Des notes à la mise à disposition.

Il y a des gens en ville qui aiment les jeux de rôles. Venez les retrouver pour en discuter.

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Des notes à la mise à disposition.

Messagepar Julien H » Jeu Juil 28, 2011 11:34 am

Un petit sujet du week-end.

En cherchant une citation de Diderot, je suis tombé sur un skyblog. Oui, vous allez me dire que c'est du flan et que je lis les skyblogs. Oui et non. Non, je ne les cherche pas spécifiquement mais oui car quand je tombe dessus, j'ai cette curiosité qui me pousse à les lire.

http://after-eternity.skyrock.com/22282 ... rnity.html

Ce qui m'a fait réfléchir, ce n'est pas les deux articles de fan fiction mais les 140 commentaires du premier article.
Il y a des pages et des pages de commentaires qui inventent le lecteur à se rendre sur un blog pour découvrir un prologue de 5 lignes. La plupart de ces blogs ont été abandonnés après un ou deux articles.

Pourtant, en le créant, la personne se sentait bien motivée.

Ce sont pour la plupart, je pense, des adolescentes de collège.

On peut se moquer un peu.

Haha, les teenagers, sacrées feignasses qui se démotivent plus vite qu'un chaton.

Voila. C'est fait.

A présent. Et je pose la question à tous. Ne sommes nous pas un peu des adolescentes bloggeuses ?

J'ai fait le parallèle entre ces blogs et nos sujets. On y lit souvent des amorces de campagne qui ne se concrétisent jamais, qui ne vont jamais plus loin que quelques lignes, jetées là, orphelines. Aussitôt oubliées après avoir pourtant provoqué le kiki tout dur ou l'enthousiasme le plus total...

J'ai longtemps été comme ça, à m'imaginer des campagnes, à poster mes intentions.

Mais après, il faut affronter la page blanche. Souvent, c'est simple, il suffit de poser quelques lignes. Mais ensuite, quand on doit vraiment s'y mettre, lâcher la phase de recherche et de rêverie pour attaquer le texte, tout l'esprit tente de résister, par flemme, peur, manque de motivation...
C'est comme un boulot de recherche universitaire. La phase de recherche, si tout se passe bien, elle est supra cool. On papillonne, on récupère des docs, on entasse, on survole, on se dit "chouette, je vais parler de tel truc", on se balade dans le sujet en projetant ce qu'on compte faire. C'est confortable.

Et après, vient la phase de rédaction, on doit élaborer son plan, écrire, effacer, réécrire, aller chercher dans les sources des trucs précis qui nous forcent à nous taper l'intégralité ou presque des bouquins entassés...

Et là, souvent, j'ai pu voir mes camarades de promo abandonner. Comme j'ai vu beaucoup de rôlistes lâcher leur idée de campagne. Comme moi même j'ai lâché des projets persos.

A cause de quoi, en fait ? Je nous pose à tous la question.

Si quelques uns seraient tentés de me voir en poseur de leçon, en auteur qui a réussi à écrire des choses et qui vient demander pourquoi d'autres n'y arrivent pas, je leur réponds tout de go, ce n'est absolument pas ça. Pas du tout.
J'en veux pour preuve que j'ai plein d'idées et de projets et qu'au moment de les concrétiser, comme tous ceux que j'évoque, je mets souvent du temps à démarrer et j'en abandonne aussi pas mal. La seule différence avec avant, c'est que je me décide à mener certains de ces projets jusqu'au bout et qu'à présent, je pense arriver à me réfréner et à ne m'intéresser qu'aux projets que je veux voir mener à terme. Mais combien de fois me suis-je dit que j'allais me constituer une petite bibliothèque de scénars d'avance sans jamais écrire une queue de ligne !

Bref, vaste sujet qu'on pourrait résumer par la question suivante:

- qu'est-ce qui fait qu'on a tout plein d'idées, qu'on est prêt à se consacrer exclusivement à un jeu pour une campagne dont on imagine déjà les scènes et qu'au final, quelques jours/heures après, c'est comme cette inflammation mentale n'avait jamais existé ?

Et la question corollaire:

- qu'est-ce qui fait que c'est super dur de passer de la recherche et rêverie (genre: je ferais bien une campagne de tel jeu avec tel système et là, il y aurait tel méchant et après il y aurait peut-être de ci ou de ça) à l'écriture proprement dite et à la finalisation du travail dans le but de le mettre à dispo (de manière pro, amateur, gratos, payante ou même simplement à dispo de son propre groupe de jeu en faisant jouer son boulot) ?

A vos claviers, tas de feignasses procrastinatrices !
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Messagepar Le Passeur » Jeu Juil 28, 2011 11:51 am

Probablement quand on réalise deux choses:

- La masse de travail que l'on a mal calculée à la base, sans deadline, sans obligation de résultats à une date T.
Fais un truc du genre "Je vous invite tous, le 15/x de l'an de grâce 2012 à commencer MA super campagne qui est le chef d’œuvre de ma vie", tu vas voir que la pression, elle vient toute seule, si tu as galvanisé suffisamment tes troupes.

- La frustration d'avoir énormément de bonnes idées éparses sans arriver à les enchaîner de manière pas trop lourdingues, sans rechigner sur ces "entre-deux" dont on a pas vraiment idées et sans savoir à l'avance les digressions que vont imposer tes joueurs parce qu'ils n'auront pas la même optique que toi. Affronter le risque d'être déçu et la frustration est un facteur démotivant.

- La déception du premier jet. On relit le truc et finalement bof, c'était pas si génial que ça. L'auto-dénigrement est souvent intimement lié à son manque de recul par rapport à la qualité exigée (ma campagne va être trop trop bien...Elle ne peut pas avoir de temps morts...et...nan mais là c'est pourri, on y croit pas...Ca doit être parfait...Ho pis merde..je verrais ça demain). Pour éviter ça, l'oeil extérieur est primordial je pense (mais ça veut dire un joueur potentiel en moins...)

Ce sont les trois premières choses qui me viennent à l'esprit : manque d'organisation temporelle, manque d'articulation entre toutes les idées et imprévus inhérent au loisir, idéalisation du projet, qui mène fatalement à une déception.
Je sais que sans deadline, j'écris rien jusqu'au bout et que sans regard extérieur, je n'avance pas. Le second point me touche rarement, je me sers souvent de l'imprévu pour les moments de blancs où je sèche...
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Messagepar Seagull » Jeu Juil 28, 2011 12:29 pm

Je ne pense pas que rédiger quelque chose qui s'apparente à un jeu ou un supplément, même si c'est pour le mettre à dispo gratuitement sur internet (comme Revolucion, qui sans être pro est quand même un produit fini) ou se lancer dans une campagne avec des potes soit la même chose et donc pose les mêmes problèmes.

Dans le premier cas, par expérience je dirai que sans motivation externe (un magazine, des collaborateurs, un éditeur, ou simplement un petit "milieu" de créatifs du jdr à qui on a envie de montrer ce qu'on sait faire) c'est tout simplement pas la peine d'y penser. La phase de rédaction comporte trop d'aridité, elle ne supporte pas la concurrence avec la phase de rêverie : il sera donc beaucoup plus agréable de rêver à un autre projet que de finaliser dans la douleur ce qu'on a imaginé.

En ce qui concerne les campagnes à lancer, le problème est plus matériel : difficulté à trouver des soirées libres qui coïncident, problèmes de recrutement, etc. Mais le boulot derrière une campagne jouée me semble plus facile à assumer dans le sens où il s'apparente plus à la "rêverie" à laquelle tu faisais référence.


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Messagepar Rom1 » Jeu Juil 28, 2011 12:45 pm

Oh purée, on a retrouvé Seagull ! :8o

Pétez-y les genoux !

Pour répondre au sujet :

Un écrivain disait : "J'aime avoir écrit, mais pas écrire." (à vous de retrouver qui, moi je me souviens pas)

Je ressens parfois ça moi-même : j'adore voir que j'ai produit pas mal de textes (autant ce qui est pro' que mes scénarios mis à dispo en PDF ou mes vieux écrits amateurs) mais il arrive que me mettre à mon écritoire soit très dur voire pénible. Bon en général, ça s'estompe dès que j'ai noirci quelques lignes mais se poser devant le PC, ouvrir son traitement de texte et jeter les premiers mots est presque toujours une petite souffrance.
Alors même que je m'estime assez bon pisse-copie (bon pas dans le sens qualitatif, plus dans le sens que je sais réussir à pondre du signe aisément quand j'ai l'idée - rare est le syndrome de la page blanche chez moi du moment que je sais à peu près ce que je dois écrire).

Après, j'ai aussi plein de projets devant lesquels je rechigne. Notamment une paire de trames de roman qui m'intimident (mais bon, y en a un qui m'a été commandé par un éditeur et j'ai même déjà signé le contrat, donc va falloir rassembler mon courage !) ou des appels à texte pour des anthologies, et pour lesquels j'ai vraiment du mal à trouver l'idée de départ.
Mais j'ose espérer que la motivation, dopée par la perspective d'être lu & apprécié, sera tjs plus forte que la procrastination. Y a une part de narcissisme là dedans, forcément - sans que ce soit forcément péjoratif.
Modifié en dernier par Rom1 le Jeu Juil 28, 2011 12:56 pm, modifié 1 fois.
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Messagepar Muad'Dib » Jeu Juil 28, 2011 12:55 pm

Dans ma vie à moi que j'ai, j'ai voulu plusieurs fois écrire un univers+système parce que j'avais une ou plusieurs idées. Au bout du compte, rien n'est sorti sur le net. Pourtant, il y a de la matière.

Je pense que pour moi, l'abandon tient en quelques points:

- Une autre idée qui me stimule plus. Génération zapping ou que sais-je, il n'empêche que c'est arrivé plusieurs fois.

- La conscience que mon idée, je l'adore, mais que mes joueurs ne vont pas suivre. Bref, c'est mon trip mais je ne vais pas spécialement pouvoir le tester et encore moins l'éprouver sur la longueur.

- Une vraie difficulté à arrêter de changer les choses. J'ai tendance à penser que là, c'est un problème de méthode chez moi. J'ai un peu du mal à ne pas reprendre tout à zéro parce qu'il y a un problème.

- L'envie de mélanger tout ce que j'aime. Taper l'approche Burning Wheel, avec un poil de BoL ou de Métal, en passant par les Aspects à la Fate, etc. Au bout du compte, le mélange ne prend pas nécessairement et, frustré, je mets de côté. Je suis convaincu que le système doit soutenir ce que l'on veut faire jouer mais j'ai du mal à fixer ce que je veux faire jouer sans y ajouter des trucs annexes.

- Clairement, le fait de proposer quelque chose au MONDE ou simplement à ses potes fait une grande différence pour moi. J'ai, par exemple, bien joué des campagnes que je comptais diffuser publiquement mais qui ne l'ont finalement pas été. Pourtant, il y a bien eu un système de jeu utilisé et une campagne jouée. C'est un peu ça aussi la difficulté. Une fois que c'est dans la tête et que tout roule, le poser sur papier pour la postérité perd de son intérêt. Le plaisir, je l'ai eu en jouant. Ecrire pour être lu, relire, diffuser, se confronter à la critique ou à l'absence de critique, c'est autre chose.

- L'impression que ce que je propose n'est finalement que la Xème version d'un seigneur des anneaux un peu fade. Bref, que l'investissement n'a pas beaucoup de sens. Ca roule pour mes potes mais au delà...
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Messagepar guillaume » Jeu Juil 28, 2011 1:24 pm

pour moi il y a quelques parameètres importants et bloqueurs :

- la critique exacerbée de son propre travail. Ca ne m'est jamais arrivé d'etre satisfait de quelque chose que j'écris, et je pense que c'est le cas de tout le monde. On fait un premier jet. On efface, on reformule, on complète. Et à la relecture ce n'est toujours pas ça, que cela soit au niveau de la forme mais aussi du fond. A un moment, il faut SE dire stop. Ou faire lire par une personne extérieure.

- des idées, c'est bien, mais c'est souvent difficile d'y appliquer discipline et méthode. Là je pense que ça s'apprend et pas forcément seul. Et c'est surement ennuyeux. Enfin, je dis ça, mais je n'ai aucune méthode. D'où le syndrome de la blogeuse.

- l'absence de deadline et de pression extérieure. Bon ça rejoint un peu les deux premiers points et ça y met un terme avec des obligations. Se fixer une deadline, il faut etre ultra discipliné. Se faire fixer une deadline peut etre utile. Je sais que j'ai beaucoup mieux et plus écrit quand on me demandait de rendre des articles avant publication. Ca libère. Mais ça fout cependant grave la pression. Depuis que je gere mes deadline, c'est n'importe quoi.

- le temps de disponible. Ecrire (blog, document perso...) ca a l'air facile, ca fait meme du bien. Mais ça prend du temps et un temps qu'on mesestime au départ. A condition d'avoir un peu d'amour propre et ne pas vouloir balancer des tweet en guise d'article, ca ne se fait pas tout seul et ça bouffe du temps libre. Ca peut etre vite décourageant car ça peut s'apparenter à une désilusion.

En additionnant multiples corrections, mécontentement, mauvaise organisation des idées et qu'on compare au facteur temps, ça peut mettre un coup à l'égo. Certains ont plus de facilités que d'autres pour cet exercice, mais apprendre à écrire c'est du travail. Ca ne vient pas d'un coup par magie. Et comme tout travail, c'est quelque part contraignant. Est t'on pret, dans le cadre d'un loisir (ou passion) à subir des contraintes ?

Et encore, on a un sacré avantage en jdr. Comme c'est un loisir de l'imaginaire, nos idées non concrétisées par écrit, elles peuvent encore servir à la volée pendant le jeu.
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Messagepar Le Passeur » Jeu Juil 28, 2011 2:46 pm

Je persiste à croire que l'excuse du "prendre du temps libre" est une illusion pour s'autoexcuser de la procrastination.
On a toujours, dans l'absolu, du temps, on a moins souvent l'organisation et la discipline. Je ne parle pas dans le vide, j'ai eu plusieurs gros projets à la suite (actuellement je finis une traduction de trente volumes d'une adaptation d'Au Bord de l'Eau en BD) et on se trouve forcément du temps libre. Il suffit de s'organiser et de trier ses priorités.
Ca demande vachement de remise en question et d'opiniatreté (dieu sait que je n'en ai pas), ainsi qu'un classement drastique, sans compter qu'on ne peut pas être "opé" tout le temps.
Ceci dit, en respectant le "nulla dies sine linea" de Zola, ça passe. Même en petite quantité, on s'en fout, c'est l'acte régulier qui compte comme le sport...

Cela ne veut jamais dire "abandonner un projet", mais finir l'un avant de commencer l'autre: sinon, c'est la mort assurée, sans compter que l'acte de finir redonne beaucoup de confiance.
A contrario, l'inachevé permet de ne pas se confronter, à l'échec, la déception et la remise en cause de ses propres faiblesses. Il entretient une sorte de cycle pervers qui paralyse beaucoup les progrès et entame sérieusement la confiance.
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Messagepar James Foley » Jeu Juil 28, 2011 8:20 pm

D'abord, je ne remercierais jamais assez Mr Wyatt d'avoir poser fait la remarque et poser la question. Pour tout dire, si je l'avais en face de moi, je le remercierai chaleureusement avec moult poignées de mains...

Dans les fait, je subis actuellement cette état d'esprit. Je suis dans ce mouvement bizarre qui fait naitre des projets de campagnes qui deviennent rapidement orpheline, et ou je m'enflamme pour un projets, une idée, que je note et qui aboutit a un oubli spontané dans un dossier Word.

L'état dans lequel on se trouve est un mélange de fatigue, d'harassement, de sentiment d'impuissance a poser clairement ce qu'on veut faire avec tel jeu, ou écrire tel ligne clairement. Je me met des barrière gigantesque pour certains trucs (vouloir écrire un scénario avec deux éléments diamétralement opposés et bosser sur l'intrigue quand on devrait poser l'histoire), ou bien je me trompe d'objectifs.

Parce qu'écrivant une campagne pour Hellywood, j'avais dans l'idée de la proposer aux gars qui aime ce jeu. J'ai récupéré beaucoup d'attentes et de réponses de la part des gars du forum. Mais aujourd'hui, si je m'étais trompé ? Quand je vois le travail abattu sur une aide de jeu qui aura nécessiter un décantage, et un déclic d'un des co-auteurs, je me dis que je me suis trompé d'objectif: je veux écrire cette campagne, mais je veux l'écrire pour mes joueurs.

Je ne peux pas juger de la qualité de mon travail, aucun auteur digne de ce nom ne peut se dire que son travail est bon (évidemment avec des exceptions), mais ce n'est pas dans sa nature, puisqu'il trouvera toujours a redire a chaque fois sur toute son œuvre.

Pourquoi a-t-on des idées passagère, des inspirations fugaces et qu'elle ne se concrétiseront pas ? Chacun peut trouver la raison, en réfléchissant un peu. Moi c'est la motivation et l'envie de tout (trop?) dire. On l'abandonne pour d'autres projets, parce qu'on sait que ce n'est pas réalisable ou bien qu'on a peur de le coucher sur papier. Mais je ne dirais pas que sa démotive, au contraire sa peut motiver (et également mettre une pression définitivement trop forte...)

Pourquoi on arrive pas a passer le Rubicon de la création, du chantier ?
Je pense que c'est une question de motivation de recherche et surtout de maturation. C'est ce qui m'est arrivé pour la création de l'aide de jeu, et c'est ce qui m'est arrivé pour d'autres trucs encore...

Par contre, une parenthèse personnel: j'ai bloqué pendant des mois sur l'écriture de scénarios. Angoisse de la page blanche, rien n'était assez bon pour mon jugement... Sa a été une traversé du désert affreuse et longue. Et puis en préparant un scénario pour BoL, sa a été beaucoup plus simple, surtout avec comme letimotiv: "l'histoire d'abord, l'histoire en premier". L'écriture n'a jamais été un exercice facile et seul les grands auteurs a la plume aiguisée peuvent prétendre ne pas enfanter un projet, une histoire sans la douleur. Mais après tout un projet c'est comme un enfant, c'est notre œuvre et ont doit l'aimer pour ça.

(Voilà et désolé de parler de moi comme ça s://(( -->://((s://(( --> )
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Messagepar Coraline » Jeu Juil 28, 2011 10:24 pm

Tiens, je n'avais pas vu jusqu'ici ce nouveau fil, honte sur moi.

Ce que je vais proposer comme réponse a finalement été dit plus ou moins par les autres avant moi, mais comme c'est que plus ou moins je vais prendre la peine d'écrire mes propres mots et mes propres pensées, liées à ma propre expérience mais aussi de ce que j'ai pu constater d'autres créateurs autour de moi (y compris musicaux, le processus de création souffre des mêmes traumatismes quelques en soient les domaines) et de ce que j'ai pu en étudier pendant mon parcours universitaire de lettres (non je ne me la pète pas, je pose juste le truc, je voudrais pas qu'on croit que je parle d'un truc que je ne connais pas, bref, je pose "l'éthos"). Cela dit, je suis tout à fait d'accord avec la dernière intervention du Passeur concernant le fait de trouver le temps, que je ne reprendrai pas, donc, au pire relisez son post, il est très bien.

Pour moi, il y a deux clés pour réussir à finir un texte :

- D'abord, la volonté
, la persévérance, l'orgueil de se dire "je vais y arriver bande de punaises" ou tout ce que vous voudrez qui ressemble à ça. Écrire, que ce soit pour soi, pour un petit nombre d'autres ou pour se faire éditer, c'est un acte difficile, d'autres personnes l'ont déjà dit. Mais c'est aussi un métier, ou tout au moins un travail, c'est du temps, de la volonté, de l'exercice. Si vous croyez qu'on devient auteur en posant trois mots tous les trois mois vous vous fourrez le doigt dans l’œil jusqu'à l'omoplate. Et pour pouvoir se poser tous les jours devant son écran, c'est une question de volonté. Et la volonté, c'est comme le style, ça se forge au quotidien.

Alors certes vous me direz que vous ne voulez pas être auteur, pour un certain nombre d'entre vous. Mais finalement quand vous montez un projet comme une campagne ou un jeu, vous l'êtes. Admettez-le et comme dirait Rom1 sortez vous les doigts du cul. Et vous verrez que vous finirez vos campagnes ^^

- L'autre point est, à mon avis, l'organisation. Avoir une idée, c'est bien. Tout le monde en a, c'est formidable. Mais l'idée pure ne suffit pas. Une idée c'est volatile, un coup de pensée la fait s'évaporer dans l'air fumeux de l'oubli. Une idée, ça se travaille. C'est la regarder sous tous les sens, l'étirer, la gonfler, lui donner une consistance, c'est lui poser des questions et trouver ses réponses. Non : c'est savoir poser les bonnes questions, et trouver nos propres réponses. Se dire "ah ouais je vais créer une histoire avec des mini-zombies où il faudra trucider Arthur" c'est rien ça. C'est la part la plus facile. Ce n'est pas abandonner un projet que d'abandonner une idée, c'est juste tirer la chasse d'eau des toilettes.

Un projet c'est des prises de notes, des réflexions, si possible des discussions, c'est de l'astreinte et de la passion. Vous voyez bien qu'on est très loin d'une simple idée ! Mais comment passer de l'idée au projet, du projet à la réalisation ? C'est là qu'apparait l'organisation : celle de la pensée d'abord, celle du temps ensuite. Mais cette organisation, bien sûr, ne sert à rien sans la volonté (et hop, admirez la boucle ^^).

Voilà, il y a sans doute d'autres paramètres à prendre en compte mais c'est, de ce que j'ai pu en voir, la base.

Après oui il faut considérer la modestie (apprendre à se relire c'est accepter que son style n'est pas parfait, qu'à part Balzac de toutes façons personne n'arrive à faire un truc vraiment bien en premier jet), la remise en question sans découragement, puis le dépassement de la modestie, l'acceptation des critiques... Tous ces processus psychologiques qui vous barrent la route et vous tend le banc facile du découragement, vous y posez vos fesses et finissez par y vivre... Face à tout ça, une seule option en premier lieu : le tank de la volonté. Le reste vient ensuite, par obligation (à moins de vouloir devenir auteur médiocre et prétentieux, ce qui est quand même la loose totale).

Voilà, si vous m'avez trouvée agressive je suis désolée, je suis juste en mode "ma sœur me fout les boules" du coup je suis vachement pas diplomate. Mais le cœur y est, et en vrai ce sont des encouragements du genre "allez fonce mon gros tank", ne le prenez pas mal ^^
Modifié en dernier par Coraline le Ven Juil 29, 2011 8:47 am, modifié 5 fois.
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Messagepar Le Passeur » Jeu Juil 28, 2011 11:33 pm

Coraline a écrit:apprendre à se relire c'est accepter que son style n'est pas parfait, qu'à part Balzac de toutes façons personne n'arrive à faire un truc vraiment bien en premier jet)


Vingt-cinq tasses de café par jour ou un truc comme ça (il l'écrit dans son traité sur le café)....Il faut avoir le foie solide pour écrire la Comédie Humaine...

genre "allez fonce mon gros tank", ne le prenez pas mal ^^


Je vous en prie mademoiselle, nous ne nous connaissons presque pas et je tiens à rester modeste...
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Messagepar Coraline » Jeu Juil 28, 2011 11:35 pm

Première remarque : d'ailleurs, c'est ce qui l'a tué...

Seconde remarque : j'étais sûr que quelqu'un allait réagir, je me demandais juste qui oserait :p
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Messagepar Tristesir » Ven Juil 29, 2011 8:41 am

Bonjour,

C'est ici la thérapie de groupe pour les « procrastinateurs anonymes » ?

Tout d'abord merci d'aborder le sujet, je me sens moins seul. Je suis donc moi aussi un gros procrastinateur, c'est même devenu un sujet de plaisanterie dans mon groupe de roliste.
« bientôt 2025 tu vas devoir nous faire un jeu ». « Quand est-ce que l'on continue ton début de super campagne commencé il y a 3 ans ? » ect... C'est pas méchant et je le cherche bien, mais ça fait quand même grave chier...

Je ne peux m’empêcher de faire l'analogie avec « Changeling : the dreaming ». Ou les petites fées sont en pannent d'inspiration (glamour) face au monde humain (la banalité).
Quand on est gamin l'imagination marche à plein tube, jeune adulte ce fut l'age d'or du JdR pour moi, mais depuis je ne suis qu'un vieux machin cynique et aigris, la machine est en panne.
Bref pour moi la première cause du phénomène vient du monde dans lequel on vit, il n'est pas inspirant et n'aide pas au processus de création. Métro, boulot, dodo et l'économie à la TV, me coupent tout.
Regarder sa concierge en robe de chambre avec des bigoudis et la clope au bec, c'est définitivement pas bandant.

Un facteur aggravant est le PC. Mes bonnes idées ne me viennent jamais devant mon ordinateur, jamais.
Parfois je me dis « chouette j'ai 4 pleines heures devant moi, je vais avancer comme un fou» j'allume le PC et là.... tient, une mise à jour de windows, un mail de machin je réponds « vite fait », faut que j'aille vérifier ça sur wikipédia, c'est quoi les nouvelles du jour sur Antonio Bay, le téléphone sonne ? Ect... et les 4 heures ont fondues comme neige au soleil, le bilan est nul. Et pourtant le passage à l'informatique est quasiment « obligatoire ».

Il existe un cercle vertueux, satisfaction-motivation-inspiration. Si on est satisfait de ce que l'on a fait, on est motivé pour continuer et l'inspiration va venir.
J'ai de plus en plus de mal a être satisfait. Tout me fait l'impression de non finit, de rebouillit, j'ai la même impression que lorsque je vais voir un remake de remake au cinéma.

Pour ce qui est du temps, je suis d’accord avec le Passeur. En tant qu'enseignant je suis en vacances en ce moment même et j'ai pas mal de temps et bien c'est toujours l'été que j'avance le moins sur mes projets rolistiques. Par contre les périodes d'exams et la rentrée sont toujours des périodes speed et c'est dans ces moments que je suis le plus efficace. J'y vois une certaine relation avec le cercle vertueux satisfaction-motivation-inspiration. Je suis satisfait professionnellement, donc ça me motive rolistiquement et l'inspiration vient. Ca marche aussi après avoir fait une grosse corvée genre tondre la pelouse ou des conneries du genre, être satisfait du travail accomplit et salvateur pour la création. Il faut un équilibre entre les activités (sport, JdR, boulot, corvée ect...), se consacrer à 100% à un projet au détriment de tout autre chose est castrateur.

Sortir de sa bulle fait aussi beaucoup de bien, avoir son groupe de joueurs, son style musical, ne lire que de l'heroic-fantasy, mjiter qu'un seul jeu, tout ceci finit par nous faire tourner en rond. Il faut parfois se faire violence pour découvrir autre chose. En ce moment je « découvre » le space opera, un style qui était rédhibitoire pour moi il y a quelques années. Et qui sait peut qu'un jour je jouerais à D&D sans apriori ;)
Débarquer dans une assoc de JdR et découvrir c'est rafraichissant.

Et surtout, surtout.... jamais, il ne faut JAMAIS s'inscrire sur un MMORPG, c'est le mal absolut, Dark vador, Sauron et Voledemort réunit dans une même incarnation. Jamais !!!
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Messagepar Le Grümph » Ven Juil 29, 2011 8:58 am

Perso, j'ai pas de souci pour "aller au bout". J'ai juste un souci de temps parce que je veux aller au bout de trop de trucs à la fois. Donc je décale, continuellement, y compris pour faire de la place à des projets surprises qui n'ont rien à faire là mais qui frappent à la porte avec insistance. Mais en faisant le bilan de ces dernières années, même les gros projets très très en retard avancent tout le temps et rien que cette année, j'ai bouclé plusieurs trucs importants en terme d'utilisation et de taille. Même des viiiieeeeeuuuuuuxxxx projets de plus d'une douzaine d'années ont fini par sortir. Et d'autres vvvviiiieeeeeuuuuuxxx projets pas encore aboutis ont droit à quelques jours d'attention chaque année, au cas où ça veuille démarrer pour de bon...
Après, je prends parfois des notes sur des bouts d'idées. Mais c'est toujours recyclé dans des projets plus gros ou plus vastes qui ont besoin de terreau.
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Messagepar Jorune » Ven Juil 29, 2011 9:17 am

Ouaip mais pour t'avoir vu fonctionner, LG, t'es vraiment une exception!

Une machine! Franchement, c'est très impressionnant de te voir noircir des pages et des pages sur ta tablette. Je n'ai jamais vu quelqu'un écrire autant et aussi vite! Je pense que tu as du vendre ton âme au diable ou un truc dans le genre. Oldtréé est un excellent exemple! Tu as rédigé ex nihilo une centaine de pages de texte brut en quoi? Un mois?

Pour être constructif, je pense que Coraline nous a fait un excellent résumé. La volonté (y compris de combattre sa propre flegme) et l'organisation.

Et l'Ennemi est sans doute dans le MMOrpg mais personnellement, j'ai commencé à vraiment avancé dans ce que je faisais quand j'ai arrêté les jeux vidéo. La satisfaction facile et immédiate que tu as en allumant ta Xbox est très difficile à combattre. Celle du jdr, de l'écriture ou de l'écriture de Jdr, est bien plus ardue, délicate,sur le long terme...
La tentation de tout "remettre à plus tard" et de se faire "juste une petite partie" est l'incarnation du Mal.
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Messagepar Seagull » Ven Juil 29, 2011 10:34 am

Pour paraphraser Tristan Lhomme : écrire, c'est un métier.

L'inspiration, le style, c'est autre chose : ça fera que ce texte contiendra des bonnes idées ou aura une qualité esthétique. Mais au fond, ce n'est pas ce dont il s'agit ici.


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