Faites entrer l'accusé

Il y a des gens en ville qui aiment les jeux de rôles. Venez les retrouver pour en discuter.

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Faites entrer l'accusé

Messagepar Odillon » Ven Fév 10, 2012 11:51 am

Il y a quelques mois, j'avais fait jouer un scénario de mon cru dans le cadre d'une partie de goule, spin off de ma campagne Vampire : LM, qui se basait sur la recherche d'un trésor (fictif) caché par Murtaza Bhutto, frère de l'ancienne première ministre du Pakistan Benazir Bhutto, exécuté en 1996. Je l'avais présenté ici et j'avais eu de bons retours de beaucoup d'entre vous, ce qui m'avait laissé penser qu'il existait une vraie envie chez les rôlistes de baser certaines de leurs parties sur des faits réels, romancés et triturés pour en faire des éléments de fiction intéressants.

Je propose donc de faire de ce thread un lieu de collecte d'évènements historiques et de faits divers que vous trouvez inspirants et utilisables dans des parties, soit comme éléments de contexte soit pour en faire le coeur d'une intrigue.

L'idée n'est pas de collecter nécessairement les évènements les plus exacts possibles et si certains évènements sont encore sujets à interprétation de privilégier les interprétations communément admises mais éventuellement de fournir les lectures des évènements parallèles voire farfelues pourvu qu'elles puissent être une bonne source d'inspiration.

Ne sachant pas si je suis très clair, je fournis un exemple.

L'affaire Christian Poucet.

Christian Poucet a été abbattu par deux hommes masqués dans ses locaux de travail en janvier 2001. Son crime n'a toujours pas été élucidé, l'homme avait de nombreux ennemis.

Poucet était le président de la CDCA, Confédération de défense des commerçants et artisans, un syndicat issu de la tendance poujadiste. Il avait fait de la lutte contre le monopole de la Sécurité sociale son cheval de bataille et il alla jusqu'à contester ce monopole devant la Cour européenne de justice. Il ne se rendit même pas au procès lorsqu'il eut lieu, ce combat juridique servant surtout ses intérêts financiers et son démarchage commercial des adhérents de son syndicat. Orateur charismatique, il avait développé durant les 16 ans qu'il passa, directement ou indirectement, à la tête de ce syndicat des méthodes de gourou. Il avait persuadé ses militants que le monopole de la Sécurité sociale et des organismes collecteurs allait tomber et il les encourageait à ne plus payer leurs cotisations sociales. En échange, il leur proposer d'adhérer à son système d'assurance, moins cher que la Sécu et remboursant plus vite que cette dernière, mais largement rentable car les petits commerçants ont tendance à travailler, même malades, pour ne pas perdre leurs revenus d'activité.

Obsédé par le fait de ne pas payer d'impôt, il avait organisé son insolvabilité en France en ne possédant rien lui même en France mais vivait la grande vie en faisant payer tous ses frais (voitures de sport, grand restaurant, jet privé) par des sociétés lui appartenant et basée dans des paradis fiscaux, notamment dans une zone franche de l'île de Madère, au Portugal.

Les cotisations de la CDCA fonctionnait selon un modèle étrange : une cotisation de 1000 francs et deux chèques de 1000 francs laissés en caution. Selon son bon vouloir, Christian Poucet appelait à des manifestations où les militants devaient se rendre (où qu'elles soient en France) sous peine de se voir encaisser leurs chèques de caution. Cet argent partait directement dans ses comptes offshores. Parfois, les militants étaient convoqués à l'autre bout de la France 48 heures à peine avant la manifestation, surtout quand Poucet avait besoin de liquidités. Ses manifestations étaient particulièrement violente, comme l'attaque en novembre 1995 de l'URSSAF de Bordeaux avec pneus brûlés et saccage des locaux, opération qui avait provoqué contre lui la colère d'Alain Juppé, alors maire de Bordeaux et Premier ministre.

Au sein de la CDCA, il avait engagé différentes personnalités issues de la mouvance néofasciste, comme Jean-Gilles Malliarakis et, d'après certains de ses proches, il fréquentait des personnes fichées au grand banditisme. Il fit lui-même de la prison pour possession illégale d'armes et menaces de mort à l'encontre d'un juge d'instruction en 1996-1997.

Si lui vivait la grande vie, ce ne fut pas le cas de ceux qui acceptèrent de suivre ses ordres et qui se retrouvèrent parfois ruinés lorsque les organismes sociaux exigèrent le paiement des charges dues. Certains commerçants et artisans qu'il avait embobinés furent contraints de vendre leurs magasins pour payer les sommes dues. De quoi s'attirer, à nouveau, des ennemis.

C'est sur ce point que son parcours croise un autre fait divers célèbre : la disparition du Dr. Godard et de sa famille. Le Dr. Godard était un médecin acupuncteur caennais qui a disparu en 1999 après un voyage en mer avec ses enfants. Il avait probablement assassiné sa femme auparavant (on a retrouvé son sang dans la maison de la famille mais le corps n'a jamais été retrouvé) et les restes du Dr. Godard et ceux de ses enfants ont été retrouvés sur les côtes quelques années plus tard.

Le Dr. Godard était membre de la CDCA et un des grévistes du versement des cotisations sociales. Les organismes sociaux lésés lui réclamaient des fortunes et il aurait possédé des comptes cachés à Madère (plusieurs millions de francs d'après certaines sources), là où Christian Poucet avait ses sociétés, et/ou à l'Île de Man où on trouve également des sociétés offshores liées à la CDCA. D'après le journaliste Eric Lemasson, dans un livre publié il y a peu, Godard aurait été assassiné dans le cadre de la vague d'assassinats qui a entouré le CDCA à la fin des années 90 et début des années 2000. Le journaliste évoque la piste mafieuse.

Quelques mois avant l'assassinat de Christian Poucet, son associé Philippe Wargnier (assureur et associé dans la société qui proposait des assurances Santé "alternatives à la Sécu) est mort dans un étrange accident d'avion. Pilote expérimenté, il s'est crashé dans son avion dont les réservoirs d'essence étaient vides. Certains ont évoqué un assassinat via le sabotage de sa jauge.

En 2001, Christian Poucet est donc assassiné dans les locaux du Centre de Délocalisation et de Conseil International (CDCI), une société appartenant à Poucet, domiciliée fiscalement à Madère et qui faisait du conseil en entreprise pour les inciter à se délocaliser fiscalement à Madère. Dans le cadre de cette société, il employait Jean-Michel Boucheron, ancien maire d'Angoulême et secrétaire d'État socialiste qui fit deux ans de prison pour détournement de fonds et corruption dans la gestion de sa ville. Acculé, Boucheron avait fuit en Argentine avec sa maîtresse. Certains avaient envisagés qu'il avait bénéficié dans sa fuite de ses réseaux francs-maçons. Extradé en France au milieu des années 90, il avait été envoyé en taule ; Boucheron et Poucet s'étaient rencontrés dans le quartier VIP de la prison de la Santé.

L'affaire Poucet n'est pas close et actuellement les enquêteurs travailleraient, sur la foi du témoignage d'un ancien garde du corps brésilien, sur la piste d'une femme d'affaire portugaise de Madère qui aurait eu un différend financier avec Poucet avec qui elle était en affaire et qui aurait tendance à gérer ses affaires de façon expéditive.


Des assassinats, des morts par accident bizarres, des disparitions non résolues, des fascistes, des francs-maçons, des comptes offshore, des femmes d'affaires brutales, le grand banditisme et l'inimitié personnelle d'un ancien Premier ministre.

Je pense que cette affaire est typiquement le genre d'histoire qui pourrait être utilisable dans un scénar contemporain, fantastique ou non.

J'espère qu'il sera possible de collecter beaucoup d'affaires de ce type (contemporain ou non) dans ce thread afin d'en faire une base de données d'affaires étranges à utiliser dans nos parties, directement ou comme sources d'inspiration.
Modifié en dernier par Odillon le Jeu Avr 12, 2012 5:43 pm, modifié 1 fois.
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Messagepar KamiSeiTo » Ven Fév 10, 2012 1:41 pm

Cette histoire est aussi incroyable que géniale! Elle donne vraiment envie d'en faire un scénar. Excellente initiative! ^^
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Brand a écrit:Proposer un jeu qui soit au service d’une façon de jouer spécifique et, surtout sans tomber dans le piège de ne pas en permettre d’autre, néanmoins tout inféoder à cette dernière.
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Messagepar Odillon » Ven Fév 10, 2012 1:48 pm

KamiSeiTo a écrit:Cette histoire est aussi incroyable que géniale! Elle donne vraiment envie d'en faire un scénar. Excellente initiative! ^^
Si vous n'avez pas d'histoires de ce type à raconter mais si vous avez des propositions pour les exploiter en scénar, ne vous gênez pas pour les écrire ici.
L'idée est de faire de cette discussion une source pour les MJ.
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Messagepar Odillon » Ven Fév 10, 2012 4:55 pm

Je relance avec un plus court mais qui a quand même du potentiel (mais moins que Christian Poucet). Là encore, j'associe les faits bruts et les théories que je juge les plus inspirantes pour écrire un scénario de JdR, que celles-ci soient douteuses ou non. Je ne refais pas une enquête, je pose une inspi.

L'assassinat de Detlev Karsten Rohwedder

Detlev Rohwedder était un politicien allemand, membre du SPD, le parti social-démocrate. Il a été assassiné le 1er avril 1991.

En vue de l'annexion de la RDA par la RFA (l'Allemagne a gardé le nom officiel de RFA et la constitution de ce pays, en terme légal, il s'agit donc bien d'une annexion même si on lui préfère le terme prêtant moins à polémique de réunification), le gouvernement Est-allemand a fondé en juin 1990 (4 mois avant la réunification) la Treuhandanstalt, une agence d'État chargé de la privatisation des 8 500 entreprises publiques est-allemandes (4 millions de salariés). Elle en confia la direction à Detlev Rohwedder, un politiciçen et économiste ouest-allemand de centre-gauche.

Le 1er avril 1991, alors qu'il se trouve dans sa maison surprotégé de Dusseldorf, il est abattu à sa fenêtre par un sniper utilisant un fusil de précision de l'armée US et des munitions standards des forces de l'OTAN, le tireur était basé sur un toit à 63 mètres à vol d'oiseau de sa cible, toit sur lequel on trouva des tracts de la Fraction armée rouge allemande, groupe qui semblait pourtant être en nette perte de vitesse depuis le début des années 80. Des arrestations eurent lieu dans les milieux d'extrême gauche mais personne ne fut inculpé formellement pour ce crime. Les tracts déclaraient que Detlev Rohwedder avait été abattu comme une protestation contre les privatisations dans l'ex-RDA.

Pourtant, Detlev Rohwedder n'était pas un partisan des privatisations sauvages. Son projet était de transformer les entreprises est-allemandes en coopérative ouvrière, distribuant les actions des sociétés à ses salariés. Suite à son assassinat, il fut remplacé à la tête de la Treuhandanstalt. Le gouvernement Est-allemand n'existait plus et c'est le gouvernement de la RFA réunifié qui nomma son successeur, non plus dans les rangs du SPD mais de la CDU au pouvoir. Birgit Breuel pris la direction de la Treuhandanstalt et abandonna le projet de coopérative ouvrière de son prédécesseur pour liquider et vendre au plus vite les entreprises Est-allemande à des investisseurs privés qui firent souvent de très bonnes affaires.

En 2001, une analyse ADN fut réalisée sur un cheveu trouvé sur le toit d'où avait tiré le sniper. Le tireur fut alors désigné comme étant Wolfgang Grams, un activiste d'extrême gauche mort huit ans plus tôt en 1993. Wolfgang Grams était mort lors de sa tentative d'arrestation par la police dans la gare de Bad Kleinen. Des tirs avaient été échangés et un policier avait été tué. La police affirme que Wolfgang Grams s'est tiré une balle dans la tête plutôt que d'être pris vivant tandis que les parents de Wolfgang Grams assurent que la police l'a délibérément abattu d'une balle dans la tête à bout portant.

Certains mouvements en Allemagne estiment que l'implication de Wolfgang Grams, qui ne peut plus se défendre, dans l'assassinat de Detlev Rohwedder est une manipulation. La justice allemande a clôt le dossier sur la base de cette preuve ADN.
Modifié en dernier par Odillon le Sam Fév 11, 2012 3:50 pm, modifié 1 fois.
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Messagepar Odillon » Sam Fév 11, 2012 3:49 pm

Si vous aimez les assassinats politiques, avec du financement occulte, des catholiques intégristes, de la vieille noblesse européenne, des franquistes, des flics véreux, des tueurs à gage recrutés à Pigalle et du grand banditisme, j'ai pour vous :

L'assassinat de Jean de Broglie

Jean de Broglie (ça se prononce « de breuil »), figure politique du giscardisme, a été assassiné le 24 décembre 1976. Le gouvernement s’est précipité pour apporter une réponse rapide à cet assassinat mais a par la suite été désavoué par les faits et de nombreuses zones d’ombres demeurent encore aujourd’hui.

Descendant de Charles X, prince de son état et membre d’une des plus prestigieuses familles aristocratiques françaises, Jean de Broglie a été député de l’Eure de 1958 à sa mort, n’interrompant ses mandats de députés que lorsqu’il était au gouvernement, notamment au poste de « secrétaire d’État aux affaires algériennes » (1962-1966). Il fut de tous les gouvernements de George Pompidou Premier ministre sur la période 62-67 avant de devenir « simple » député. En 1961-62, il avait été un des négociateurs des accords d’Evian accordant l’indépendance à l’Algérie et avait ensuite rejoint les « Républicains indépendants » de Valery Giscard d’Estaing en 1962, mouvement dont il était un des piliers.

Il a été abattu en revenant de chez Pierre de Varga, son conseiller fiscal, devant son domicile de trois balles dans la tête. Très vite, Pierre de Varga est arrêté pour sa participation ou sa complicité dans ce crime.

Un mystérieux groupe d’extrême-droite se faisant appeler « groupe Charles Martel » et annonçant que « le prince de Broglie avait été liquidé en tant que responsable de l'invasion de la France par les hordes nord-africaines » revendiquera l’assassinat mais cette déclaration sera très vite considérée comme une revendication opportuniste ou un leurre.

Cinq jours après l’assassinat, le ministre de l’Intérieur, Michel Poniatowski, organisera une conférence de presse devant le 36 Quai des Orfèvres (une première à l’époque) et assurera que l’affaire a été prestement résolue : les commanditaires de l’assassinat sont Pierre de Varga (le conseiller fiscal de de Broglie) et Patrick de Ribemont, deux hommes avec qui Jean de Broglie était en affaire. Le mobile du meurtre : une vague histoire de remboursement d’un prêt destiné à l’achat d’un restaurant, "La reine Pédauque", près de la gare Saint-Lazare, à Paris. L’instigateur du meurtre aurait été Guy Simoné, un inspecteur de police véreux proche de Varga et l’exécuteur un certain Gérard Frèche, petit proxénète recruté à Pigalle

Mais très vite, des failles dans cette version officielle apparaîtront.

Patrick de Ribemont sera, en effet, innocenté par la justice. Pour avoir été présenté comme coupable par le ministre de l’Intérieur de l’époque, devant les caméras, en 1976, il fera condamner la France par la Cour européenne des droits de l’homme par deux fois en 1995 et 1996.
Pierre de Varga et Guy Simoné seront pour leur part condamnés à dix ans de prison pour complicité d’assassinat en 1981.

Depuis sa libération, Guy Simoné crie son innocence et a écrit plusieurs livres dans lesquels il reprend l’enquête et apporte de nouvelles pistes.

Le Canard Enchaîné a publié un article reprenant un rapport d’un inspecteur de police qui prévenait sa hiérarchie de la probabilité d’une tentative d’assassinat contre Jean de Broglie trois mois avant l’assassinat.

Le journaliste d'investigation Alain Laville a affirmé que dès la fin mai 1976 le tueur à gages marseillais Roland Luperini - indicateur de police et familier du milieu de la fausse monnaie - recherchait un tueur pour exécuter un contrat sur la personne de Broglie, le budget de l'assassinat étant fixé à 70 000 francs par ses commanditaires.

Plusieurs éléments laissent penser que la police surveillait ou protégeait de Broglie le jour de son assassinat. Elle n’a pas pu ou pas voulu intervenir lors de l’assassinat. Le journaliste et chroniqueur littéraire Eric Yung, qui était policier et membre de la BRI à l’époque de l’assassinat de de Broglie, a confirmé la présence policière sur les lieux de l’assassinat et assure que la hiérarchie policière a tout fait pour supprimer les traces de sa présence.

Dans son livre de mémoire « Propos secrets », l’écrivain Roger Peyrefitte (lointain cousin de l’ancien ministre de l’information du général De Gaulle) présente de Broglie comme un homme aimant les affaires louches et qui brassait des millions de francs.

Guy Simoné a assuré dans un de ses livres que Jean de Broglie, catholique pratiquant et membre d’une vieille famille noble, était membre de l’Opus Dei, organisation catholique intégriste alors toute puissante dans l’Espagne de Franco et encore particulièrement influente aujourd’hui. C’est par son intermédiaire que l’entourage de Valéry Giscard d’Estaing aurait négocié le financement des campagnes électorales successives de VGE par l’Opus Dei. En avril 1968, Jean de Broglie aurait également signé un protocole d’accord avec de richissimes personnalités catholiques et réactionnaires européennes pour leur emprunter 20 millions de francs (sacré somme pour l’époque) pour soutenir les campagnes de Républicains indépendants de VGE. L’argent fut placé dans différentes sociétés en France et dans des paradis fiscaux. Le protocole prévoyait un remboursement en décembre 1976, mois où de Broglie fut assassiné, et rendait Jean de Broglie personnellement responsable de ce remboursement.
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Messagepar Capricorne » Dim Fév 12, 2012 12:41 am

:O_O
Je suis très impressionné par la somme d'informations que tu as réussi à réunir sur ces affaires! Tu as des étagères remplies de bouquin sur le sujet ou quoi?
En tout cas, c'est en effet une source d'inspiration géniale pour tout jeu contemporain à tendance plus ou moins conspirationniste (et même pour Luchadores, puisqu'on trouve aussi des sociétés écran à Los Murcielagos... oui, le masque est fashion cet hiver!). Bref, merci à toi pour ces récits étonnants.
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Messagepar Odillon » Dim Fév 12, 2012 11:08 am

Capricorne a écrit: :O_O
Je suis très impressionné par la somme d'informations que tu as réussi à réunir sur ces affaires! Tu as des étagères remplies de bouquin sur le sujet ou quoi?
Non, non. Je connais ces affaires de base et j'approfondis un peu avec quelques articles trouvés sur le net mais c'est pas si compliqué à faire.
Capricorne a écrit:En tout cas, c'est en effet une source d'inspiration géniale pour tout jeu contemporain à tendance plus ou moins conspirationniste (et même pour Luchadores, puisqu'on trouve aussi des sociétés écran à Los Murcielagos... oui, le masque est fashion cet hiver!). Bref, merci à toi pour ces récits étonnants.
J'avais également pensé à Luchadores comme jeu pouvant utiliser ce type d'intrigues (notamment à cause de sa proximité avec des paradis fiscaux... Los Murcielagos en est peut-être un d'ailleurs) mais, si je ne m'abuse, l'action de ce jeu se déroule dans les années 60, non ?
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Messagepar Odillon » Lun Fév 13, 2012 12:19 am

Celui là a un gros potentiel si vous voulez taper dans l’espionnage proche-oriental avec en plus une touche étrange compte-tenu de similarité avec des morts mystérieuses antérieures ayant eu lieu plus de 30 ans plus tôt.

La mort d’Ashraf Marwan

Le 27 juin 2007, le corps sans vie d’Ashraf Marwan a été retrouvé gisant en bas de son domicile, une résidence luxueuse de Londres (la Carlton House Terrace) dont il occupait tout le quatrième étage. Ashraf Marwan était milliardaire, une des plus grosses fortunes d’Egypte et l’un des plus riches vendeurs d’armes du monde.

Il n’existe pas de preuves formelles qu’il s’agisse d’un meurtre, d’un suicide ou d’un accident. Sa famille reste cependant convaincue qu’il a été assassiné et il aurait déclaré à des proches peu de temps avant sa mort qu’il craignait pour sa vie. On n’a cependant trouvé nulle trace de lutte ou d’effraction à son domicile.

Né en 1944, il était entré très jeune au service du président égyptien, Gamal Abdel Nasser dont il devint le gendre en épousant sa fille, Muna. A la mort de Nasser, il devint le conseiller pour les affaires arabes de son successeur Anouar El-Sadate. Ashraf Marwan aurait été recruté par la CIA en 1971. Sur la base d’informations de ses nouveaux amis US, il déjoua un complot pro-soviétique, réel ou supposé, contre le président Sadate. Il fit arrêter les chefs présumés de l’opération — Sami Sharaf (chef des services secrets égyptiens) et Ali Sabry (vice-président) — et devint l’homme fort du Caire. Grâce à sa nouvelle aura, il contribua grandement à convaincre Saddate de rompre avec les Soviétiques et de se rapprocher des États-Unis. Dans les mêmes années, il aurait pris contact avec le Mossad qu’il aurait alimenté en précieuses informations sur l’armée égyptienne.

En 1975, il se retire de la vie politique et se lance avec succès dans les affaires, prenant des parts dans de nombreuses sociétés totalement respectables (Ubichem London, House of Fraser, American International Petroleum, Chelsea Plc, British Home Store et Habitat) mais également en devenant un des principaux marchands d’armes de la région.

En 2002, cinq ans avant sa mort, l’historien britannique Ahron Bregman consacre un long article à Ashraf Marwan dans le journal israélien Yediot Achronot puis un chapitre dans son livre A History of Israel. Il y révèle qu’Ashraf Marwan a bien été recruté par la CIA et le Mossad mais qu’il n’a en réalité jamais cessé de servir l’Egypte. Agent double talentueux, il aurait fourni aux agences israéliennes et US des informations précieuses afin de se crédibiliser avant de les intoxiquer sciemment sur un point central. Il serait ainsi la source du Mossad identifié sous le pseudonyme de « Babel » qui aurait intoxiqué les services secrets israéliens en leur faisant croire que Sadate ne tenterait pas de lancer une offensive contre Israël pour récupérer le Sinaï tant qu’il ne disposerait pas de missiles à longue portée. Trop confiants et trop sûrs de leurs sources, les Israéliens furent surpris par l’offensive égyptienne de 1973 et ils ne durent leur salut qu’à la livraison massive et rapide d’armement par les États-Unis.

Considéré comme un héros en Egypte, Ashraf Marwan reçut des obsèques nationales au cours desquels le président Hosni Moubarak déclara qu’Ashraf Marwan avait rendu à son pays des services immenses « qu’il n’est pas encore temps de révéler ». Impossible de savoir s’il faisait référence à la guerre du Kippour de 1973 ou à d’autres choses.

Fait troublant, Ashraf Marwan est le quatrième riche et célèbre égyptien (et avec des connections politiques) à mourir dans des circonstances analogues (une chute aux raisons inconnues depuis une fenêtre de leur domicile à Londres, sans traces d’effraction). Mais les trois premiers sont morts bien longtemps auparavant, entre 1966 et 1971 :
- L’actrice égyptienne Souad Hosni,
- L’ambassadeur égyptien au Royaume-Uni, Al-Leithy Nassif,
- Ali Shafeek, le secrétaire de cabinet de l’ancien vice-président égyptien Abdel Hakim Amer

Ces trois précédents décès ont été considérés comme des accidents.

L’enquête sur la mort d’Ashraf Marwan n’est toujours pas close mais elle piétine manifestement.
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Messagepar Odillon » Lun Fév 13, 2012 10:46 pm

Retour aux années Giscard (ça a défouraillé sec à cette époque dans le monde politique) avec la mort d'un mec tellement haï par tout le monde qu'aujourd'hui encore personne ne sait qui l'a tué.

La mort de François Duprat.

Le matin du 18 mars 1978, entre les deux tours de l'élection législative de 1978, François Duprat meurt, soufflé par l'explosion d'une bombe placée sous sa voiture. La question n'est pas de savoir qui souhaitait sa mort mais qui parmi ses innombrables ennemis est passé à l'acte et a organisé la mort de cette figure de l'extrême droite française, membre du bureau politique du Front national et dont les modèles affichés étaient le fascisme italien et les SA allemand.

Né en 1940, François Duprat a appartenu à un moment ou à un autre à chacun des mouvements d'extrême-droite accueillant des fascistes, en a souvent été exclu et y a parfois été réintégré.

De 1964 à 1967, il est membre d'Occident avec Alain Madelin et Gérard Longuet, groupe dont il est exclu.

En 1970, il rejoint Ordre Nouveau, dont il est exclu en 1973.

En 1972, il rejoint le Front national, dont il est exclu en 1973 avant d'être réintégré en 1974 et d'intégrer directement son bureau politique. L'année de sa réintégration au FN, il fonde les Groupes nationalistes révolutionnaires, sous-parti au sein du FN qui fédère les néonazis. Durant toutes ces périodes, il publie beaucoup (notamment sous pseudonymes) et il est un des premiers auteurs négationnistes.

Si Duprat a été exclu si souvent des mouvances d'extrême-droite c'est qu'il traîne une réputation d'indicateur de la police et d'honorable correspondant de la DST. Il aurait en effet été recruté par ce service en 1968, sous le nom de code de "Hudson".

Pour la DST et les services français Duprat était en effet une source précieuse, car son activisme sans frein ne s'était pas limité aux frontières françaises. Ainsi, entre 1964 et 1965, en tant que coopérant pour l'UNESCO, il s'était rendu au Congo-Kinshasa où il avait fini par s'occuper de la propagande de Moïse Tschombe, leader sécessionniste ddu Katanga.

Antisémite, il avait également noué des liens secrets avec certains ennemis d'Israël : la Syrie, le Fatah et le FPLP.

Resté idéologiquement fasciste, il n'avait jamais pardonné à ses anciens camarades des mouvements fascistes des années 60 d'avoir évolué et de s'être racheté une virginité en passant par les cercles patronaux comme l'Institut d'Histoire sociale de George Albertini (ancien socialiste devenu collabo pendant la Seconde Guerre mondiale, puis après guerre et une période de prison, il était devenu le grand distributeur des subsides patronaux et de certains fonds de la CIA aux mouvements anticommunistes en France, payant aussi bien les candidats de gauche anticommuniste que la droite et l'extrême-droite). Juste avant sa mort, Duprat était en train de rédiger un livre intitulé Argent et politique dans lequel il envisageait de détailler le système mis en place par Albertini et de détailler la biographie de ses anciens camarades.

Juste après l'attentat, Jean-Marie Le Pen accusa l'extrême-gauche d'être derrière l'attentat avant de changer d'avis et d'accuser les membres du parti d'extrême-droite rival du FN à l'époque, le Parti des Forces nouvelles.

Dans son livre "Génération Occident : de l'extrême droite à la droite", Frédéric Charpier émet lui-aussi l'hypothèse que l'attentat aurait été commandité par des membres d'une organisation d'extrême droite rivale.

Pour Roger Faligot et Pascal Krop, dans leur livre "DST : Police secrète", il aurait été assassiné par des Israéliens à cause de ses liens avec les mouvements palestiniens et syriens.

Dans le livre "Histoire secrète du patronnât de 1945 à nos jours", Benoît Colombat semble davantage pencher pour une responsabilité des cercles patronaux français et émet l'hypothèse que certains chapitres du livre qu'il était en train d'écrire auraient disparu.

Cet assassinat n'a toujours pas été élucidé.
Chaque 18 mars, Jean-Marie Le Pen va se recueillir sur la tombe de Duprat.
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Messagepar Julien H » Mar Fév 14, 2012 12:02 am

Odillon a écrit:
Capricorne a écrit:En tout cas, c'est en effet une source d'inspiration géniale pour tout jeu contemporain à tendance plus ou moins conspirationniste (et même pour Luchadores, puisqu'on trouve aussi des sociétés écran à Los Murcielagos... oui, le masque est fashion cet hiver!). Bref, merci à toi pour ces récits étonnants.
J'avais également pensé à Luchadores comme jeu pouvant utiliser ce type d'intrigues (notamment à cause de sa proximité avec des paradis fiscaux... Los Murcielagos en est peut-être un d'ailleurs) mais, si je ne m'abuse, l'action de ce jeu se déroule dans les années 60, non ?

Tout petit hors-sujet pour répondre aux questions.
Effectivement, la proximité de pays faisant office de paradis fiscaux est évoquée dans Luchadores, tout comme les liens entre certains notables, issus de la période dictatoriale de l'archipel, pas si vieille, avec les dictatures présentes, comme Haïti, notamment. Les comptes du dictateur Sangriente sont bien planqués... C'est d'ailleurs, sans trop en révéler, plus ou moins le thème du second scénario de la trilogie. De l'enquête "économique" avec pressions de certaines ambassades, secrets bancaires, copinage avec des dictateurs qui avaient accordé certains monopoles à certaines firmes. On s'est amusés à teinter le jeu d'une petite couleur politique digne des "clichés" (car mes compétences en la matière sont très sommaires). Mais c'était très amusant à mettre en scène et je comptais bien sur le décalage, notamment au regard de ce qu'on s'attend d'un scénario avec des catcheurs masqués. Mais évidemment, il y a aussi de la castagne ! :)

Et, c'est bien ça, le jeu se déroule durant les années 60. Mais le pays en lui-même n'est pas, à proprement parler, un paradis fiscal, du moins depuis la fin de la dictature. Enfin, c'est comme ça que je l'imagine, plus réglo mais cela dit, c'est précisé nulle part. Après la chute de Sangriente, on pourrait imaginer que les banques sont toujours bien tranquilles et l'Etat peu regardant, c'est tout à fait envisageable ! :;p
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Messagepar Julien H » Mar Fév 14, 2012 10:29 am

Sinon, le sujet est passionnant.
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Messagepar smeagol » Dim Fév 19, 2012 5:01 pm

Connaissez-vous "Rendez-vous avec X", une fabuleuse émission radiophonique sur France INTER, podcastable, qui a été éditée en nombreux livres, et qui porte très exactement sur les mêmes thèmes que ceux abordés dans ce fil? Elle existe depuis 1997 et continue à ce jour, et la bibliographie en fin d'article wikipedia (lien ci-dessous) devrait en intéresser certains...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rendez-vous_avec_X

C'est une source inépuisable d'inspiration pour du jdr contemporain, AMHA.

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Messagepar Odillon » Dim Fév 19, 2012 8:48 pm

j'approuve sans réserve ce que vient de dire smeagol. La dernière émisssion était ur un sujet qui trouverait parfaitement sa place ici sur un meurtre sur fond politique au Nicaragua avec mafia local, militaires et politiciens corrompus, anciens guerilleros et l'influence de la CIA.
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
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Messagepar Kakita Inigin » Jeu Fév 23, 2012 10:29 pm

Odillon, je pense que tu devrais écrire des art... Romans policiers s'inspirant de ces affaires. En rajoutant des filles, ça pourrait sérieusement concurrencer SAS. <888

Sinon, l'affaire Karachi (qu'on ne présente plus) peut complètement s'adapter à du jdr, à L5A par exemple (vente d'opium, argent sale, corruption d'officiers avec cet argent, représailles en cas d'arrêt brutal du trafic).
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Messagepar Odillon » Mer Avr 04, 2012 11:44 pm

Je relance d'un mort bizarre dans les années Giscard (riches années en ce qui concerne la mort de personnalités politiques dans des circonstances troubles).

L’affaire Robert Boulin

Le 30 octobre 1979, Robert Boulin, ministre du Travail en exercice du gouvernement de Raymond Barre est retrouvé mort noyé dans un étang de la forêt de Rambouillet. L’information judiciaire s’est achevée par un non-lieu en concluant au suicide par absorption de médicaments puis noyade, une thèse à laquelle la famille, et de nombreuses personnes s’étant penchée sur l’enquête, n’ont jamais cru.

Là où il s’est noyé, l’étang ne comprenait que 50 centimètres d’eau.

Bien que son nom soit globalement oublié désormais, Robert Boulin était au moment de sa mort une personnalité politique marquante. Gaulliste historique, Croix de guerre 1939-1945 et titulaire de la médaille de la Résistance, il avait été dans les gouvernements français quasiment sans discontinuité (mais à des postes différents) depuis 1961. Peu avant sa mort, de nombreuses rumeurs politiques laissaient entendre que Valéry Giscard d’Estaing, souhaitant diviser le RPR de Jacques Chirac avec qui il avait des relations exécrables, compter proposer le poste de Premier ministre à un gaulliste afin d’empêcher ce parti de s’attaquer à sa politique et d'y créer des divergences internes. Robert Boulin faisait partie des noms les plus fréquemment cités. Il était considéré comme un homme intègre et jouissait d’une bonne côte de popularité dans l’opinion publique.

Au sein du RPR, il est également un homme influent. Ennemi personnel de Charles Pasqua, Boulin a probablement contribué à faire démissionner ce dernier de son poste de secrétaire national du RPR à l’organisation, une démission qui n’a rien d’anodine car Pasqua est alors le grand organisateur du RPR, a des connexions en Afrique et avec les services secrets français et il est très proche du SAC, le service d’ordre gaulliste au carrefour des services secrets français et du grand banditisme qui sera dissout en 1982 après la mise en cause de cette organisation dans le massacre d’une famille (l’affaire de la tuerie d’Auriol). La raison de cette démission reste inconnue aujourd’hui.

En septembre 1979, plusieurs journaux reçoivent des lettres anonymes assurant que Robert Boulin aurait acquis illégalement une garigue à Ramatuelle pour y faire construire une résidence secondaire. Mis en cause, Robert Boulin se défend en niant les accusations, en laissant entendre qu’il sait qui est derrière ces lettres anonymes et qu’ils n’ont pas à lui donner de leçon d’intégrité. Ainsi, 9 jours avant sa mort, le 21 octobre 1979, il déclare sur Europe 1 : « Que voulez-vous que je réponde ? J'ai l'âme et la conscience tranquilles et j'ai été exemplaire. Peut-être encore plus que vous ne le pensez, parce qu'il y a des choses que je ne peux pas dire ici. ».

Retrouvé mort, l’enquête conclue rapidement à un suicide liée à une dépression causée par sa mise en cause par l’affaire de Ramatuelle. Plusieurs barons du gaullisme reçoivent le jour même une lettre de Robert Boulin, postée avant sa mort, où il leur fait part de son intention de se suicider avant de se justifier contre les accusations portées à son encontre mais les lettres ne sont que des photocopies et on n’a jamais retrouvé l’originale. La secrétaire du ministre déclarera par la suite que le ministre lui avait dicté la lettre de justification mais pas les premières et dernières lignes parlant du suicide. Comme il s’agit de photocopies, il n’était pas difficile de les rajouter.

Dans leurs mémoires, plusieurs personnalités politiques de l’époque (dont Raymond Barre dans son livre « L’expérience du pouvoir ») déclareront avoir été prévenu de la mort de Robert Boulin dans la nuit du 29 au 30 octobre 1979 alors que son corps est censé n’avoir été retrouvé qu’à 8 heures du matin. Les bizarreries entourant cette affaire (traces de coups sur le corps non relevé par le médecin légiste, pièces à convictions disparaissant, organes prélevés lors de l’autopsie disparaissant… etc.) sont trop nombreuses pour être répertoriées ici mais sont compilées dans la fiche wikipedia consacrée à cette affaire. On notera que, en tant que ministre de la République, Robert Boulin disposait de gardes du corps et était protégé (et ce d’autant plus qu’il avait reçu des menaces de mort de membres du SAC un an auparavant), on ignore où ces derniers étaient lors de sa disparition, ils n’ont de toute façon jamais été entendu par la justice. Aucune contre-enquête n’a permis de déterminer leur identité : le registre recensant leurs identités a disparu.

Plusieurs journalistes ayant enquêté sur cette affaire affirment que Robert Boulin souhaitait mettre un terme au financement du RPR (mais aussi d’autres partis) par les filières françafricaines. D'autres évoquent une volonté de dénoncer les financements par l'Irak de Saddam Hussein. tous convergent vers une mort planifiée pour l'empêcher de parler de financements occultes sans s'accorder sur la source de ce financement.

Peu de temps après la mort de Robert Boulin, Charles Pasqua retrouvera son poste dans les instances dirigeantes du RPR, moins de six mois après sa démission.

Feu Maurice Robert, grande figure de la barbouzerie de la Vième République, ancien membre du SDECE et « Monsieur Afrique » au sein du groupe ELF, qui était ambassadeur de France au Gabon d'Omar Bongo au moment de la mort de Robert Boulin, a déclaré au journaliste Benoît Colombat : « La version du suicide ne tient pas la route. Boulin a été tué. Assassiné. Dans cette affaire, il y a des gens tout à fait douteux. ». S’il dit vrai, Robert Boulin est le seul ministre en exercice de la Vième République mort assassiné.
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
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