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MessagePosté: Lun Oct 13, 2014 8:31 pm
par Marchiavel
Mais où va-t-il chercher tout ça ? ::(

MessagePosté: Jeu Oct 16, 2014 8:19 am
par Odillon
Il y a quelque temps, j'avais parlé de l'affaire du Cercle Wagram : http://www.subasylum.com/Antoniobay/vie ... 394#137394
Ce que révélait le procès avait tout du scénar de polar, tellement d'ailleurs que l'histoire ressemblait beaucoup à un des thèmes centraux de la saison 4 de Mafiosa alors même que l'affaire impliquait deux acteurs de la série biclassés acteurs/compagnons de route du milieu corse.

Je reparle de cette affaire car aujourd'hui, dans Libé, est paru un article sur la garde à vue de la première adjointe de la mairie de Levallois, Isabelle Balkany, suspectée d'avoir offert un emploi fictif à la mairie pendant 4 ans à un certain Jean Testanière, un des patrons officieux du cercle de jeu. http://www.liberation.fr/politiques/201 ... fs_1122693

Là où l'article devient intéressant en termes d'inspiration, c'est que Testanière est surnommé dans le milieu "Le Mage" parce que certains lui prêtent des pouvoirs divinatoires. On pourrait gloser longtemps sur la superstition dans le milieu où sur la façon dont un journaliste va chercher une anecdote insignifiante pour en faire le centre du titre de son article.

Mais pour une inspiration, imaginer un truand, connecté au milieu corse, avec des soutiens politiques et capable de prédire l'avenir (pratique quand on contrôle officieusement un cercle de jeu où se pratiquent des jeux de hasard), ça peut donner quelque chose d'intéressant dans un paquet de jeux occultes contemporains ou de super-héros.

MessagePosté: Ven Nov 07, 2014 11:01 am
par Odillon
Un ancien para, Pierre Marziali, reconverti dans la sécurité privée meurt en Libye, à Benghazi, en 2011 lors d'un "contrôle routier qui dégénère" avec une milice anti-Kadhafi. L'enquête, bloquée en Libye, ne donne rien.
Aujourd'hui, son associé et ami, dans un bouquin, assure que la société privée qu'il avait fondé, la Secopex, était avant tout une structure de renseignement qui bossait directement pour l'Elysée mais avec des contacts avec les mercenaires US de Blackwater (devenu Xe, devenu Academi... ils changent de nom dès qu''ils sont impliqués dans des massacres de civils et c'est fréquent).

Citant l'auteur, Robert Dulas, l'indépendant a réalisé un dossier (malheureusement réservé aux abonnés mais j'ai eu la possibilité d'en lire un résumé) sur cette affaire. http://www.lindependant.fr/2014/10/30/l ... 949016.php

Voilà ce qu'on peut y lire :

Dans "Mort pour la Françafrique", Robert Dulas bat en brèche la thèse officielle sur la mort de Pierre Marziali. Selon lui, il n’a pas été abattu à la suite d’un contrôle routier qui aurait dégénéré. Mais s’il a été le seul homme exécuté ce jour-là, c’est probablement parce qu’il en savait trop. Et l’accusation la plus grave portée par son ami et associé Robert Dulas, c’est que la France a téléguidé cet assassinat !

Quelques semaines avant, Pierre Marziali et Robert Dulas avaient rencontré ensemble le premier ministre libyen. Celui-ci leur avait laissé entendre que de hautes personnalités françaises avaient touché d’importantes sommes d’argent.

[…]

Quelques semaines avant sa mort, Pierre Marziali découvre que les insurgés libyens sont noyautés par les islamistes et les trafiquants. Or, ceux-ci bénéficient du soutien de la France ! Le Carcasonnais juge l’information explosive.

Le 14 avril 2011, moins d’un mois avant sa mort, il se rend à l’Élysée avec Robert Dulas pour faire part de sa découverte. La personne qui les reçoit fait remonter leurs informations à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy.

« Les dirigeants de Secopex avaient mal choisi leur jour pour s’inviter à l’Élysée, écrit Robert Dulas. À peine quelques heures plus tôt, Nicolas Sarkozy a reçu discrètement une délégation de neuf insurgés libyens. Y figurait entre autres Mustafa el-Sagezli, le numéro 2 de la katiba (brigade) qui revendiquera l’exécution de Pierre Marziali ! »


Jacques-Marie Bourget, dans un article citant insuffisamment de sources, associe cette affaire au potentiel financement libyen de la campagne de Sarkozy et aussi à la mort de Choukri Ghanem, ancien ministre de Kadhafi mort à Vienne dont j'avais parlé ici et ici.

Si on a envie d'ajouter à ça la mort de l'ambassadeur US à Benghazi (évoquée ici) et/ou la traque des trésors planqués de Kadhafi (évoqué dans un article de Mediapart que j'ai retrouvé reproduit sur un forum ici) il y a de quoi faire une belle histoire d'espionnage.

MessagePosté: Ven Nov 14, 2014 11:18 am
par Odillon
Je suis tombé hier sur un article qui, connecté à d'autres infos, peut très facilement constituer un point de départ pour un scénario fantastique contemporain.

Le Cheikh Saud bin Mohammed Al-Thani, émir qatari richissime et qui était un des principaux acheteurs d'art (et d'antiquité) au monde est mort le 9 novembre à Londres, à 48 ans, sans qu'on en connaisse encore officiellement la cause. (et même si on en connaissait officiellement la raison, il serait assez aisé de décréter que c'est un meurtre maquillé en mort naturelle ou qu'il est mort d'une cause surnaturelle apparaissant comme une mort "normale").

Dans le même temps, le Qatar (et d'autres monarchies absolues du Golfe) est accusé de financer l'Etat islamique/Daesh dans différents articles de presse (un ici au hasard, j'aurais pu en prendre d'autres) et par des ministres européens (ici, un ministre allemand).

Par ailleurs, on sait que Daesh (et d'autres groupes armés non gouvernementaux en Syrie) se finance en partie par le pillage de sites archéologiques mésopotamiens dont il revend les pièces de valeur au marché noir.
Rappelons que le Cheikh Saud bin Mohammed Al-Thani était un collectionneur d'art moderne mais aussi d'antiquités.

Une fois que vous disposez de ça, vous allez sur la page wikipedia consacrée aux personnages de la mythologie mésopotamienne et vous choisissez la créature/le dieu qui vous plait le plus.

Vous mélangez avec les éléments de votre jeu préféré et vous avez tous les éléments pour une chasse au trésor entre plusieurs factions (des groupes opposés de familles princières du Golfe, des groupes islamistes, un ou deux groupes issus de votre univers de jeu) entre Londres, la Syrie, l'Irak, le Qatar et le(s) lieu(x) de votre choix à la recherche d'une antiquité volée (et maudite sans doute) liée à une créature/ un Dieu mésopotamien(ne) antique dans laquelle vous pourrez distribuer de vraies articles de presse comme aides de jeu à vos joueurs.

MessagePosté: Jeu Nov 20, 2014 5:56 pm
par Odillon
Ca ne date pas d'hier mais je n'ai rien trouvé de plus récent sur cette affaire qu'un article de 2012, ce qui fait que je en sais pas exactement les suites qui ont été données à cette affaire.

Christine Lagarde, alors qu'elle était ministre française des Finances, reçoit une liste de gros contribuables européens planquant leur argent dans la filiale suisse d'HSBC. Elle prend en charge (mollement) la chasse aux fraudeurs français et fournit la liste des contribuables fraudeurs des autres pays à ses homologues européens et notamment au gouvernement grec.

Sauf qu'en Grèce, il n'y a plus de nouvelles de cette liste pendant des mois jusqu'à ce que, sous la pression de la presse et (surtout !) de la rue, elle ressurgisse dans les mains de ministres embarrassés déclarant qu'elle avait été "égarée".

Peu de temps après, deux éminents hommes d'affaires et hommes politiques sont retrouvés suicidés : "Le premier, Leonidas Tzanis, ancien secrétaire d'État de 1999 à 2001 et députés du PASOK, a été retrouvé pendu jeudi soir dernier. Le second, Vlassis Kambouroglou, éminent homme d'affaire dans le secteur de la défense, a été retrouvé sans vie lundi soir dans un hôtel à Djakarta en Indonésie. Il était accusé de faire partie d'une affaire de blanchiment d'argent. Affaire pour laquelle Akis Tsochatzopoulos, ancien ministre de la Défense, est aujourd'hui derrière les barreaux pour avoir touché pour 1,3 milliard d'euros de rétro-commissions à l'occasion de contrats d'armement."

On a une bonne base pour un thriller politique non ? Le reste de l'article de la Tribune sur le sujet est ici.

MessagePosté: Lun Déc 15, 2014 5:50 pm
par Odillon
J'en ai parlé ici, Le Maraudeur 15 est sorti.

L'article Faites entrer l'accusé de ce numéro est consacré à une affaire dont je n'avais pas parlé sur ce forum auparavant, la mort mystérieuse du secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjöld sur fond de crise congolaise en 1961.

Dans les inspis possibles, j'y parle pas mal de super-héros et je référence Hexagon Universe.

MessagePosté: Sam Déc 20, 2014 11:03 am
par Odillon
Alors que les médias célèbrent (n'importe comment pour la plupart) la fin de l'embargo US sur Cuba, ça m'a donné envie de parler d'affaires illustrant un sujet qui est peu utilisé en jeu de rôle mais qu'on retrouve pas mal dans le vrai monde réel de la réalité véritable : les actions de propagande.

Généralement, lorsque les PJ appartiennent à une nation en guerre, une organisation en guerre, une faction en guerre ou n'importe quoi en guerre, le postulat est qu'ils appartiennent à un camp globalement intellectuellement hermétique qui ne peut pas être influencé par la propagande de l'adversaire. Le Mordor n'essaye pas de convaincre la population des terres du milieu que sous le règne de Sauron la vie serait plus belle que sous le joug de nobliaux et de roitelet incompétents qui se font la guerre entre eux. L'Empire dans Star Wars ne semble tenir que par la terreur militaire qu'il inspire et on ne voit jamais à l'image un de ses partisans qui ne seraient pas un militaire.

Or, dans tous les conflits, les adversaires essayent d'influencer la population du camp d'en face, pour la démoraliser, pour la faire douter des compétences de ses dirigeants ou de leurs motivations réelles ou pour casser la propagande de l'ennemi. Cela prend d'autant plus d'importance si la situation est bloquée sur le plan militaire ou qu'on est dans une situation de Guerre froide ou de guerre de basse intensité, une situation qui n'est pas rare en JdR qui met souvent en scène des adversités radicales mais envoie rarement ses PJ au front.

Avec l'opposition USA-Cuba, on a un bel exemple de guerre froide se jouant en partie sur le cadre culturel.

En 2009, les États-Unis ont (entre autres opérations) tenté d'influencer la jeunesse cubaine en utilisant un rappeur populaire à La Havane, Aldo Rodriguez, pour que ses chansons se montrent de plus en plus hostiles au régime cubain (l'article de MSN sur le sujet est ici). L'objectif était d'utiliser la popularité du chanteur pour polariser la jeunesse cubaine contre le pouvoir en place.

Pour cela, dans un scénario qui fleure bon la barbouzerie, ils sont passés par l'intermédiaire d'un impresario serbe qui a été recruté par l'USAID (l'agence pour le développement international US dont la mission est censée être l'aide aux populations dans le besoin dans le monde mais qui agit le plus souvent comme une agence travaillant aux opérations psychologiques de la CIA ou du Département d'État). Il devait contacter le chanteur, lui promettre de beaux contrats et influencer ses textes.

Utiliser des chanteurs ou des artistes pour influencer une population n'est pas un cas isolé. Des rappeurs US musulmans avaient été envoyés faire des concerts dans le monde arabe avec le soutien du département d'État pour influencer les jeunes musulmans arabes depuis la seconde moitié des années 2000. Hillary Clinton, alors secrétaire d'État avait alors décrit le Hip Hop comme "une pièce dans une partie d'échec" se jouant au Proche-Orient. (article d'Al Jazeera en anglais sur le sujet ici).

Ca peut donner de bonnes histoires en JdR car cela est porteur de conflits moraux intéressants.
Imaginons un artiste populaire dans votre univers de jeu appartenant globalement au "camp" des PJ.
Influencé (et s'en rendant compte ou non) par le camp adverse, ses performances se font de plus en plus critiques pour les défauts (réels) du camp des PJ et des tensions apparaissent de plus en plus entre ses fans et les autorités, éventuellement accentués par des agents provocateurs.

Si les PJ sont chargés de l'affaire, comment réagiront-ils ? joueront-ils les censeurs ? Seront-ils seulement d'accord entre eux sur la marche à suivre ?
- certains PJ pourraient trouver qu'il est important de mettre en place une politique ferme et une censure,
- d'autres de lâcher du lest en réglant (mais est-ce si simple ?) les problèmes pointés par l'artiste,
- les plus radicaux pourraient envisager que l'artiste ait un "accident" ou soit tué par un de ses fans radicalisés (en construisant un Mark Chapman à partir d'un jeune fan un peu paumé ?),
- d'autres voudront le retourner (il s'est laissé corrompre par le camp d'en face, on peut peut-être le racheter et/ou banaliser son discours ou lui faire rencontrer un dirigeant politique et sortir de la réunion en disant qu'il a trouvé dans ce dirigeant un homme très ouvert qui est soucieux de régler les problèmes qu'il pointe dans ses chansons (Bono, de U2 fait ça très bien !))
- d'autres voudront le dénoncer comme "un agent de l'étranger"... ce que l'artiste présentera comme une manœuvre d'un pouvoir aux abois pour le faire taire, etc.

Ajoutez à cela deux trois manifestations qui dégénèrent (un ou deux sniper - ou équivalents selon l'univers - qui tirent sur des policiers pendant les manifestations pour tendre les forces de l'ordre comme il faut puis qui fait des cartons sur les manifestants voire qui abat l'artiste lui-même) et vous avez une situation bien explosive dans votre univers de jeu.

Si on retourne la problématique, on peut envisager que les PJ travailleraient eux-mêmes à la déstabilisation d'un système politique ennemi en "coachant" un artiste populaire qui devrait dénoncer le régime adverse. On peut créer un beau dilemme moral si on les fait sympathiser avec l'artiste et les jeunes fans de celui-ci et que les PJ découvrent que le camp pour lequel ils travaillent compte faire de l'artiste qu'ils encadrent un "martyr de la cause" en le faisant assassiner dans une opération attribué au régime visé afin de mettre le feu aux poudres.

Comme autre affaire inspirante dans les relations USA-Cuba, on a le cas de ces jeunes latino-américains travaillant à la lutte contre le Sida à Cuba qui étaient également formés par l'USAID pour alimenter la contestation en interne (article du Guardian ici). Cela permet de créer des problématiques du même ordre que l'affaire ci-dessus mais dans un autre cadre.

MessagePosté: Sam Jan 31, 2015 4:33 pm
par Odillon
Ca ne fait pas spécialement les gros titres dans la presse française mais on a actuellement une vraie histoire de barbouzerie internationale qui est en œuvre en Argentine. On a beaucoup de morts, beaucoup de versions contradictoires, beaucoup de règlements de compte interne en Argentine et beaucoup d’implications politiques internationales.

En 1994, à Buenos Aires, une bombe installée dans une voiture piégée éclate devant le siège de l’AMIA (l’association mutuelle israélite argentine) faisant 85 morts et 230 blessés.

Le président argentin est alors Carlos Menem, très proche de Washington et Tel-Aviv.

La présidence argentine, Washington et Tel-Aviv accusent rapidement l’Iran et/ou la Syrie de cet attentat qui aurait été sous-traité au Hezbollah libanais. L’attentat n’a jamais été revendiqué et les accusés démentent.
Israël capitalise sur cet attentat pour accuser le Hezbollah d’être une organisation terroriste internationale (et non un mouvement armé n’opérant qu’au Liban et en Syrie) et demander son inscription sur la liste des organisations terroristes internationales (l’UE y rechignera longtemps et n’a accepté que récemment de classer la branche militaire de cette organisation comme une structure terroriste mais pas le parti politique en lui-même).

A la fin des années 90, début des années 2000, l’Argentine traverse une période politique troublée qui voit un éclatement du parti de Carlos Menem entre son aile droite (Menem) et son aile gauche hostile au FMI et désireux d’une plus grande indépendance vis-à-vis de Washington.

En 2003, Nestor Kirchner (aile gauche du mouvement péroniste) gagne les élections et se lance dans une politique visant à s’affranchir de Washington et à favoriser l’intégration latino-américaine. Il s’ne prend également aux anciens dirigeants de la dictature argentine de Videla en remettant en cause l’impunité dont certains bénéficiaient. C’est l’ouverture d’une période de coups fourrés (où il est difficile de démêler le vrai du faux dans les accusations lancés entre les uns et les autres par voie de presse) à l’intérieur de l’État argentin entre différents clans politiques.

L'enquête de l’attentat de 1994, qui a souffert de nombreuses irrégularités et a conduit à l'inculpation de plusieurs policiers argentins, demeure extrêmement obscure. L'une des pistes de l'enquête, très controversée, accuse le Hezbollah et l'Iran d'avoir organisé l'attentat ; une autre, dite « piste syrienne », pointe vers Alberto Jacinto Kanoore Edul, un proche de Menem, et allègue des possibles tractations électorales entre Menem et la Syrie de Hafez el-Assad, ainsi que d'autres proches de Menem tel le trafiquant d'armes Monser Al Kassar. Cette dernière piste a été enterrée dès le début de l'enquête, mais Menem et son frère ont néanmoins été appelés à témoigner, en 2008, pour cette raison.

À ce jour, les responsables de l'attentat n'ont pas été identifiés avec certitude, et Carlos Menem, ainsi que le premier juge chargé de l'affaire, Juan José Galeano, et d'autres, ont été inculpés pour entrave à la justice et pour avoir empêché les enquêtes concernant la piste syrienne. Le 25 octobre 2006, le procureur Nisman a officiellement accusé le gouvernement iranien et le mouvement libanais Hezbollah d'être responsables de l'attentat.

En 2013, Carlos Vladimir Corach, ministre de l’intérieur de Carlos Menem en 1994 avec la bi-nationalité argentine et israélienne est accusé d’avoir payé 400 000 dollars un homme, Carlos Telleldin, pour fournir la bombe.

Là, pour un œil extérieur, chercher des infos devient une galère puisqu’on a droit à une vraie guerre de l’information. Les mouvements anti-israéliens se basent sur cette inculpation pour accuser Israël d’avoir organisé ces attentats pour accuser l’Iran et le Hezbollah. Israël crie à la manipulation.

On en est au point où la fiche wikipedia de Carlos Vladimir Corach en espagnol ne fait pas du tout mention de cette inculpation et la fiche wikipedia en français ne parle de rien d’autre (les deux pages ne se référencent même pas entre elles comme s’il s’agissait de deux personnes différentes). J’ai finalement trouvé un court article sur cette inculpation dans le Times of Israël, journal qui ne peut pas être soupçonné d’être anti israélien. http://www.timesofisrael.com/jewish-ex- ... n-bombing/

Fin 2014, le procureur Alberto Nisman, chargé de l’enquête et partisan de la thèse menant à l’Iran et au Hezbollah accuse la présidente Christina Kirchner (qui a succédé à son mari en 2007) d’avoir détourné l’enquête de la piste iranienne en échange d’un contrat d’achat de pétrole et de gaz iranien à un tarif préférentiel. Il devait présenter ses conclusions devant le parlement argentin en janvier 2015.

Dans le même temps, Christina Kirchner fait un grand ménage dans les services secrets argentins en virant les agents et responsables proche de la droite dure argentine. Elle est également engagée dans une guerre contre les fonds spéculatifs qui possèdent la dette argentine, accuse le gouvernement Obama d’être de leur côté et, dans une allocation télévisée, elle accuse Washington de préparer un coup d’État contre elle, voire de vouloir l’assassiner : http://www.theguardian.com/world/2014/o ... ms-us-plot

Il y a une dizaine de jour, le 18 janvier, Alberto Nisman est retrouvé suicidé chez lui d’une balle dans la tête, 4 jours avant la date où il devait se présenter devant le Congrès argentin.

Trois thèses s’affrontent :
- Celle du suicide (c’est la conclusion de l’enquête et des études médico-légales et du gouvernement argentin, au moins dans un premier temps),
- Celle de l’opposition de droite et de la communauté juive argentine qui accusent un crime d’État, accusant Christina Kirchner d’avoir fait assassiner un opposant ;
- Celle de Christina Kirchner qui accuse ses adversaires au sein de l’appareil d’État et des services de renseignement d’avoir d’abord instrumentalisé Nisman contre elle puis de l’avoir assassiné pour créer une vive tension dans le pays et organiser un coup d’État.

Dans la foulée, Kirchner dissout purement et simplement les actuels services secrets argentins en vue de réorganiser un service totalement nouveau. http://www.lemonde.fr/ameriques/article ... _3222.html

Les manifestations se multiplient.

Le journaliste argentin qui a révélé la mort de Nisman fuit en Israël en se disant victime de harcèlement des services restés fidèles à Kirchner. http://www.haaretz.com/news/world/.premium-1.638933

Dans le même temps, certains, y compris en Israël, croient que l’Iran et le Hezbollah sont effectivement derrière les attentats de 1994 mais pensent que l’affaire est instrumentalisée par une partie des services secrets argentins pour préparer un coup d’État d’extrême-droite. Ici, un journaliste d’Ha’aretz met en garde les juifs argentins de ne pas se faire manipuler par l’extrême-droite argentine : http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.639110

Alors que la situation est chaotique en Argentine (et qu'Israël est en campagne électorale pour des élections législatives le 17 mars), une autre histoire ressort (en lien ? sans lien ?), la question des responsabilités derrière l’assassinat en 2008 à Damas dans un attentat à la voiture piégée d’Imad Mughniyeh, le chef de la branche militaire du Hezbollah qu’Israël accusait d’être l’organisateur de l’attentat de 1994 à Buenos Aires.

Peu de temps après cet assassinat, Mike McConnel directeur du renseignement US avait accusé une faction du Hezbollah et le régime syrien de cet assassinat http://www.jewishvirtuallibrary.org/jso ... niyah.html

Mais, depuis quelques jours, des articles dans :
- la presse israélienne http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/1.639952
- et US http://www.washingtonpost.com/world/nat ... story.html
assurent que cet assassinat est une opération conjointe entre la CIA et le Mossad.
Cette info sort alors que l'opération a été réalisée sous le mandat de Bush et que Netanyahou a été récemment invité au Congrès par la majorité républicaine US sans l'accord d'Obama qui a refusé de le recevoir (de là à penser que cette info a été fuitée à la presse par les Démocrates...).

C'est assez chaotique, c'est difficile de voir si tous les éléments sont liés, c'est quasiment impossible de s'y retrouver entre les versions contradictoires si on n'est pas à la fois un bon connaisseur de la politique argentine et des relations internationales au Proche-Orient...

... Mais ça donne de quoi faire un gros scénario, voire une campagne d’espionnage, un truc pareil, non ?

MessagePosté: Lun Avr 13, 2015 1:54 pm
par Odillon
J'en ai parlé ici, le Maraudeur n° 16 est sorti. Il contient, entre autres, mon sixième article pour la rubrique "Faites entrer l'accusé", cette fois-ci sur l'affaire Sikorski.

Dans ce cadre, j'ai créé une adresse mail : odillon.fela_at_gmail.com où j'invite mes lecteurs à me faire part des synopsis, éléments de background ou tout autre éléments de jeu qu'auraient pu leur inspirer les articles de cette rubrique.

S'il y en a suffisamment, on fera peut-être un article compilant ces idées dans un prochain Maraudeur (pas le prochain - le n°17 - car nos délais de bouclage sont un peu juste mais peut-être le suivant).

N'hésitez pas à m'envoyer un mail.

Re: Faites entrer l'accusé

MessagePosté: Lun Mai 04, 2015 2:29 pm
par Odillon
Un attentat terroriste, un trafic d'armes, des jihadistes, l'extrême-droite, des barbouzes et l'ombre des services de renseignement. Tout ce qu'il faut pour une bonne intrigue associant espionnage et grand banditisme.

http://m.lavoixdunord.fr/region/trafic- ... b0n2806501

Re: Faites entrer l'accusé

MessagePosté: Mar Sep 29, 2015 1:17 pm
par Odillon
Si vous cherchez un modèle de super-hacker pour vos parties contemporaines qui ne ferait pas tâche dans un James Bond ou dans Blacklist, aussi bien spécialisé dans l'espionnage militaire que dans le racket informatique, vous avez Evgueni Bogatchev (localisation inconnue, sa tête est mise à prix 3 millions de dollars) http://www.lemonde.fr/pixels/article/20 ... 08996.html

Re: Faites entrer l'accusé

MessagePosté: Ven Avr 01, 2016 10:43 am
par Odillon
Lors de mes recherches de contexte pour écrire ce scénar là qui met en scène la Camorra (la mafia napolitaine), je suis tombé sur deux articles qui posent des éléments intéressants et très exploitables dans un JdR contemporain car ils offrent une possibilité de cas de conscience délicat pour des PJ engagés dans la lutte contre la criminalité et/ou les organisations terroristes.

Dans cet article du Daily Beast, on apprend l’arrestation d’un Irakien de 46 ans, Aziz Ehsan, près de Naples qui serait un agent de liaison entre la Camorra napolitaine et Daesh. L’article suppose que la mafia napolitaine (mais également la ‘'Ndrangheta calabraise et la Cosa Nostra sicilienne) équiperait Daesh en armes récupérées dans l’ex-Yougoslavie ou en Afrique dans le cadre d’un trafic où les armes sont financées par la drogue produite par l’Organisation Etat islamique dans les territoires qu’elle contrôle ou qui transite par ce biais en provenance d’Afghanistan.

Déjà, en soi, l’association Daesh+Camorra, ça peut fonctionner comme un gros antagoniste.
Mais, là où on rajoute une touche de complexité et potentiellement de dilemme moral, c’est quand on associe le précédent article à celui-ci.

Cet article envisage fortement que la Camorra aurait posé son véto à un projet d’attentat de Daesh en Italie dont elle aurait appris l’existence grâce à sa connexion avec les réseaux criminels que Daesh comptait utiliser pour faire des opérations de surveillance et amener des hommes et du matériel. On comprend que la Camorra n’a aucun intérêt à ce qu’un attentat soit commis sur les territoires où elle œuvre (mauvais pour les affaires + présence policière renforcée par la suite). Et en tant que « partenaire » de Daesh, elle peut dicter ses conditions.

A partir de cette trame, on pourrait donc envisager une histoire où des PJ, enquêtant sur un trafic d’arme à destination du Moyen-Orient et dont les armes reviennent ensuite en Europe, pourraient comprendre que, s’ils interrompent ce trafic, l’organisation criminelle qui y participe n’assurera plus sa protection de certains territoires, rendant plus probable les attentats à courts et moyens termes dans des régions où des PJ comptent des proches même si ces mêmes armes font encore plus de morts dans des régions où les PJ ne résident pas. Un choix bien moisi qu’il peut être très intéressant de mettre en place.

Re: Faites entrer l'accusé

MessagePosté: Ven Avr 01, 2016 11:08 am
par Fabien Lyraud
Une petite vidéo Youtube sur les 7 hommes les plus recherchés de la planète.
https://www.youtube.com/watch?v=d-ShxGUB3_Y

Dans le lot, on a un certain Dawood Ibrahim, parrain de la mafia indienne et allié d'Al Qaida. Il aurait même aidé les islamistes lors des attentats de Bombay. L'alliance entre crime organisé et terroristes semble exister et être relativement tabou dans les média français.

Re: Faites entrer l'accusé

MessagePosté: Lun Juin 13, 2016 12:49 pm
par Odillon
Trois histoires de policiers devenus des criminels (et cumulant les deux fonctions) http://blog.francetvinfo.fr/deja-vu/201 ... scule.html

Chacune peut facilement servir d'inspi.

Re: Faites entrer l'accusé

MessagePosté: Dim Sep 11, 2016 1:21 pm
par Odillon
Les Décodeurs du Monde ont fait une belle infographie sur l'affaire Balkany.
Outre que ça permet de se repérer dans une affaire assez complexe, ça offre un bel exemple réel de ce à quoi peut ressembler une "conspyramide", base théorique des campagnes de Night's Black Agents mais utilisable dans de nombreux cadres et campagne contemporaines.

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/vis ... 55770.html

Dans un tel cadre, un PJ avec des compétences en comptabilité serait le bienvenu et si vous trouvez que c'est un peu chiant comme personnage, vous n'avez qu'à le faire ressembler à ça : https://www.youtube.com/watch?v=3KQX2sIhQJY