, 2015 7:11 pm

Dans la nuit de samedi à dimanche, partie d’un petit peu moins de 12 heures de ma campagne de Goules avec trois joueurs (ceux incarnant Marius, Dwayne et Doug).

Le scénario se déroulait en octobre 2013 et je l’ai conçu en m’appuyant sur la concommitance de deux évènements réels de cette époque :
- Le « shutdown » des administrations US « non-essentielles » entre le 1er et le 16 octobre 2013 ;
- L’arrestation le 2 octobre 2013 de Ross Ulbricht, le fondateur du « e-bay du crime », Silk Road et la recherche de ses comptes en banque par les autorités fédérales US dans le mois qui suivit avec la saisie de 28,5 millions de dollars en bitcoins ;
Et en les liant avec des éléments posés dans cette partie précédente là (message du 14/02/2010 sur la page) et (dans une moindre mesure) avec l’installation en août 2013 d’un grand serveur informatique à Sealand, une micronation au large des côtes britanniques établie sur un ancien fortin maritime de la Seconde Guerre mondiale.

Lors de ma partie de 2010, les goules avaient libéré d’une prison colombienne (La Modelo de Bogota) un informaticien génial, Troy Boffin, afin qu’il permette à leurs domitors de surveiller les communications internet (dont Boffin avait réalisé l’algorithme de cryptage) des Kuei-Jins de Los Angeles en vue de conquérir la ville dans le cadre de la conquête occulte de la Californie. Boffin fut également le principal concepteur du Ghost.Net, un système informatique permettant aux vampires qui ont créé une organisation dissidente de la Camarilla après la pris de la Californie de communiquer entre eux, d’obtenir des informations et d’avoir accès aux dossiers des agences de police californienne et des opérations fédérales réalisées en Californie.
Sa libération en 2010 fut cependant obtenue contre son gré et fut traumatisante pour lui. En effet, il avait été arrêté pour sa complicité avec un cartel de drogue colombien et celui-ci le faisait protéger en prison, s’arrangeait pour le faire libérer rapidement et le tenait avec la complicité de Vanessa Mendoza, une ancienne dauphine de Miss Colombie qui lui faisait croire au grand amour mais le trompait allègrement. Pour le convaincre de s’évader, des goules infiltrées dans la prison l’obligèrent brutalement à regarder un DVD de la femme qu’il aimait couchant avec un autre homme et le convainquirent de la véracité de la vidéo en lui détaillant des particularités anatomiques de Vanessa.
Une fois libéré, Troy devint une goule, ce qui a pour effet de développer la libido et l’agressivité. Traumatisé par les images qu’il avait été obligé d’observer, l’humiliation subie et les effets du sang de vampire, Troy Boffin a lentement sombré dans la folie homicide. Il a développé une impuissance psychologique qui l’empêche d’avoir des relations sexuelles avec une personne physique alors même que sa libido était exacerbée par le sang de vampire qu’il recevait. Cela a entraîné une gynophobie pathologique et une obsession sexuelle qui l’ont conduit, dans un premier temps, à une consommation frénétique de porno trash simulant des snuff movies et, en parallèle, à harceler de jeunes femmes vivant seules qu’il espionnait et tourmentait via la prise de contrôle des objets connectés qui pullulent désormais dans les foyers. Ces exutoires malsains n’ont assouvi ses fantasmes que pendant un temps et il a voulu aller plus loin tout en continuant de redouter de se retrouver physiquement face aux objets de sa haine et de ses désirs.

Grâce à ses accès (via le Ghost.net) aux dossiers californiens du FBI et des polices locales, il a pris contact avec un gang de l’Aryan Brotherhood par mail et les a averti d’opérations de police qui étaient préparées contre eux et qui, grâce à ses conseils, ont échoué. Sous le pseudonyme du « Colonel » - un soi-disant haut responsable anonyme des services de sécurité US cherchant secrètement à rassembler une armée de réels « patriotes » - il s’est ainsi assuré une emprise sur une quinzaine de skinheads particulièrement violents et officiant dans le trafic de méthamphétamines (ce qui les met en affaire avec des gangs d’autres ethnies mais l’Aryan Brotherhood n’est pas à une contradiction près). Parmi eux, il a recruté un exécutant docile et aussi pervers que lui qu’il a envoyé torturer, violer et tuer des femmes qu’il avait précédemment harcelé ; Boffin suivant sur son écran vidéo les « exploits » de son comparse en live.

Ces crimes assouvirent ses fantasmes un temps mais son envie d’aller plus loin se manifesta à nouveau rapidement. Il se mit en tête de récupérer Vanessa Mendoza et de lui faire subir lui-même, sans intermédiaire, les sévices qu’il faisait commettre par un tiers.

Il retrouva sa trace et découvrit qu’après son évasion, elle était devenue la maîtresse de son ex-avocat (conseiller juridique du cartel qui l’employait et frère de sénateur colombien par ailleurs) qui l’entretient à Bogota et la protège.

Par l’intermédiaire de contacts mexicains de ses sbires de l’Aryan Brotherhood, il entra en contact avec les membres de ParSeg (pour Parabellum Seguridad), une société militaire privée mexicaine officielle qui est officieusement un groupe criminel paramilitaire mexicain officiant pour des cartels et tout à fait capable d’aller chercher Vanessa Mendoza en Colombie. Toutefois, exfiltrer et ramener aux États-Unis la maîtresse d’un avocat colombien lié à un cartel et frère d’un sénateur n’est pas exactement une tâche aisée et le « devis » de ParSeg pour réaliser ce coup était particulièrement salé : 2 millions de dollars. Une somme dont Troy ne disposait pas mais qu’il se mit à chercher.

La chance lui sourit quand il apprit que le FBI s’apprêtait à arrêter à San Francisco, Ross Ulbricht, un informaticien et créateur du « e-bay du crime » : Silk Road. Cette opération était menée conjointement par le FBI et le Financial Crimes Enforcement Network (FCEN), une agence du département du Trésor US en charge de l’étude des transactions financières criminelles et de retrouver et saisir les comptes des criminels. Cette opération était une magnifique opportunité pour Boffin car :
- Grâce à ses connexions informatiques illégales, il pouvait suivre en temps réel les recherches du FBI et du FCEN ;
- Ullbricht avait un sacré magot en bitcoins planqué sur des comptes électroniques ;
- La recherche des comptes était exclusivement dévolue à une équipe du FCEN dont les effectifs étaient extrêmement réduits du fait du shutdown gouvernemental (90% des employés du FCEN ont été placés en congés sans solde pendant le shutdown).
Il lui suffisait donc de s’appuyer sur les recherches du FCEN en temps réel puis de les doubler juste avant que l’agence n’arrive à saisir quelques comptes. Ce plan se heurtait toutefois a deux écueils :
- L’efficacité de l’équipe du FCEN (même réduite à deux membres) ;
- La peur que son piratage soit tracé une fois un compte hacké et vidé.
Pour régler le premier problème, il décide de traumatiser l’équipe du FCEN afin de réduire grandement son efficacité : il envoie son tueur attitré massacrer (comme il en a l’habitude) la femme d’un des membres de l’équipe du FCEN. Il obtient ce qu’il veut : un type traumatisé et incapable de travailler et sa collègue sous le choc et beaucoup moins efficace (et pas de remplaçant parce que, du fait du shutdown la FCEN n’a pas les moyens de les payer).
Pour le second souci, il décide d’opérer une partie de ses opérations depuis un relais internet situé à l’étranger, échappant à toute juridiction et virtuellement intraçable : la principauté de Sealand et plus exactement le grand terminal internet qui y a été installé à l’été 2013.

Il envoie donc à Sealand une équipe de l’Aryan Brotherhood pour prendre le contrôle de la « principauté », garder les rares occupants habituels en otage, les obliger à agir normalement pour ne pas attirer l’attention du monde extérieur (tant qu’ils en ont besoin) et réaliser les connexions dont il a besoin avant de supprimer les traces en suivant ses instructions et de faire le ménage parmi les témoins.

Image
Sealand

Le plan se déroule comme prévu mais un grain de sable vient gripper la belle mécanique : Troy Boffin apprend qu’un informaticien goule de Trinidad et Tobago (territoire contrôlés par des vampires associés à ses maîtres californiens) qui travaille à l’informatisation des principales administrations de ce pays doit venir à Los Angeles pour être formé au Ghost.Net et à la façon de connecter ce système aux programmes de l’État trinidéen.
Troy ne peut s’opposer à cette requête mais il ne peut se permettre qu’un informaticien vienne fourrer son nez dans ses programmes actuellement vu ce à quoi il les utilise. Il n’a plus non plus les effectifs pour éliminer l’importun et cela entraînerait une enquête des vampires dont il ne veut pas. Il décide donc d’obliger l’informaticien à rester là bas en lançant une attaque virale massive sur les systèmes informatiques tout neuf des administrations trinidéennes afin d’obliger à gérer le problème dans l’archipel. Faute de mieux, il décide également d’utiliser Sealand pour lancer son attaque pour éviter qu’elle soit tracée.

Son plan fonctionne et bloque l’informaticien à Trinidad mais, profitant d’une manœuvre qu’il doit faire pour le compte de ses geôliers, l’administrateur informatique de Sealand pris en otage parvient à insérer un appel au secours dans un mail porteur du virus envoyé contre Trinidad. L’informaticien trinidéen va découvrir ce message et les maîtres vampiriques de mes 3 PJ les envoient au Royaume-Uni puis à Sealand pour découvrir qui utilise Sealand pour attaquer Trinidad. C’est sur ce point que la partie commence pour les PJ.

Les PJ vont prendre d’assaut Sealand, éliminer les membres de l’Aryan Brotherhood présents (ce qui leur fera dire qu’à eux trois, ils ont libéré une nation entière du joug du nazisme… <888 ) puis partir en Californie pour enquêter sur l’Aryan Brotherhood et le mystérieux « Colonel » qui la dirige. Pour mener leur enquête, ils utilisent le Ghost.Net, alertant Boffin qui va les espionner via les outils informatiques à sa disposition et les multiples caméras de sécurité de Los Angeles, surveillance que les PJ sentiront sans en identifier la source, créant une ambiance bien paranoïaque. Ils vont, malgré cette surveillance (et parfois à cause de celle-ci) comprendre qui est leur adversaire et quels sont ses buts (non sans avoir d’abord pensé être opposés à une « entité magico-technologique nazie »… si ! si !).

Cherchant des preuves pour incriminer Boffin, ils le localisent dans l’endroit où il a commencé à torturer Vanessa Mendoza et se décide à intervenir en tuant un jeune Assamite qui lui sert de garde du corps (leur premier vampire au tableau de chasse) et en exécutant Boffin qui menace d’égorger Vanessa Mendoza. Manquant de preuves et du fait qu’ils ont tué un vampire, ils décident de masquer cette exécution et leur implication dans cette histoire à tous à l’exception de leur domitor.

J’ai vachement aimé cette partie.
Elle a alterné les phases d’action (la prise de Sealand, une course poursuite en voiture avec les éléments automatisés de la ville utilisés contre le véhicule des PJ par Boffin, le combat contre l’Assamite, etc.) et les phases de réflexion teintées de paranoïa.
Je crois que mes joueurs ont apprécié également.
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
Odillon
 
Messages: 636
Enregistré le: Lun Mai 25, 2009 12:36 pm
Localisation: Lille

Re: Parties d'Hiver

Messagepar StephLong » Mar Nov 10, 2015 8:05 am

:O_O Toujours aussi impressionnant de richesse !
Avatar de l’utilisateur
StephLong
Magnifico Pepeto
 
Messages: 4920
Enregistré le: Jeu Mar 01, 2007 4:12 pm
Localisation: Dunwich isarien

Re: Parties d'Hiver

Messagepar Rom1 » Mar Nov 10, 2015 11:25 am

Perso, je serais prêt à payer pour être à ta table.
"Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est un plaisir de fin gourmet."
- Georges Courteline

Mon blog
Avatar de l’utilisateur
Rom1
Black Torpedo
 
Messages: 10263
Enregistré le: Lun Fév 26, 2007 7:55 pm
Localisation: Reims

PrécédenteSuivante

Retourner vers Parlons JDR

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 3 invités

cron