[vie d'auteur] Comment survivez-vous aux critiques ?

Pour parler du reste et raconter des histoires horribles au coin du feu.

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Messagepar StephLong » Ven Avr 27, 2012 6:01 pm

Pas facile d'encaisser certaines critiques surtout quand elles ressemblent plus à un travail de démolition qu'à une volonté de faire progresser en pointant du doigt ou du clavier ce qui peut être amélioré.

De ce point de vue les forums sur le net sont une vraie plaie parfois, certains posts ne servent qu'à allumer celui ou celle qui a proposé son travail au public. Bien entendu on peut ne pas aimer un livre, un film, etc mais il y a des manières pour le dire.

J'apprécie les critiques quand elles me font avancer, m'aident à améliorer mon travail, ma plume. Quand il s'agit juste d'un "c'est nul ton truc", je passe mon chemin.

Il faut apprendre à se blinder, se protéger tout en restant ouvert aux remarques constructives.

Contrairement à certains je n'ai pas besoin de coup de poing dans la gueule mais pas non plus de séances de blow job pour progresser.

Et pour finir j'ai envie d'ajouter que dans le cas de concours par exemple ou de forum, les responsables devraient d'une manière ou d'une autre jouer les modérateurs et "protéger" ceux qui se sont décarcasser pour pondre un truc. En clair, on ne devrait pas laisser passer certaines critiques en mode monoligne sniper. ça ne fait avancer personne.
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Messagepar Le Passeur » Ven Avr 27, 2012 6:01 pm

Ca dépend vraiment de la confiance que tu as en toi, en général du mets beaucoup plus de personnel dans ce genre d'ouvrage que dans un boulot. Quand j'écris une synthèse de gamin, qui risque d'être lu par pas mal d'institution, une critique me touchera moins personnellement quelle que soit sa formulation. Pour autant, c'est un travail qui demande du temps, de l'investissement etc.
C'était pareil quand j'écrivais des articles pour de papiers divers.

Pour une œuvre de fiction, j'ai quand même l'impression que l'impact sera plus profond.

En clair, on ne devrait pas laisser passer certaines critiques en mode monoligne sniper. ça ne fait avancer personne


Naze. :;)
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Messagepar Shunpo » Ven Avr 27, 2012 6:15 pm

Contrairement à certains je n'ai pas besoin de coup de poing dans la gueule mais pas non plus de séances de blow job pour progresser.


Juste pour préciser : c'est pas un besoin (je m'en passe très bien), mais c'est qu'on ne m'a pas laissé le choix... Donc j'ai dû m'adapter.

Désolé pour la digression.
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Messagepar Brain.Salad » Ven Avr 27, 2012 6:16 pm

Odillon a écrit:Je ne suis pas sûr de comprendre le sens de cette discussion.


Oh, il n'est pas bien compliqué. Le but est de savoir, en tant que créatif, quoi retirer et comment gérer les critiques dans son travail. Ce qui arrive plus souvent que les remarques sur la couleur de ta tapisserie, dès lors que tu présentes ce que tu fais à d'autres personnes que ta famille. C'est essentiellement une question de caractère, personne ne réagit de la même façon.

Pour ce que je comprends de la question initiale de Coraline c'est : lorsque vous vous décarcassez à écrire un texte pour plaire à un jury/public, comment se remettre d'un retour lapidaire et parvenir à reprendre le clavier ensuite ? Comment réagir à cette attitude ?


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Messagepar Sevoth » Ven Avr 27, 2012 6:49 pm

Je ne sais pas si ce thread s'adresse uniquement aux auteurs de jdr arpentant le forum, auquel cas il fut peut être plus pertinent d'envoyer des PMs tant ces derniers sont connus sur AB.

Dans l'hypothèse où cela s'adresse à des gens sujets à la critique, je peux parler de mon expérience en tant que personne lue et critiquée, et critique (parce que mine de rien, c'est un peu simple d'estimer que c'est le critique qui a le mauvais rôle).
Je pense qu'Odillon a raison, mais pour des raisons de simplicité, je vais m'en tenir à "l'artiste" et ne pas étendre le débat au monde professionnel (et ses sempiternels entretiens annuels).

J'écris. J'ai voulu arrêté pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les critiques que j'ai pu essuyer. Mais je persiste.

Je ne publies rien, je ne partage qu'avec un public choisi (mes proches ou des gens partageant le thème d'écriture, comme sur une forum de jdr par exemple).
En règle général, et j'en suis le premier surpris : on me prête un certain talent. Je pense que ce dernier se résume à savoir projeter des idées et des images sous la forme de mots. Ça ne va clairement pas plus loin. Je ne complexe pas, je ne suis pas adepte du masochisme, mais pour avoir lu des gens ayant un vrai talent pour l'écriture, je peux affirmer aujourd'hui que je n'en possède pas un moi-même.

Donc d'ordinaire, mon public apprécie ce que j'écris, "de la bonne soupe" a t-on résumé un jour.
Mais comme je ne fais que très rarement longtemps l'unanimité pour des raisons de franchise et de caractère : certains se montrent plus acerbes. Parfois on me conspue. C'est dire ! :]

Et de mon expérience, il y a deux types de critiques.

Le mec qui s'est fondamentalement intéressé à ce que tu as fait et qui te donne un avis, et celui qui te lit pour le première fois, souvent d'un oeil distrait et que tu as saoulé d'entrée de jeu.
Le premier, tu le reconnais facilement : il te lit depuis un moment, ou à défaut t'as relu pas mal de fois, et commence par "franchement, tu déchires", puis, qui petit à petit...Sentant que tu n'es ni un dieu, ni un molosse, étend un peu plus son point de vue en te parlant de ses regrets sur ce que tu as fait. Celui-là : il faut toujours l'écouter quand il en arrive à te dire franchement ce qu'il pense. Parce qu'il ne tente pas de te juger ou de mettre une valeur dans ce que tu as produit. Peu importe qu'il est un cursus de littéraire ou que ce soit un simple lecteur sans prétention ni référence. Il est franc et c'est bien là le principal. Tu peux lui donner raison, ou te dire qu'il a tort. Mais l'écouter ne fait pas de mal.

Le second type, c'est entre autres le mec qui vient pour basher façon "Alors, c'est pas mon style de frapper un homme à terre...Mais franchement là..!". Celui là se montre inutilement cruel, injuste et provocateur. Parfois, ce petit enculé arrive même à saupoudrer son fiel avec des arguments. Celui, il est inévitable, il te fait plisser les yeux. Et parfois même, il te décourage. Pas toujours facile à identifier, il laisse un gout amer, et l'impression que tu as perdu ton temps. A mon sens, c'est un obstacle à franchir. Tu peux le balayer avec mépris, ignorer stoïquement jusqu'à son existence, te fritter avec...Tu peux même tenter de raisonner. Je vais dire un truc super bateau : mais peu importe : l'objectif c'est simplement de rester toi-même. Si tu arrives à enrichir ton style, c'est tout bénef'.
On peut décliner le basheur sur plein de façon de faire depuis le mec qui arrive brut de décoffrage pour te dire que t'es une merde arrogante qui mérite pas le temps qu'il a prit pour te lire, jusqu'au serpent qui est assez fortiche pour dire que tu lui évoques d'un coté Hugo et de l'autre BHL.
Parfois même, et c'est pas triste, le type ne pense pas à mal !

Quand je commençais à écrire, et que j'étais lu, tout me touchait. Aujourd'hui...franchement moins. Je pense que je prends plus personnellement un débat qui part en eau de boudin sur un forum sur un sujet à la con que quoique ce soit qu'on puisse me dire sur mon écriture. J'imagine que si j'étais professionnel, il en irait autrement de mon approche. Mais c'est pas le cas.

Je me permets aussi un point qui me semble indispensable : être critique n'est pas si simple.
Je l'ai dis, je le soutiens mordicus, je crois que les gens préfèrent perdre du temps en encensant un truc qu'ils ont adoré que de construire autour d'une déception. Les critiques donc, sont perçus comme des gens jaloux, ignares ou simplement indignes.
La plupart des gens qui sont intervenus jusqu'ici donne de la légitimité à un critique parce qu'ils lui prêtent de la pertinence en tant que sachant (Oh oui...Baby...) ou parce que l'individu a prit soin de développer un argumentaire qualifier de constructif. Je pense que derrière le terme constructif, il faut comprendre soit "pas trop méchant", soit dans une perspective de correction avec dans l'idéal des contre propositions.
Ce point de vue est éminemment respectable mais naïf selon moi. Tout le monde regarde les choses avec un oeil critique, tout le monde fait des jugements de valeur. Et tout le monde peut exprimer ce qu'il ressent.
Et parfois, ce qui est critiqué ne mérite pas mieux qu'un " Objectivement, c'est de la merde.". Et personne n'est un si grand auteur qu'on lui doive systématiquement une émission avec débat pour se permettre de lui expliquer pourquoi il est peut être un peu inopportun ou précipité de mettre le nom de son oeuvre et le mot perfection dans la même phrase
.
Le problème d'être critique vis à vis d'un auteur ou pire d'un fan, c'est que soit on démolie un enfant, soit on égratigne une idole.

Autant, je pense qu'en règle générale, un type qui vient et qui dit "j'aime pas" n'a rien de franchement transcendant, autant je me dis que certains devrait souffler un coup et apprendre à relativiser.
Certains se noient dans leur bulle, parce qu'à force d'évoluer au milieu de gens qui leur disent que c'est super ce qu'ils font, et que ceux qui pensent le contraire sont des cons : ils oublient que c'est faux.
Je vais aller plus loin je ne vois pas pourquoi toutes les critiques devraient être constructives : parfois on peut expliquer qu'on a pas aimé, tout simplement. On peut développer cette opinion au travers d'exemples précis sans chercher à expliquer comment mieux faire. La critique n'en restera pas moins valable en un sens.

Quand on écrit, de base, on se heurte à quelque chose de terrible : le goût. Et comme les gens ne partagent pas toujours le même, ben rien n'est simple.

La peinture ou le sculpture ne provoquent rien chez moi. Pire je fais parti de cette frange de connards qui trouvent que Picasso a probablement contribué à ce que l'art moderne ne soit qu'un tas de gribouillis indéchiffrable. J'ai probablement tort et j' e n'ai pas à m'excuser ou à me taire pour ça. Je pense que Picasso s'en foutrait royalement de mon opinion et il aurait bien raison. Mais je suis prêt à parier que pas mal de gens le pensent aussi.
On peut en conclure deux choses : soit une part plus ou moins significative des gens qui ont jeté un oeil à Picasso sont de gros connards, soit Picasso ne peut pas plaire à tout le monde et il faut accepter d'entrée de jeu cette cruelle donnée.
Modifié en dernier par Sevoth le Ven Avr 27, 2012 6:56 pm, modifié 1 fois.
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Messagepar Rom1 » Ven Avr 27, 2012 6:52 pm

Je pense que derrière le terme constructif, il faut comprendre soit "pas trop méchant", soit dans une perspective de correction avec dans l'idéal des contre propositions.


Hum, non ça peut être aussi "voilà ce que je n'ai pas aimé et pourquoi", ce qui me semble à portée de n'importe qui - même du profane total.
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Messagepar Sevoth » Ven Avr 27, 2012 6:57 pm

Je vais aller plus loin je ne vois pas pourquoi toutes les critiques devraient être constructives : parfois on peut expliquer qu'on a pas aimé, tout simplement. On peut développer cette opinion au travers d'exemples précis sans chercher à expliquer comment mieux faire. La critique n'en restera pas moins valable en un sens.

Je viens de le rajouter.

Je donne un exemple :

Si je dis, sur le jdr : je n'ai pas aimé aller...Deathwatch : "Les règles me déplaisent, le fait de jouer des space marines est inintéressant et le cadre de la croisade d'achilus est un concept usé 1000 fois."

Si je m'en tiens à ce que les "auteurs" attendent des critiques, c'est insuffisant pour être jugé comme pertinent.
Pourtant, on retrouve souvent ces non-arguments chez les détracteurs du jeu. L'auteur devrait-il dès lors en souffrir ?
Si il confond Deathwatch et son bébé, j'imagine que oui. Sinon se faire à l'idée que le système warhammer ne fait pas que des émules, que jouer des space marines limite grandement les possibilités de scénarios et qu'une énième campagne militaire a été effectivement vu et revu. Libre à lui de rendre les choses intéressantes pour le plus grand nombre, ne rien changer...ou abandonner.
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Messagepar Coraline » Ven Avr 27, 2012 8:05 pm

Brain.Salad a écrit:
Odillon a écrit:Je ne suis pas sûr de comprendre le sens de cette discussion.


Oh, il n'est pas bien compliqué. Le but est de savoir, en tant que créatif, quoi retirer et comment gérer les critiques dans son travail. Ce qui arrive plus souvent que les remarques sur la couleur de ta tapisserie, dès lors que tu présentes ce que tu fais à d'autres personnes que ta famille. C'est essentiellement une question de caractère, personne ne réagit de la même façon.

Pour ce que je comprends de la question initiale de Coraline c'est : lorsque vous vous décarcassez à écrire un texte pour plaire à un jury/public, comment se remettre d'un retour lapidaire et parvenir à reprendre le clavier ensuite ? Comment réagir à cette attitude ?


P.S : vous avez deux heures


C'est tout à fait ça.

J'ai eu à surmonter récemment un gros blocage suite à des "critiques" lapidaires et sans arguments, auxquelles je ne m'attendais pas - même si je savais que mon texte avait des défauts, et même certains dont j'avais parfaitement conscience, mais bref, ce n'est pas là le sujet. J'ai surpassé il y a peu ce blocage, mais du coup il m'intéressait de savoir comment d'autres personnes, plus habituées que moi à soumettre des textes à des avis extérieurs, vivaient cela - si ça devenait plus facile, d'un point de vue émotionnel, à gérer. On a beau savoir qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, on a beau rationaliser beaucoup de choses, quand des formules lapidaires vous heurtent, ça fait mal.

D'où ma question toute simple : comment vous, vous gérez les critiques ?
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Messagepar Brain.Salad » Ven Avr 27, 2012 8:37 pm

Alors en fait, on ne parle pas de la même chose. Même si ton sujet parle de "critique" au sens général, je pense qu'il faut clairement distinguer la critique publique de la critique éditoriale. En ce qui concerne la critique publique, ce dont parle Sevoth, on a depuis longtemps dépassé le marronnier. Quoi qu'on en dise, quoi qu'en ait vécu, on se retrouve toujours dans l'opposition "on peut jamais critiquer / les critiques sont des eunuques". C'est insoluble. Or, en ce qui me concerne, le problème est très simple : les gentilles critiques et les mauvaises, je les relativise. J'aime beaucoup les bonnes, j'aime pas du tout les mauvaises, mais on vit très bien avec. Et ce ne sont pas forcément les bonnes qui donnent envie de prouver des choses d'ailleurs. Bref, ce n'est pas ce dont je parle.

Non, là ce qui me paraît important c'est la critique éditoriale. C'est à dire le fait de soumettre un texte pour un concours de nouvelles, un roman à un éditeur (peu importe qu'il soit jdr ou publie des études sur les spores, moisissures et amanites) et de recevoir un retour lapidaire. C'est faire peu de cas de la personne mais surtout de l'apprentissage.
On présente toujours le boulot de dessin, écriture, sculpture... comme quelque chose de figé, de définitif. Mais c'est comme la musique : ça s'apprend. Et le premier retour qui permet cet apprentissage ce sont les retours de tiers "connaisseurs" (pas la famille et les potes quoi), qui ne sont pas des consommateurs. Lorsqu'on propose un roman à un éditeur, on est rempli d'espoir et si on se fait massacrer au retour, je doute qu'on apprenne quoi que ce soit (à part le karaté pour aller lui ramoner le bassin à coup de santiagos). Tandis qu'un retour négatif argumenté permet toujours, par delà l'immense déception, de comprendre certaines faiblesses. On ne sera pas forcément d'accord, loin de là, mais on aura quand même des billes pour corriger des choses.
On est pas du tout dans la critique de l'acheteur de l'ouvrage, qui se base sur un produit "fini" et qui, quels que soient ses goûts, sa manière de dire ou de penser, ne pourra de toute façon RIEN changer à quelque chose de déjà réalisé.
Si je me permets d'insister là-dessus c'est parce que je sais que c'est ce type de retour qui t'a perturbé Coraline. Or, ce genre de chose est bien plus pénible à encaisser (et rare, parce qu'au pire tu as juste un refus impersonnel) que l'avis traditionnel du forumiste de service. Ca, ça fait de toute manière partie du package.
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Messagepar Coraline » Sam Avr 28, 2012 8:34 am

Si cela n'avait été qu'un retour impersonnel, je l'aurais mieux pris (quand j'avais 19 ans, je me suis lancée à l'assaut d'éditeurs, dont tous les retours n'avaient pas été négatifs d'ailleurs). Je ne pense pas que ce soit le rôle des éditeurs de casser les gens. Je ne pensais pas non plus que c'était le rôle de membres d'un jury de concours d'écriture... Enfin bref, je ne souhaite pas m'étendre sur mon aventure personnelle, j'ai fait résilience (je n'ai plus qu'une envie : prouver à ces c***ds qu'ils ont eu tort de me casser comme ça ^^), mais du coup j'étais intéressée de savoir comment d'autres personnes, sans doute plus aguerries que moi, le vivaient. Mais c'est vrai que je n'avais pas précisé de quelles types de critiques il s'agissait, je ne pensais pas que c'était si différent (manque d'expérience dans le domaine de ma part).

Quelque part, ça me rassure de savoir qu'il y en a une ^^
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Messagepar StephLong » Sam Avr 28, 2012 8:51 am

Pour ce qui est des éditeurs, je n'ai jamais eu de mauvaises expériences en ce sens où les remarques et critiques étaient toujours formulées de manière polie et m'ont aidé à bosser encore mieux. Je précise qu'il s'agissait de retours d'éditeur que je n'avais pas directement contacté (pas pour mon jeu quoi). Je n'ai jamais proposé mon bébé à un éditeur mais je devrai tester bientôt... et je pense enfin pouvoir le faire, non pas que mes projets soient extras mais juste que je suis prêt à défendre mon travail sans me sentir remis en question totalement par d’éventuelles critiques.

Je tenterai sûrement ma chance dans un concours à l'occasion, mais j'ai attendu d'avoir un peu de bouteille et d'assurance. Genre "je sais écrire, ce n'est pas forcément génial mais ça tient la route" et du coup je pense que je pourrai recevoir n'importe quelle remarques sans être trop affecté.
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Messagepar Odillon » Sam Avr 28, 2012 11:10 am

Brain.Salad a écrit:Pour ce que je comprends de la question initiale de Coraline c'est : lorsque vous vous décarcassez à écrire un texte pour plaire à un jury/public, comment se remettre d'un retour lapidaire et parvenir à reprendre le clavier ensuite ? Comment réagir à cette attitude ?
J'avais bien compris ça comme ça ; même si depuis la question a été affinée et Coraline a exposé plus concrètement son problème. J'observais simplement que, sauf à croire que les auteurs ont une sensibilité particulière plus développée et sont de petites choses fragiles, tout acte, projet, réalisation dans lequel un individu s'investit pleinement et qui est susceptible de recevoir une critique négative peut blesser. Je comprenais donc mal pourquoi il semblait nécessaire d'insister sur la spécificité des auteurs face à la critique. Maintenant que la question a été contextualisée, je comprend mieux la démarche de Coraline.

StephLong a écrit:Et pour finir j'ai envie d'ajouter que dans le cas de concours par exemple ou de forum, les responsables devraient d'une manière ou d'une autre jouer les modérateurs et "protéger" ceux qui se sont décarcasser pour pondre un truc. En clair, on ne devrait pas laisser passer certaines critiques en mode monoligne sniper. ça ne fait avancer personne.

Est-ce qu'il faut virer aussi les acclamations en une ligne ? Elles ne font pas avancer non plus.
Si on décide de publier et d'exposer son travail, on l'expose à la critique (positive ou négative). Si on estime qu'on a pas le cuir assez solide pour supporter les critiques, il faut peut-être renoncer ou passer outre ses craintes et s'exposer à la critique, même les remarques débiles. Une "protection" des auteurs telle que tu la demandes - c'est-à-dire une censure de toute critique insuffisamment argumentée - n'empêchera pas ces dernières de s'exprimer par d'autres canaux (surtout sur Internet), ça me semble donc juste être une déportation d'un problème à un autre.

Pour revenir sur le point précis exposé par Coraline, ou du moins ce que j'en ai compris (j'espère ne pas être totalement à côté de la plaque) :
Il existe des tas de personnes qui, bien qu'ils ne l'admettront jamais, considèrent que l'humiliation est fondamentalement formatrice (avis que je ne partage pas du tout). Cette opinion me semble d'autant plus courante que la personne se considère comme appartenant à une élite (morale ou intellectuelle, notamment).

Des tas de groupes religieux ou d'ordres monastiques obligent les novices à des séances d'humiliation censées lui apprendre l'humilité, casser sa personnalité d'avant et l'ouvrir à une profonde remise en cause de lui-même avant de disposer du droit d'entrer dans l'ordre, auto-défini comme une élite morale.

Beaucoup de mes amis qui ont passé des concours de l'Education nationale sont rentrés des oraux totalement dévastés parce qu'ils s'étaient fait traîner dans la boue pendant une demi-heure - sans possibilité de riposter vu le contexte - avant de découvrir que malgré l'humiliation subie, ils étaient quand même pris. Cela signifie que dans l'esprit des jurys, l'humiliation ne visait pas à signifier au candidat qu'il n'était pas à sa place mais était simplement perçu comme un passage obligé pour rentrer dans la "caste". Les notes, souvent grotesquement basses, données aux participants à ces concours, y compris à ceux qui l'ont à la fin ne reflètent finalement pas la valeur du candidat mais font passer un message : vous entrez dans la profession mais vous êtes au bas de l'échelle et ceux qui vous ont jugés vous sont supérieurs.

Je vois ce type de comportement et les grilles de notes à ces concours comme une perversion narcissique institutionnalisée par les "insiders". Une forme de bizutage qui ne dit pas son nom et s'enrobe, pour se donner bonne conscience, dans les draps de la méritocratie.

Pour un concours d'écriture, vu l'égo démesuré de certains écrivains et/ou critiques et l'esprit de corps parfois développé entre ceux qui ont publié, le fait de rencontrer ce genre de mécanismes ne m'étonne pas : pour entrer dans la caste des Ôooteurs, il faut d'abord passer par une humiliation qui montrera que tu es digne d'entrer dans la caste. Les candidats ne doivent pas croire que, parce qu'ils ont été reçus, ils n'en sont pas moins les inférieurs de ceux qui se sont mis en position de juger leur travail. Ils ne sont que des novices et doivent bien garder cela en tête. Ne parlons même pas des candidats malheureux, ces sous-êtres qui dans l'échelle de l'évolution sont à peine supérieurs aux cloportes. Si, par le choix des mots employés, il est évident que la critique a été construite pour être blessante, je pense que cela en dit plus long sur le juré que sur le texte proposé ou les qualités intrinsèques de son auteur.

Et pour ce type de personnage, le mépris me semble une réponse appropriée.
Et en plus, je n'ai strictement rien à vous vendre.
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Messagepar Rom1 » Sam Avr 28, 2012 1:06 pm

pour entrer dans la caste des Ôooteurs, il faut d'abord passer par une humiliation qui montrera que tu es digne d'entrer dans la caste.


Ah ça, il a pris cher le Steph' pour avoir le droit de bosser avec moi sur Shaolin & Wudang...
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Messagepar Léonard » Sam Avr 28, 2012 3:54 pm

Odillon a écrit:Beaucoup de mes amis qui ont passé des concours de l'Education nationale sont rentrés des oraux totalement dévastés parce qu'ils s'étaient fait traîner dans la boue pendant une demi-heure - sans possibilité de riposter vu le contexte - avant de découvrir que malgré l'humiliation subie, ils étaient quand même pris.


Je connais ça. Les formateurs/conseillers/inspecteurs de l'Education Nationale ont érigé la critique ("négative", en générale) en Art. Une bonne partie de la formation pédagogique consiste d'ailleurs à apprendre à critiquer les manuels scolaires, ou le travail des collègues, et on n'attend pas vraiment de vous d'en dire du bien.

Curieusement, j'ai découvert ça avant d'être enseignant : à l'époque, je travaillais comme comédien, et je jouais un spectacle dans les écoles. J'ai eu affaire à deux conseillers pédagogiques qui ont démoli mon spectacle avec délectation, cherchant le moindre détail qui n'allait pas (jusqu'à critiquer ma guitare mal accordée), et ajoutant quelques conseils qui ne m'ont jamais servi.
Ce n'est qu'après coup que j'ai compris le fonctionnement de ces gens-là : critiquer ne sert pas à aider la personne qu'on a en face, mais à se mettre en valeur, en montrant à quel point on a un jugement fin, et un savoir supérieur.

Bon, je m'éloigne carrément du domaine de l'écriture, mais je suppose qu'on retrouve le même genre de fonctionnement ailleurs que dans l'Education Nationale (rassurez-moi, y a pas que chez nous ? s://(( -->://((s://(( --> )
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Messagepar paul muab'dib » Sam Avr 28, 2012 7:41 pm

Léonard a écrit:
Curieusement, j'ai découvert ça avant d'être enseignant : à l'époque, je travaillais comme comédien, et je jouais un spectacle dans les écoles. J'ai eu affaire à deux conseillers pédagogiques qui ont démoli mon spectacle avec délectation, cherchant le moindre détail qui n'allait pas (jusqu'à critiquer ma guitare mal accordée), et ajoutant quelques conseils qui ne m'ont jamais servi.
Ce n'est qu'après coup que j'ai compris le fonctionnement de ces gens-là : critiquer ne sert pas à aider la personne qu'on a en face, mais à se mettre en valeur, en montrant à quel point on a un jugement fin, et un savoir supérieur.


Effectivement c'est aussi le cas de beaucoup de jury de concours. On en trouve qui ont vraiment le souci de choisir un bon candidat, ou de juger un bon écrit, tandis que les autres viennent compenser un manque professionnel grâce à un statut d'examinateur qu'ils acquièrent en étant jury.

Mais bon, j'avoue que moi même la critique m'a permis de progresser tant au niveau personnel que professionnel. Et de manière beaucoup plus importante que les encouragements. Par contre, effectivement, la critique pas rabaissante, mais celle qui apporte quelque chose : une correction, ou une modification, cela pouvait être quelques chose en particulier auquel il fallait faire attention..

Il n'y avait pas de relation supérieur-inférieur, mais plutôt une relation sachant-noviste, où le sachant désire apporter son savoir au noviste.

Concernant l'enseignement pour ma part, j'ai un très mauvais ressenti, plus au niveau personnel que réel. J'ai "selon les critères de l'école-collège-lycée" toujours été mauvais, ou nul en français... Paradoxe quand on sait après que j'ai réussi un concours catégorie A très difficile quasiment exclusivement basé sur le français...

(mais j'avais reçu des conseils et une attention avisée de la part d'un collègue qui avait pris de son temps pour me montrer et m'expliquer certaines épreuves).
paul muab'dib
 
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