[vie d'auteur] Comment survivez-vous aux critiques ?

Pour parler du reste et raconter des histoires horribles au coin du feu.

Modérateur: Modérateurs

Messagepar Johan Scipion » Sam Avr 28, 2012 11:58 pm

Pour ce qui est des retours éditoriaux (quand il y en a, c'est pas le plus courant), faut vachement relativiser. Moi, à quelques semaines d'intervalle, j'ai eu deux retours sur un même texte :


Editeur 1 a écrit:je suis vraiment navré, mais ce n'est pas possible: ta nouvelle est terriblement mauvaise. ça ne nous va pas du tout


et

Editeur 2 a écrit:Un bon petit texte, ça fait toujours plaisir.



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Messagepar Tlön Uqbar » Dim Avr 29, 2012 10:45 am

Par expérience personnelle, il est bon de se rappeler 4 notions de base quant à la publication et leurs critiques afférentes.

1 - Quand tu publies quelque chose (quoi que ce soit), tu t'expose de facto aux critiques. Donc c'est un élément à bien prendre en compte lors d'une publication.
2 - Avec Internet, la visibilité de ta publication est (quasi) planétaire. Ce n'est plus comme dans les années 60 où si tu publiais un recueil de poésies, seul les cercles littéraires concernés étaient au courant et il y avait très peu de chance que le quidam l'apprenne. Ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui.
3 - Tout le monde ne va pas forcément apprécier ce que tu publies. Soit le thème (fond) ne leur parle pas et les laisse indifférent, soit le média (forme) ne leur plaît pas à la base. Ça renvoit aux goûts et aux couleurs toussa toussa. Donc tu auras toujours des personnes qui n'apprécieront pas ta publication.
4 - Il n'y a pas un seul type de critique mais des critiques dit "constructives" et d'autres "inutiles" pour l'auteur. La première est intéressante car elle pointe des déceptions du lecteur avec en prime ce qu'il aurait aimé trouvé (ou ce qu'il n'a pas trouvé). Quelque fois, certains te donnent même des pistes à creuser pour améliorer ton œuvre (Bénis soient-ils !). Les autres se contentent de dire simplement que c'est pas bon et ça renvoit généralement au point n°3.

Quand tu lis une critique qui pointe du doigt un (ou des) éléments(s) dont toi-même savait qu'ils sont ou perfectibles, ou "faibles", c'est que déjà l'auteur de la critique est sur la même longueur d'onde que toi. C'est généralement le signe d'une bonne critique à venir. C'est la différence entre "J'aime pas." et "J'aime pas parce que ..."

C'est comme ça que je me blinde face aux critiques que je qualifie d'inutiles.
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Messagepar Rom1 » Mer Mai 09, 2012 8:20 am

Beaucoup de choses ont été abordées donc je risque de faire redite mais lançons-nous - car nous le valons bien.

Image
(image parfaitement gratuite)

La critique donc, et comment on la ressent quand on est producteur d'une oeuvre.

Déjà, comme certains l'ont souligné : c'est le jeu, ma pauvre Lucette. On produit une oeuvre, on la rend publique : on est certain de recevoir des avis, bons comme mauvais. Si on a pas le cuir pour le supporter, on évite.
Mais comme d'autres aussi l'ont souligné, il y a critique et critique. Quand c'est constructif, c'est tjs plus utile. Savoir qu'untel a aimé ou non, c'est bien ; savoir pourquoi il a aimé ou non, c'est mieux. Quand une critique explique bien ce qui a plu ou déplu, c'est utile - d'autant que si pls vont dans le même sens, on commence à dégager une tendance et on peut analyser son propre travail à cette lumière. Une mauvaise critique peut faire mal, c'est clair - et c'est tjs le cas - mais quand elle est dvpée et cordiale (pour ne pas dire polie), cela atténue grandement la brûlure.
Et j'en viens donc au second point : la politesse, la cordialité ou tout simplement le savoir-vivre. J'hallucine souvent de lire des critiques où le mec qui n'a pas aimé une oeuvre semble le prendre personnellement, genre l'auteur a violé son chien et fini la dernière bière. Et sa critique s'en trouve émaillée d'insultes directes envers ce pauvre auteur - qui se voit accusé d'être un inculte pédant qui se la raconte alors qu'il n'a rien à dire (exemple pris au hasard, bien entendu). Perso, je trouve ça absurde et mesquin. Pour ma part, cela fait bien longtemps de toute façon que je ne fais presque plus de mauvaises critiques. Quand un produit ne m'a pas plu, je n'en parle pas - ceux qui lisent mon blog ou mes posts verront que je préfère passer du temps à encenser ce que j'aime. Mais je comprends qu'on ait envie de faire aussi des mauvaises critiques - ne serait-ce que pour avertir les autres consommateurs. Mais il y a l'art de tourner les choses. En rhétorique, on apprend qu'il faut commencer par évoquer les qualités - ce qu'on a aimé - puis conclure à nouveau sur ces aspects positifs en les rappelant en guise de conclusion - gardant ainsi les points négatifs pour le milieu, où ils seront de fait atténués et passeront mieux. Ça semble faux-cul, moi j'appelle ça le tact et la diplomatie - il parait que ça aide pour avoir des relations humaines apaisées.
Donc voilà, perso je suis prêt et même demandeur de critiques négatives ou mitigées - ce sont celles qui font le mieux avancer, après tout, celles qui forcent à se remettre en question, à mettre le nez dans son caca. Mais je demande un minimum de respect de ma personne, si ce n'est du produit critiqué. On entend mieux les paroles - fussent-elles dures - d'un gars posé et poli que les vociférations d'un mec qui a en plus mauvaise haleine.

Et je termine sur un point essentiel et non évoqué : le droit de réponse.
C'est souvent amusant de voir qu'un mec peut te traîner dans la boue en te crachant dessus après avoir insulté ta mère et ta fille, mais que si tu as l'outrecuidance de vouloir lui répondre, tu passes pour un gros pédant incapable d'accepter la critique. (lui ne passant par contre jamais pour un gros con aigri)
Or que je sache, c'est un droit de se défendre quand on s'estime injustement attaqué. Car cela arrive, sans que ce soit forcément mesquin d'ailleurs : mais un gars peut juste ne pas avoir compris l'intention de l'oeuvre ou se tromper dans son interprétation - et donc risquer d'induire en erreur ceux qui liront sa critique. De là, il me semble indispensable que l'auteur puisse avoir un droit de réponse qui redresse un peu la situation.
Plus rarement également, il y a le mec qui te déteste et qui stalke tes oeuvres pour les descendre en toute méconnaissance de cause. Genre un type qui n'a obviously pas lu un JdR mais qui va quand même en faire une sale critique sur le GROG - critique en contradiction totale avec la note qu'il met pourtant (là encore, cet exemple est purement inventé comme vous vous en doutez). Donc là aussi, l'auteur devrait avoir le droit de remettre les pendules à l'heure si cela lui est possible.


Voilà, c'est en vrac mais vous saurez remettre tout ça d'aplomb. :;)
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